Laurent Ciman, première belle histoire de l’Euro

C’est la belle histoire de ce début d’Euro. Quand il est parti jouer en club à Montréal, choix du coeur dicté par l’autisme de sa fille, le défenseur Laurent Ciman pensait dire adieu à la sélection nationale de Belgique. Mais lundi face à l’Italie, il sera finalement titulaire, après de nombreux forfaits.

En quelques semaines, le joueur de l’Impact de Montréal est devenu l’un des chouchous des partisans. Son parcours, il est vrai, a de quoi émouvoir.

Janvier 2015. Alors qu’il est pressenti par quelques formations françaises, Ciman décide de quitter le Standard de Liège, où il joue depuis cinq ans, pour le Québec. Un transfert qui étonne et qui est un choix du coeur.

«Ma petite fille, Nina, est autiste. Or c’est au Canada que les soins concernant ce handicap sont les plus poussés. Il arrive un moment où la famille compte plus que tout», explique-t-il à l’époque.

En Belgique, l’histoire de Ciman met en lumière les lacunes dans le traitement de l’autisme. Même la ministre de la Santé est interpellée sur le sujet. Le joueur souhaite que l’exemple de sa fille serve à améliorer la situation dans son pays.

Avec l’Impact, où il occupe le même vestiaire que l’Ivoirien Didier Drogba, Ciman devient vite le patron d’une défense béton au point d’être désigné meilleur défenseur de la Major League Soccer dès sa première saison.

«Je ne regrette pas ce choix. La MLS est d’un niveau équivalent au championnat belge. Ça va même plus vite», assure ce Wallon de 30 ans.

À Montréal, dans un championnat regardé avec condescendance depuis l’Europe, Laurent Ciman s’éloigne donc de l’équipe nationale et l’entraîneur des Diables rouges, Marc Wilmots ne le sélectionne plus dans son noyau.

De déception en déception

Entre Ciman et les Diables Rouges, ça n’a jamais été une grande histoire d’amour. Repris dans la sélection pour la Coupe du monde 2014 au Brésil, il fut le seul joueur de champ à ne pas être utilisé.

Selon ses proches, il en a été fort affecté. Mais en homme poli et calme, il ne dit rien, n’élève jamais la voix. «Je ne suis pas du genre à mettre le bazar», explique-t-il.

S’il ne participe pas à la campagne qualificative pour l’Euro 2016, son nom revient pourtant à la une en avril dernier après les soucis physiques de plusieurs défenseurs belges.

Ciman ne fait toutefois pas partie de la présélection annoncée par Wilmots en mai. Nouvelle déception: «Quand j’ai entendu la première sélection, j’étais forcément déçu de ne pas y figurer. Je m’étais fait à l’idée d’en être.»

Mais l’avalanche de forfaits dans l’axe de la défense (Vincent Kompany, Nicolas Lombaerts, Dedrick Boyata, Björn Engels) et la santé précaire de Thomas Vermaelen conduisent le sélectionneur à rappeler son «Canadien» alors que la saison en MLS vient de débuter.

Ciman obtient du temps de jeu lors des matches préparatoires face à la Suisse et la Norvège, devenant le héros de cette dernière rencontre en inscrivant le but de la victoire (3-2), son premier avec les Diables.

Et surtout, au poste d’arrière droit, il se montre le plus convaincant parmi les joueurs testés (Jason Denayer, Axel Witsel, Toby Alderweireld), au point d’être le candidat numéro 1 pour occuper le poste face à l’Italie lundi à Lyon dans le premier match de la Belgique à l’Euro. Et de continuer d’écrire la belle histoire?