Dopage - Stéroïdes: quatre accusés plaident non coupables

San Francisco — Les quatre hommes accusés par la justice américaine d'avoir fourni des stéroïdes à des dizaines de sportifs ont plaidé non coupable, hier, aux 42 chefs d'accusation déposés contre eux.

Au terme d'une comparution qui aura duré 14 minutes, chaque accusé — y compris le nutritioniste et entraîneur personnel de Barry Bonds — a nié sa culpabilité dans cette affaire devant la juge de la cour fédérale, Maria-Elena James.

Les quatre accusés ont été relâchés mais ils devront revenir en cour le 27 février afin d'établir la caution. Les avocats de la poursuite estiment qu'elle devrait être de l'ordre de 100 000 $. Les accusés ont jusqu'à la prochaine comparution pour prouver qu'ils peuvent acquitter cette somme.

Selon les procureurs fédéraux, les quatre hommes étaient vraiment méticuleux et prudents. Ils donnaient des noms de code à leurs produits, déguisaient leurs courriels pour éviter d'être repérés et fournissaient même des alibis à leurs athlètes au cas où ils seraient pris.

Mais ils ont été moins prudents avec leurs ordures, ce qui a provoqué leur chute. Des éléments importants du dossier, comme des notes rédigées par des athlètes, des chèques annulés ou encore des plaquettes de pilules vides, ont en effet été découverts dans les poubelles du Bay Area Laboratory Co-Operative, un laboratoire plus connu sous ses initiales BALCO.

Quatre personnes accusées d'avoir dirigé une opération illégale de distribution de substances illicites ont été inculpées jeudi. On les soupçonne d'avoir approvisionné en produits dopants des dizaines de sportifs de la NFL, des ligues professionnelles américaines, et de spécialistes de l'athlétisme. Aucun athlète n'a été nommé dans l'acte d'accusation.

L'un des accusés, Greg Anderson, est l'entraîneur personnel de la vedette du baseball Barry Bonds. «Je suis attristé par les nouvelles de la mise en accusation de mon entraîneur et ami», a déclaré Bonds. Remi Korchemny, un entraîneur d'athlétisme de renommé internationale qui compte parmi ses élèves la sprinteuse Kelli White, fait également partie des accusés. Contrôlée positive à un stimulant interdit, White risque de perdre ses médailles conquises aux derniers championnats du monde.

Le fondateur de BALCO, Victor Conte, et le vice-président du labo, James Valente, sont les deux derniers accusés.

Des dizaines d'athlètes comme Bonds, la championne d'athlétisme Marion Jones ou le boxeur Shane Mosley, ont comparu devant un grand jury fédéral à la fin de l'année dernière. Même si une immunité limitée leur a été conférée en échange de leurs témoignages, les athlètes pourraient être accusés de parjure si les procureurs estiment qu'ils ont menti devant le grand jury.

«Dans cet arrangement, nous n'avons pas limité nos poursuites à ceux qui sont mis en accusation», a déclaré le ministre de la Justice, John Ashcroft.

«L'usage illégal de stéroïdes remet en question non seulement l'intégrité des athlètes qui les prennent mais aussi l'intégrité des sports pratiqués par ces athlètes, a poursuivi Ashcroft. Les stéroïdes sont mauvais pour le sport, ils sont mauvais pour les athlètes et mauvais pour les jeunes qui font de ces athlètes leurs modèles.»