Un premier défi pour Mauro Biello

Quand Mauro Biello a remplacé Frank Klopas à la tête de l’Impact de Montréal en août dernier, tout a semblé facile.

Propulsée par l’ajout de Didier Drogba dans la formation, l’équipe a terminé la saison sur une séquence de 7-2-2 et s’est taillée une place en éliminatoires avant de baisser pavillon face au Crew de Columbus en demi-finales de l’association Est de la Major League Soccer.

Le onze montréalais a continué d’enchaîner les succès en début de saison 2016 avant de connaître une baisse de régime au cours du dernier mois. Avec son équipe dans une séquence de 0-1-4, Biello se retrouve donc face à un premier défi.

« Ça vient avec l’emploi, a-t-il dit cette semaine. Il faut être créatif comme entraîneur, être prêt à trouver des solutions. J’étais comme ça en tant que joueur et comme adjoint. Je cherchais toujours à essayer de trouver ce que je pouvais faire de mieux pour aider l’équipe. »

Biello a aussi noté que les quatre nuls enregistrés lors des quatre dernières sorties de l’équipe ne sont pas nécessairement des résultats négatifs. « On est très proche d’être de l’autre côté, de pouvoir dire que l’Impact n’a pas perdu à ses six derniers matchs », a-t-il fait valoir.

Grincheux ?
Il est vrai que lorsque l’on signe un verdict nul, on n’est qu’à un but d’une victoire. Et deux de ces nuls ont été acquis à l’étranger, ce qui est toujours un résultat acceptable.

« On fait bien sur la route, a poursuivi Biello. On a marqué quatre buts pour aller chercher un point à Columbus, avant ça on a fait match nul [1-1 face au New York City FC], et avant ça on a gagné [2-1 contre le Fire de Chicago]. Il faut continuer sur cette séquence, continuer de croire que même si on accorde un but, on peut aller compter. »

Questionné afin de savoir si Biello est un peu plus grincheux lors de cette première séquence difficile sous ses ordres, le gardien Evan Bush a défendu son patron. « Je pense que tout le monde est un peu plus grincheux, a-t-il dit. C’est normal quand ça ne va pas bien. Mais toutes les équipes vivent des séquences comme celle-là pendant la saison. »

« De notre côté, il faut mettre les choses en perspective. Nous continuons quand même de gagner des points et nous ne sommes pas déclassés. [Biello] le sait et il reste positif. »

Le défenseur latéral Maxim Tissot a de son côté mentionné que l’état d’esprit est toujours bon au sein du club malgré ce passage à vide. « On n’a pas gagné les quatre derniers matchs, mais on ne les a pas perdus, a-t-il rappelé. On peut voir le verre à moitié plein. Et il y a des gars qui allègent l’atmosphère dans le vestiaire. Laurent [Ciman] niaise tout le temps et ça fait du bien au groupe. »

Ajuster le tir
L’Impact a amorcé la campagne avec un rendement de 4-2-0 malgré quatre parties à l’étranger (2-2-0) et une contribution limitée de Didier Drogba, qui souhaite éviter les surfaces artificielles.

Même si l’Ivoirien de 38 ans a accumulé quatre buts et trois aides cette saison, le début de la récente série d’insuccès a coïncidé avec le premier départ de Drogba.

« Est-ce qu’on vise trop Didier ? Peut-être, mais il gagne tous les ballons », a mentionné Tissot quand on lui a demandé si l’équipe se fie trop à son attaquant étoile. « Ce n’est pas nécessairement mauvais parce qu’il ressort presque tout le temps avec le ballon. »

Tissot a toutefois reconnu que l’équipe doit s’adapter quand Drogba n’est pas sur le terrain.

« Quand il est sorti [samedi] contre Philadelphie, on a continué à jouer de la même manière avec des attaques aériennes vers Dom [Dominic Oduro], ce qui n’est pas sa force. Sans Didier dans la formation, il faut revenir au style de jeu du début de saison. »

Aussi étrange que cela puisse paraître, l’Impact pourrait donc être dans le contexte idéal pour remonter à la surface samedi à Orlando, quand il jouera à l’étranger et sera privé de Drogba, blessé à une hanche.

« Vous voulez toujours mettre fin à une mauvaise séquence à domicile, mais lors du dernier match [1-1 face à l’Union de Philadelphie au stade Saputo], nous avions peut-être trop l’impression de contrôler la situation et ç’a joué contre nous, a dit Bush. À l’étranger, nous serons peut-être plus pessimistes, plus prudents, et ça pourrait être une bonne chose. »