Les Portugais en liesse

Une foule en délire, estimée par les organisateurs à plus de 50 000 personnes, a célébré à Lisbonne la victoire de son équipe.
Photo: Patricia De Melo Moreira Agence France-Presse Une foule en délire, estimée par les organisateurs à plus de 50 000 personnes, a célébré à Lisbonne la victoire de son équipe.

« Champions, nous sommes champions d’Europe ! » Ils avaient tremblé après la sortie sur blessure de leur idole Ronaldo, puis, c’est l’explosion de joie. Les supporters massés dans la principale fan zone lisboète ont exulté après la victoire historique de la Selecçao sur les Bleus.

« Les mots me manquent. On l’a mérité. On a enfin fait taire les Français et tous ceux qui disaient du mal de nous. On a montré qu’on était les plus forts », s’est exclamé Ruben Sardinha, 22 ans, drapeau du Portugal autour du cou.

Les larmes aux yeux, Carla Martins, 44 ans, crie « Portugal ! Portugal ! » à en perdre son souffle. « J’y ai cru jusqu’au bout. On le méritait ! »

« Sans aucun doute on mérite. On n’a pas été arrogant mais humble. Peut-être qu’avec Ronaldo, on aurait eu un but de plus, mais on a joué en équipe et ça a payé », estime Fernando Silva, un Lisboète de 61 ans.

La foule en délire, estimée par les organisateurs à plus de 50 000 personnes, danse et agite ses drapeaux et ses écharpes pendant que les pétards d’un feu d’artifice retentissent au-dessus de l’écran géant installé face aux rives du Tage.

« C’est une grande émotion. On nous avait pris ce titre en 2004, mais nous l’avons finalement remporté », se réjouit Tiago Teixeira, 22 ans.

Exorcisme

L’objectif de toute une nation férue de ballon rond a été atteint : exorciser au Stade de France, le traumatisme de la finale de l’Euro perdue en 2004 par le pays organisateur contre la surprenante Grèce (1-0), qui avait laissé en larmes Ronaldo, l’icône nationale.

Dès le coup de sifflet final, des milliers de fans ont commencé à fêter bruyamment le triomphe de leur équipe dans les rues de Lisbonne, sur fond de concert de klaxons des automobilistes.

Ce titre est venu à point nommé pour requinquer le moral des Portugais alors que le pays peine à remettre son économie à flot après des années de crise et s’est attiré les foudres de la Commission européenne qui menace de le sanctionner pour déficits excessifs.

Pourtant, l’enthousiasme de la foule, confiante avant le match, s’était nettement refroidi après la sortie sur civière d’un Ronaldo en pleurs à la 25e minute.

« C’est un coup très dur pour notre sélection. Ronaldo ne méritait pas de finir comme ça en pleurs. C’est vraiment très triste », avait réagi Gregorio Teixeira, 40 ans.

Même si tous les supporters applaudissent sa sortie de terrain et l’arrivée de son remplaçant, Ricardo Quaresma, l’ambiance s’était tendue sur la principale fan zone de Lisbonne place du Commerce.

« C’est difficile sans Ronaldo. Les Français avaient prévenu qu’ils neutraliseraient Ronaldo, eh bien c’est réussi », avait lâché Rafael Silva, 20 ans, les joues peintes en vert et rouge. « C’est le meilleur joueur du monde et le Portugal a besoin de lui. »

Gonflés à bloc derrière l’équipe lusitanienne, les supporters ont pris le désormais fameux « Hu » des Islandais, accompagné de claquements de mains au-dessus de la tête.

« Nous voulons des larmes de joie. Douze ans après “ notre ” Euro, c’est au tour du Portugal d’être heureux », avait titré dans la matinée le journal sportif Record. C’est désormais chose faite.

Toute une nation a vibré au rythme des matchs de la Selecçao, y compris jusqu’aux plus hautes sphères de l’État.

Le premier ministre Antonio Costa, présent au Stade de France tout comme le président Marcelo Rebelo de Sousa, avait appelé sur son compte Twitter à « crier plus fort encore vive le Portugal ! ».

 

Grabuge à Paris

Paris — Une quarantaine de personnes ont été interpellées dimanche en marge de la finale de l’Euro 2016, notamment près de la fan zone de la tour Eiffel lors d’incidents entre supporteurs et forces de l’ordre, a-t-on appris auprès de la préfecture de police de Paris.

Certaines des interpellations ont eu lieu également aux abords du Stade de France, dans la banlieue nord de Paris, pour outrage, dégradations ou encore vente interdite à la sauvette, a-t-on précisé de même source.