Le point culminant approche pour Andre De Grasse

Quand Andre De Grasse affrontera les hommes les plus rapides de la planète aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, ce sera le point culminant d’une saison ponctuée d’innombrables séances d’entraînement sur la piste d’un petit collège en Arizona.

Le sprinteur étoile canadien en a surpris plus d’un en changeant complètement sa routine d’entraînement à six mois seulement des Jeux de Rio.

Le jeune homme de 21 ans a décidé de quitter les entraînements en groupes de deux à l’Université Southern California pour se retrouver seul au sein d’un groupe de 100 athlètes de renommée internationale provenant de 30 pays au centre d’entraînement Altis de Phoenix.

La perspective de s’entraîner au quotidien avec les meilleurs athlètesau monde, dit-il, lui sera bénéfique lorsqu’il se retrouvera sur la ligne de départ à Rio.

« Avant, j’étais seul avec mon partenaire d’entraînement BeeJay [Lee, son coéquipier à USC], a expliqué De Grasse. Mais nous avons pris la décision de venir ici, et l’ambiance… Les gars sont aussi rapides que nous, et ils nous poussent à nous surpasser au quotidien. »

« C’est très bon pour nous d’un point de vue compétitif parce qu’avant, il était pratiquement impossible d’observer notre progression à l’entraînement. Aujourd’hui, on peut le voir, car si tu suis ton partenaire d’entraînement ou que tu es près de lui pendant une répétition, alors tu sais que tu es dans la bonne voie. »

Le coureur de Markham, en Ontario, sera l’une des têtes d’affiche des essais olympiques canadiens à Edmonton cette semaine, et il ne fait aucun doute qu’il convoitera une médaille à Rio.

De Grasse fait partie de la dizaine d’athlètes du centre d’entraînement Altis, en compagnie notamment du sprinteur Justyn Warner et de la spécialiste du saut en longueur Christabel Nettey, qui participeront aux essais à Edmonton.

Véritable mosaïque

Le Paradise Valley Community College, où se trouve le centre Altis, est situé au pied de la montagne Camelback en banlieue de Phoenix. Un cactus géant situé à l’extérieur de la clôture grillagée offre un peu d’ombre aux spectateurs qui doivent cuire sous le soleil de plomb de l’Arizona.

Les athlètes arrivent par vague — ils sont séparés en petits groupes afin de faciliter l’enseignement. Ensemble, ils forment une véritable mosaïque en raison de leurs uniformes colorés représentant leur pays d’origine, allant de la Grande-Bretagne en passant par l’Inde, le Japon, l’Australie, Sainte-Lucie, les Samoa et bien sûr le Canada.

Dan Pfaff, qui a mené Donovan Bailey à la conquête de l’or olympique en 1996 à Atlanta, a déclaré que le programme « stimule la haute performance, est accueillant et prône l’éducation, l’enseignement et les relations interpersonnelles ».

De Grasse ne saute jamais sur la piste avant d’avoir effectué un arrêt à la table du thérapeute sportif. Lorsqu’il se présente ensuite au gymnase, chaque mouvement est analysé.

L’entraîneur de l’équipe canadienne de sprint, Stuart McMillan, qui a dirigé plus de 60 athlètes à six Jeux olympiques d’été et d’hiver, est le mentor de De Grasse. Et même si le sprinteur progresse rapidement depuis son arrivée à Phoenix, McMillan assure qu’il est assoiffé de connaissances.

« Il y a une raison pour laquelle il fait si bien, et tu ne peux avoir d’aussi bons résultats en blaguant et en te contentant de te présenter aux entraînements et de faire les exercices, tu dois aussi étudier, a expliqué l’entraîneur. Nous insistons beaucoup sur la nécessité de faire des exercices dans un but précis. Andre fait du bon travail afin de déterminer l’objectif derrière tel exercice ou tel mouvement. Que ce soit une course d’échauffement ou des répétitions avec des haltères, peu importe, s’il comprend pourquoi il doit le faire, il est attentif et établit son objectif. »

Après une saison éprouvante dans les rangs universitaires au cours de laquelle il a participé à 54 courses, De Grasse se dirigera vers Edmonton frais et dispos. Il espère enregistrer un chrono sous les 10 secondes au 100 mètres et sous les 20 secondes au 200 m, deux objectifs qu’il n’a toujours pas atteints cette saison.

Il devra se méfier d’Aaron Brown, qui est récemment devenu le deuxième Canadien en près de deux décennies à signer un chrono sous la barre des 10 secondes au 100 m.