L’AMA lance une enquête sur le dopage aux JO de Sotchi

Los Angeles et Moscou — L’Agence mondiale antidopage a nommé l’avocat canadien Richard McLaren à la tête de la commission indépendante en charge de faire toute la lumière sur les accusations de l’ancien patron du laboratoire antidopage russe à propos d’un système de dopage chapeauté par l’État pendant les Jeux olympiques de Sotchi, a-t-on appris vendredi.

McLaren, professeur de droit à l’Université Western de London et membre de la formation d’arbitrage du Tribunal arbitral du sport, a fait partie de la commission indépendante dirigée par l’ancien patron de l’AMA Richard Pound qui a dévoilé en novembre 2015 le recours à grande échelle au dopage au sein de l’athlétisme russe et conduit à la suspension de la Russie par la Fédération internationale d’athlétisme.

Cette commission est également composée du Français Mathieu Folz, en charge des enquêtes au sein de l’AMA et de Christiane Ayotte, directrice du laboratoire antidopage de Montréal.

Elle a jusqu’au 15 juillet pour remettre ses conclusions au président de l’Agence qui « peut prolonger sa mission si nécessaire », a précisé l’AMA.

« La mission de cette commission est d’établir s’il y a eu manipulation du processus de contrôle antidopage lors des JO de Sotchi en 2014, y compris le fait de falsifier les échantillons se trouvant dans le laboratoire de Sotchi, d’identifier les modes opératoires et ceux qui ont été impliqués, d’identifier les athlètes qui ont pu bénéficier de ces manipulations si elles sont avérées, d’identifier ce qui s’est passé au sein du laboratoire de Moscou hors de la période des Jeux », explique l’AMA dans une lettre de mission publiée vendredi.

« Pour mener à bien cette mission, la commission étudiera les informations recueillies par l’AMA et d’autres et peut demander l’accès à d’autres informations. Elle peut aussi obtenir des informations de sa propre initiative », ajoute-t-on.

L’AMA s’est engagée mardi à lancer une enquête suite aux accusations de Grigory Rodchenkov publiées par le New York Times. Selon l’ancien patron du laboratoire de Moscou, des dizaines d’athlètes russes, dont 15 médaillés olympiques, ont profité d’un système de dopage organisé et supervisé par Moscou et ses services secrets lors des Jeux de Sotchi.

Poutine entend collaborer

Le président de la Russie, Vladimir Poutine, a pour sa part assuré que son pays collaborera pleinement au travail des enquêteurs.

« J’ai ordonné au ministre des Sports, à toutes les agences gouvernementales et aux institutions de fournir aux enquêteurs de l’AMA toute l’assistance pour organiser leur travail », a déclaré Poutine lors d’une conférence de presse télévisée en marge d’un sommet entre la Russie et l’Association des nations d’Asie du sud-est. « S’il y a le moindre doute, il doit être éliminé. »

Selon le président, l’enquête arrive « avec en toile de fond des affaires politiquement motivées » contre la Russie. « Mais j’espère que les actions de l’AMA n’ont rien à voir avec ça. »

La Russie a annoncé jeudi avoir ouvert une enquête concernant les soupçons de dopage de ses athlètes aux Jeux de Pékin 2008, Londres 2012 et Sotchi 2014. Ceci fait suite aux révélations du Comité international olympique mercredi affirmant que 31 athlètes de 12 pays et de six disciplines ont été contrôlés positifs à la suite de nouveaux tests sur des échantillons datant des JO 2008.

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