Andy Murray a surmonté la crainte de la défaite

La clé du succès d’Andy Murray tient probablement dans le fait qu’il n’a plus peur de perdre.

Il n’y a pas si longtemps, au tournoi de tennis de Wimbledon de 2012, Murray est devenu le deuxième joueur seulement à perdre ses quatre premières finales en tournois du Grand Chelem. L’autre est Ivan Lendl, son entraîneur.

« Je craignais les conséquences de ces défaites en finale », a déclaré lundi l’Écossais de 29 ans, assis près du trophée sur lequel est maintenant gravé deux fois « A. MURRAY » au All England Club.

Moins de 24 heures après avoir battu le Canadien Milos Raonic 6-4, 7-6 (3) et 7-6 (2) pour remporter Wimbledon pour la deuxième fois depuis 2013, Murray est revenu sur sa défaite contre Roger Federer il y a quatre ans, la qualifiant de « très difficile ».

« Les jours suivants ont été chargés d’émotions. Mais j’ai en quelque sorte accepté que je ne gagnerais peut-être jamais un tournoi majeur, même si je faisais tout ce qui était en mon pouvoir pour m’en donner l’occasion. C’est là que le déclic s’est fait, que j’ai compris qu’il était correct de ne pas accomplir ce que je voulais, pourvu que je fasse tout ce que je pouvais. »

Il était important pour Murray d’entreprendre ces grands matchs « sans avoir peur de perdre », comme il l’a décrit.

« Évidemment, vous n’entrez pas sur le court en vous disant que ça ne fait rien si vous perdez. Mais ce qui est certain, c’est que vous pouvez gérer les conséquences d’une défaite dans un match de tennis. C’est ce que j’ai appris au cours des dernières années. »

Retrouver le droit chemin

Quand il a fait son entrée sur le court central du All England Club dimanche, Murray avait remporté deux de ses 10 dernières finales en tournois majeurs, toutes disputées contre Federer ou Novak Djokovic. Cette saison, il a perdu la finale des Internationaux d’Australie et celle de Roland-Garros face à Djokovic.

Le no 2 mondial n’avait certainement pas oublié comment gagner un tournoi du Grand Chelem. Ça lui a juste pris un peu de temps à retrouver le droit chemin. La question maintenant est de savoir si cette troisième victoire le propulsera vers d’autres conquêtes. Et si oui, combien ?

Murray a dit lundi qu’il ne se sent pas satisfait, qu’il souhaite accroître sa collection de titres. Il a également indiqué que sa nouvelle association avec Lendl est directement liée à ce désir d’ajouter plus de titres du Grand Chelem à son palmarès. Les deux hommes s’étaient séparés en 2014 après les deux premières conquêtes de Murray. Lendl était de retour pour ce troisième sacre.

« Ce n’est pas un hasard », a indiqué Judy Murray, la mère d’Andy et ancienne capitaine de l’équipe britannique de Fed Cup. « Comme il avait déjà travaillé avec lui, il savait exactement comment le mener vers un autre titre en Grand Chelem. »

Après sa défaite en 2012, Murray s’était effondré en larmes en disant au public londonien qu’il était plus près que jamais de mettre fin à la disette des tennismen anglais à Wimbledon, qui durait depuis 1936. Il a tenu promesse un an plus tard.

Après avoir vaincu Raonic, Murray a encore versé quelques larmes, de joie cette fois.

Peut-être a-t-il gagné parce qu’il n’a plus peur de perdre.


Sharapova privée de Jeux olympiques

Lausanne — Une décision dans le dossier de Maria Sharapova, qui conteste sa suspension de deux ans pour dopage, a été reportée à septembre, ce qui la prive définitivement d’une participation aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro.

Le Tribunal arbitral du sport a révélé lundi que Sharapova et la Fédération internationale de tennis ont convenu de reporter la décision, qui devait initialement être rendue lundi prochain.

Le TAS, la plus haute juridiction dans le monde du sport, a expliqué que les deux parties ont besoin de plus de temps pour préparer leur cause et a également cité des « conflits d’horaire ».

Une décision est maintenant attendue le 19 septembre.

Sharapova, quintuple championne en Grand Chelem et ancienne no 1 mondiale, a échoué à un contrôle antidopage au meldonium aux Internationaux d’Australie en janvier et l’ITF lui a imposé une suspension de deux ans. Elle a fait appel le mois dernier, cherchant à faire renverser ou réduire la sanction.

Les parties avaient convenu d’une « procédure accélérée » qui aurait permis au TAS de rendre sa décision ce mois-ci. Si la suspension avait été annulée, Sharapova aurait pu participer aux Jeux de Rio.

Le report de la décision à septembre écarte également la possibilité que Sharapova puisse prendre part aux prochains Internationaux des États-Unis, prévus du 29 août au 11 septembre.