L’Allemagne fait passer son message

Villeneuve-d’Ascq — Comme un symbole ! C’est Bastian Schweinsteiger qui, à peine entré en jeu en fin de match, a profité de ses premières minutes de jeu depuis fin mars pour sceller le 2-0 de l’Allemagne contre l’Ukraine et adresser un message à la concurrence : les champions du monde sont lancés !

« Schweini », entré en jeu à la 90e minute a marqué deux minutes plus tard, permettant à la Mannschaft de rejoindre la Pologne en tête du groupe C et de faire oublier les imperfections, notamment en défense.

« C’est incroyable que cela se soit passé ainsi, je n’aurais pas rêvé mieux », a déclaré le milieu de 31 ans, qui assure que sa blessure à un genou « est guérie ».

« La course jusqu’au but a été longue, je suis un peu essoufflé », a-t-il encore rigolé à propos de son sprint pour reprendre victorieusement un centre d’Özil au bout du temps additionnel.

« Un Bastian Schweinsteiger vaut de l’or », s’est félicité son entraîneur Joachim Löw. « C’est important d’avoir sa personnalité, son expérience, il peut beaucoup apporter à l’équipe. »

Bonne habitude

Gagner leur premier match en compétition sans prendre de but est une bonne habitude prise par les Allemands depuis qu’ils sont entraînés par Löw, et ils n’y ont pas dérogé cette fois-ci non plus.

Comme souvent aussi, le succès a été un peu laborieux, même si l’Ukraine a progressivement baissé le pied après une première mi-temps où elle a su parfois exploiter les hésitations de l’arrière-garde allemande.

Löw avait finalement choisi d’associer Shkodran Mustafi dans l’axe de la défense à Jerome Boateng. Bien lui en a pris, puisque sur un coup-franc magistralement tiré par Kroos, le défenseur d’origine albanaise, au deuxième poteau, propulsait le ballon dans la lucarne de Pyatov de la tête (1-0, 19e).

Un but sur la première occasion allemande qui masque assez mal la difficulté que la Mannschaft a eu à déséquilibrer le solide bloc défensif ukrainien surtout en première période.

Préféré en pointe à Mario Gomez, Mario Götze n’a guère été en vue, se contentant d’une frappe trop écrasée à la 74e.

Thomas Müller et Mesut Özil ont aussi été discrets, ce dernier ratant le face-à-face du 2-0 à la 86e.

Finalement, c’est surtout grâce à ses deux sentinelles du milieu, Kroos et Khedira, que l’Allemagne s’est créée ses meilleures occasions.

Le premier lança ainsi le second d’une balle en cloche à la 29e, mais malgré un contrôle délicat réussi et la frappe enchaînée, il trouva Pyatov sur son chemin.

Kross et Khedira tentèrent encore leur chance de loin, respectivement à la 52e et la 61e, alors que Julian Draxler, le plus en verve des attaquants allemands, avait obligé Pyatov à une belle horizontale, sur une frappe enroulée de l’entrée de la surface (47e).

L’Ukraine a livré le match que l’on attendait, avec un gros pressing et des contres rapides, mais elle a trouvé sur sa route un Manuel Neuer des grands jours, avec des parades décisives sur un tir qui partait dans sa lucarne (4e) et sur une tête de près de Khacheridi (27e).

Neuer fut ensuite aux premières loges pour voir Boateng intercepter un centre de Kovalenko pour Zozulya tout près du but, et dégager le ballon de façon acrobatique juste avant qu’il ne franchisse la ligne (37e).

Le gardien allemand a cependant failli tout gâcher en sortant inconsidérément — son péché mignon — à la 88e et en se faisant lober par la tête en retrait de Mustafi, heureusement non cadrée.

En seconde mi-temps, l’Allemagne a mieux contrôlé la partie mais sa marge de progression reste importante.

La Pologne affiche ses ambitions

À Nice, la Pologne a enfin remporté une rencontre de championnat d’Europe en s’imposant logiquement 1-0 face à une faible Irlande du Nord dimanche, lors de ses débuts à l’Euro-2016 pour lequel elle a confirmé son statut d’outsider.

Il aura fallu une septième tentative, et un beau mouvement conclu par Milik à la 51e minute, pour que la Pologne s’impose en phase finale d’un Euro, après deux participations décevantes en 2008 et 2012 (3 nuls, 3 défaites au total en phase de groupes).

Mais une campagne de qualifications convaincante (meilleure attaque tous groupes confondus avec 33 buts, et une victoire de prestige sur le champion du monde allemand) et la réussite en club de ses joueurs vedettes (Lewandowski au Bayern, Krychowiak au FC Séville) ont changé la donne, faisant des Blanc et Rouge un sérieux candidat au tableau final.

Encore fallait-il franchir le premier obstacle face à une équipe inexpérimentée à ce niveau — elle disputait son tout premier match dans un Euro — mais invaincue depuis 12 matchs.

La Croatie l’emporte

D’autre part, les « larmes » de 2008 sont enfin sèches pour Luka Modric : le métronome de la Croatie a permis à sa sélection de prendre sa revanche sur la Turquie (1-0), huit ans après sa traumatisante élimination en quart de finale de l’Euro, dimanche lors de son premier match de l’édition 2016.

Héros malheureux de la terrible séance de tirs aux buts, arrachée par la bande de Fatih Terim à l’ultime minute de la prolongation, au terme d’un scénario fou, Modric a avoué cette semaine qu’il avait « pleuré de toutes [ses] larmes » après le match.

D’une superbe reprise de volée, tout en instinct juste avant la mi-temps (41e), le meneur du Real Madrid a permis à la Croatie de chasser enfin ce mauvais souvenir et de lancer idéalement sa campagne européenne, confirmant son statut d’outsider à la victoire finale.

« Ce but nous a apporté une victoire importante mais il ne faut pas oublier les matchs à venir. Nous devons passer cette phase de groupe étape par étape, c’est après qu’on pourra se prononcer avec confiance », a tenu à tempérer le Croate.

Omniprésent au milieu de terrain, Modric a été le principal artisan de la mainmise croate sur la rencontre, face à une équipe de Turquie incapable de porter le danger dans le camp adverse.

 

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