L’absence russe à Rio pourrait bénéficier aux Canadiens

Quand Melissa Bishop se présentera à la ligne de départ du 800 mètres aux Jeux olympiques de Rio, elle ne va pas porter attention à ses rivales — ou au pays qu’elles représentent.

 

Les essais olympiques canadiens d’athlétisme ont lieu cette semaine, malgré la tourmente qui frappe ce sport.

L’équipe russe d’athlétisme a été bannie des Jeux de Rio en raison d’un programme de dopage, mais le président de l’Association internationale des fédérations d’athlétisme (IAAF), Sebastian Coe, a déclaré que 136 athlètes avaient déposé des demandes pour participer aux Jeux en tant qu’athlètes indépendants.

L’absence des athlètes russes pourrait affecter quelques Canadiens à Rio, mais Bishop, médaillée d’argent l’été dernier aux Championnats mondiaux de Pékin, préfère se concentrer sur ce qu’elle contrôle.

« Ce sont des rivaux, oui, donc ça nous affecte, mais c’est quelque chose qui est hors de notre contrôle et de nos pensées, peu importe la décision de l’IAAF, a dit Bishop. Ça ne change rien à ma préparation pour les Olympiques. »

Les Russes Mariya Savinova et Ekaterina Poistogova ont gagné respectivement l’or et le bronze au 800 m aux Jeux de Londres, il y a quatre ans. Bishop n’avait pas franchi les qualifications, étant battue dans sa vague par, entre autres, la Russe Yelena Arzhakova, dont le résultat a éventuellement été effacé pour dopage.

« Ça ne change pas ma performance, mais ça reste dans ma tête, je me dis que j’aurais peut-être atteint les demi-finales, que les choses auraient pu être différentes, a raconté Bishop. Si j’étais dans la position dans laquelle je suis présentement et que j’échappais une médaille, j’aurais peut-être plus de choses à dire. »

Yulia Stepanova, une Russe qui a franchi les 800 mètres en 1:56,99 avant d’être bannie pour dopage (le record canadien de Bishop est de 1:57,52), a été la dénonciatrice qui a mis en lumière le scandale de dopage. Elle a participé aux Championnats européens cette semaine en tant qu’athlète indépendante, mais elle s’est blessée à un pied et sa participation aux Olympiques de Rio est incertaine.

La Canadienne Hilary Stellingwerff a raté sa qualification pour la finale des Jeux de Londres au 1500 m par une position. Six coureuses ont ensuite vu leur nom être effacé des résultats en raison de dopage.

« Honnêtement, s’il ne s’était rien produit, j’aurais mis en doute le désir de l’IAAF de présenter un sport propre », avait déclaré Stellingwerff lors de l’annonce de l’expulsion de l’équipe russe par l’IAAF.

Le champion du monde en titre au saut en hauteur, Derek Drouin, croit que les Russes sont habituellement une puissance dans sa discipline. Mais comme Bishop, Drouin se concentre uniquement sur son travail.

« Ce n’est pas comme si j’allais changer mon entraînement en fonction de la présence ou non des Russes. Mon objectif ne change pas », a dit Drouin.

Le Russe Ivan Ulhov a gagné l’or au saut en hauteur à Londres, mais Drouin croit que ça ne vaut pas la peine de regarder derrière et se questionner.

« Je pense que c’est quand on pense comme ça qu’on peut se faire mal, a dit Drouin. C’est hors du contrôle de l’athlète. Ça ne vaut pas la peine de gaspiller son énergie sur des choses que l’on ne peut pas contrôler. »