Coup de sifflet final pour Michel Platini

<p>Michel Platini</p>
Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse

Michel Platini

La partie est définitivement perdue pour Michel Platini : le Tribunal arbitral du sport a mis un coup d’arrêt brutal lundi à la carrière du patron de l’Union des associations européennes de football, dont la suspension de toute activité liée au sport a été maintenue tout en étant réduite de six à quatre ans.

Conséquence immédiate de la décision prise par la plus haute juridiction sportive basée à Lausanne, l’ancien meneur de jeu de l’équipe de France a annoncé dans un communiqué qu’il démissionnait de la présidence de l’UEFA « pour poursuivre [son] combat devant les tribunaux suisses », tout en dénonçant « une profonde injustice ».

Le passage au TAS constituait le dernier recours sportif pour Platini, qui espérait retrouver son costume de patron de l’instance européenne et donner le 10 juin le coup d’envoi de l’Euro 2016 en France. Mais son échec est cuisant, lui qui avait déjà dû renoncer à la présidence de la Fédération internationale de football association, laissant la voie libre à son numéro 2, Gianni Infantino, devenu le nouveau chef de la Fédération internationale.

Platini n’a d’ailleurs pas manqué de relever que la durée de sa suspension l’« empêchera de facto et, comme par hasard, de [se] présenter à la prochaine élection du président de la FIFA » en 2019.

Au coeur de la procédure : un paiement de 1,8 million d’euros reçu en 2011 de la FIFA pour rémunérer un travail de conseiller de Joseph Blatter, alors président de l’instance, achevé en 2002 et sans contrat écrit. Une affaire révélée en septembre dernier sur la lancée du vaste scandale de corruption qui ébranle la FIFA et qui a précipité la chute des deux hommes les plus puissants de la planète football.

« Sanction justifiée »

Platini et Blatter, qui a « pris acte » auprès de l’Agence France-Presse de la sentence du TAS contre Platini, ont toujours affirmé qu’il s’agissait d’un solde de tout compte sur la base d’un contrat oral, un engagement reconnu en Suisse. Un argument qui n’avait pas convaincu la justice interne de la FIFA, qui a suspendu le 21 décembre les deux hommes de toute activité liée au football durant huit ans, les jugeant coupables d’« abus de position », de « conflit d’intérêts » et de « gestion déloyale ».

Cette punition avait ensuite été ramenée à six ans en appel.

Le TAS a certes « constaté l’existence d’un contrat valable » liant Platini et la FIFA. Mais le tribunal arbitral, qui a également réduit de 80 000 à 60 000 francs suisses (72 000 à 54 000 euros) l’amende infligée par la Fédération internationale au triple Ballon d’or, n’a pas pour autant été « convaincu de la légitimité de ce versement […] reconnu par les seuls MM. Platini et Blatter et […] ne reposant sur aucun document établi à l’époque des relations contractuelles ».

Si le TAS a estimé que la suspension de six ans était « trop sévère », il a précisé qu’« une sanction sévère [quatre ans] pouvait se justifier », notamment « en raison de l’absence de repentir » de Michel Platini.

Incertitude

Également suspendu six ans par la FIFA pour ce paiement, Joseph Blatter est aussi mis en examen par la justice suisse dans cette affaire, ainsi que pour un contrat de droits de télévision présumé très en dessous des prix du marché au détriment de la FIFA. Dans ce cadre, Michel Platini a seulement été entendu comme témoin assisté.

La mise à l’écart définitive de Platini ouvre une période d’incertitude à la tête de l’UEFA, confrontée à une terrible vacance du pouvoir depuis la suspension du Français et désormais à la recherche d’un nouveau président.

L’instance européenne a décidé lundi de ne pas nommer de président par intérim en attendant la tenue d’un Congrès électif dont la date sera fixée le 18 mai par son Comité exécutif. L’élection d’un nouveau patron de l’UEFA pourrait, en théorie, être organisée en urgence, sans le délai de trois mois de campagne électorale prévu par les statuts.

Deux noms reviennent avec insistance pour succéder à Michel Platini : Michael van Praag, le président de la Fédération néerlandaise âgé de 68 ans et candidat contre Joseph Blatter à la tête de la FIFA en 2015 mais qui s’était finalement retiré au profit du Prince jordanien Ali, et Fernando Gomes, âgé de 64 ans et dirigeant de la Fédération portugaise.

1 commentaire
  • - Inscrit 9 mai 2016 22 h 21

    Toute la même pâte rancie !

    Cette petite caste internationale qui n'a jamais eu à répondre devant les tribunaux et les citoyens, est maintenant pris les culottes à terre.

    C'est la même pâte dans à peu près toutes les organisations internationales de même type, et en premier lieu dans les organisations olympiques.

    Il s'agit d'une perversion en règle des idéaux sportifs par cette "élite" autoproclamée qui est corrompue jusqu'à la moelle.