L’Impact devra mieux jouer à domicile

Didier Drogba tentant d’échapper à Keegan Raymon Gaddis en seconde demie du match de samedi qui s’est soldé par un match nul.
Photo: Graham Hughes La Presse canadienne Didier Drogba tentant d’échapper à Keegan Raymon Gaddis en seconde demie du match de samedi qui s’est soldé par un match nul.

La saison 2016 de l’Impact pourrait être définie jusqu’ici par un mot et son contraire : équilibre et déséquilibre.

L’entraîneur-chef Mauro Biello répète régulièrement qu’il faut déséquilibrer l’adversaire, tout en trouvant un équilibre entre l’attaque et la défensive.

Depuis que l’Impact est coincé dans une séquence de cinq matchs sans victoire (0-1-4), tout ne tombe jamais en place au même moment. Quand l’attaque remplit le filet, la défensive est poreuse. Et quand la défensive est solide, l’attaque tombe à plat.

Et c’est aussi le monde à l’envers au niveau des succès et des échecs. L’Impact s’en tire relativement bien à l’étranger avec un dossier de 2-2-2, mais n’arrive pas à faire de son domicile la forteresse souhaitée. La formation montréalaise présente une fiche de 2-1-2 devant ses partisans, mais de 0-1-2 au Stade Saputo.

État d’esprit différent

« Les équipes arrivent ici avec un état d’esprit différent que par le passé, a mentionné le gardien Evan Bush après la rencontre de samedi, un verdict nul de 1-1 contre l’Union de Philadelphie. Elles ont tendance à se concentrer sur la défensive et à contre-attaquer. »

« Nous avons du succès à l’étranger parce que nous avons de l’espace pour attaquer l’adversaire quand il tente d’appliquer de la pression. »

Ce changement tactique des adversaires de l’Impact coïncide avec l’arrivée de Didier Drogba, l’été dernier. Dans le dernier droit de la saison 2015, on avait déjà commencé à voir certaines équipes « stationner l’autobus », comme le disent les joueurs.

Cependant, ça n’avait pas jusqu’ici empêché l’Impact de faire plaisirs à ses partisans.

Avant de connaître sa série d’insuccès au Stade Saputo, l’Impact avait signé neuf victoires d’affilée à Montréal si l’on inclut la fin de la saison 2015 et les séries éliminatoires. Le début de cette séquence avait d’ailleurs coïncidé avec le premier départ de Drogba dans l’uniforme montréalais, quand il avait marqué trois buts dans un gain de 4-3 face au Fire de Chicago, le 5 septembre dernier.

Trouver un équilibre

L’Impact a amorcé son duel contre l’Union en lion, samedi, mais a été victime d’une contre-attaque à la suite d’un revirement sur le but égalisateur. La troupe de Biello a joué le tout pour le tout en fin de rencontre pour tenter de briser l’égalité, mais les choses ont presque tourné au vinaigre quand Fabian Herbers a pu s’échapper devant Bush, qui a toutefois réussi l’arrêt.

« Il faut trouver l’équilibre entre jouer avec patience et avec urgence, a raconté Biello en ressortant le mot-clé. Quand on veut accélérer le jeu, ça ne veut pas dire d’envoyer tout le monde à l’attaque. »

« Parfois en fin de match, les gars vont vouloir essayer d’être le héros, a ajouté le milieu de terrain Kyle Bekker. Il faut revenir à la base et créer des brèches dans la défensive adverse. Ensuite, nous comptons sur des joueurs talentueux qui vont pouvoir en profiter pour marquer des buts importants. »

« Nous jouons notre meilleur soccer quand tout le monde est impliqué et contribue au jeu. Nous devons revenir à ça et dicter le jeu. »

La saison dernière, l’Impact avait dû se forger une fiche de 11-4-2 à domicile pour compenser ses insuccès à l’étranger (4-9-4). Si le bleu-blanc-noir peut continuer de jouer pour, 500 sur les pelouses adverses et refaire du Stade Saputo sa forteresse, il ne sera pas étonnant de le voir se maintenir parmi l’élite de l’Association Est.

Mais pour y arriver, l’Impact aura besoin d’équilibre et de déséquilibre.