Dopage: Bach parle de sévères sanctions

Le président du Comité international olympique, Thomas Bach
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse Le président du Comité international olympique, Thomas Bach

Les plus récentes allégations de dopage parrainé par l’État en Russie pourraient mener à la suspension de fédérations nationales entières, à de lourdes amendes et à des bannissements à vie des Jeux olympiques, a averti mercredi le président du Comité international olympique, Thomas Bach.

Bach a refusé de dire si le CIO envisage de bannir la Russie des Jeux olympiques de Rio de Janeiro qui auront lieu en août prochain. Il a indiqué qu’une telle mesure repose sur un choix entre la « responsabilité collective » et la « justice individuelle ».

« Nous attendons les faits, a déclaré Bach. Il faut une procédure juste pour tout le monde. Si ces allégations s’avèrent fondées, nous mettrons en pratique une politique de tolérance zéro, non seulement à l’endroit des athlètes, mais aussi de tous ceux qui y sont mêlés et qui sont à notre portée. »

Le président du CIO a également mentionné que les résultats complets de nouveaux tests menés sur des échantillons des Jeux de 2008 à Pékin et de 2012 à Londres — qui ont jusqu’à maintenant permis de prendre 31 athlètes en défaut — seront connus au début de juin, à temps pour empêcher les fautifs de participer aux Jeux de Rio.

Dans une lettre d’opinion publiée mercredi, Bach affirme que les accusations selon lesquelles des dirigeants russes auraient contourné le système de tests antidopage aux Jeux d’hiver de 2014 à Sotchi « représentent une nouvelle dimension ahurissante en matière de dopage » et un « niveau de criminalité inimaginable ».

Intégrité des compétitions

Grigory Rodchenkov, l’ancien directeur du laboratoire antidopage russe, a affirmé au New York Times la semaine dernière qu’il a dirigé un programme de dopage organisé pour les athlètes russes et aidé à remplacer des échantillons souillés par des propres.

Rodchenkov, qui vit maintenant à Los Angeles, dit avoir reçu l’aide d’individus qui, croit-il, étaient des responsables de la sécurité russes.

Le CIO a demandé à l’Agence mondiale antidopage de mener une vaste enquête et envisage d’effectuer de nouveaux tests sur les échantillons des Jeux de Sotchi, qui sont entreposés au laboratoire situé à Lausanne. Bach a pressé toute personne ayant des informations liée saux allégations de les acheminer immédiatement à l’AMA et au CIO.

« Si ces allégations sont fondées, nous allons rendre responsables toutes les personnes qui y sont mêlées », a déclaré Bach lors d’une téléconférence.

Il a ajouté que les sanctions pourraient prendre la forme de suspensions à vie des Jeux olympiques pour des athlètes, d’amendes imposées à des organisations et de « suspension ou exclusion de fédérations nationales entières » — dans la lignée de la suspension actuelle imposée par l’Association internationale des fédérations d’athlétisme au programme d’athlétisme de la Russie.

L’IAAF doit décider le 17 juin si elle maintiendra la suspension de la Russie en vue des Jeux de Rio.

Bach a expliqué que les décisions qui seront prises ne doivent pas négliger « les athlètes propres partout dans le monde ».

« Peu importe ce que seront les résultats, nous allons faire tout ce qui est possible pour permettre aux athlètes du monde entier de lutter d’égal à égal, et de protéger l’intégrité des compétitions des Jeux olympiques de Rio », a précisé le président du CIO.

Les déclarations de Bach surviennent 24 heures après l’annonce par le CIO que 31 athlètes pourraient être exclus des prochains Jeux à la suite de cas de dopage aux Jeux de Pékin qui ont été décelés grâce à de nouveaux tests menés sur des échantillons récoltés à l’époque.

Le CIO conserve les échantillons pendant 10 ans pour permettre la tenue de nouveaux tests à l’aide de techniques de dépistage améliorées.