David Lemieux tente un retour au sommet

David Lemieux est déjà passé par là, mais cette fois, le retour vers le sommet risque d’être moins long que la précédente.

Après avoir frappé un mur nommé Gennady Golovkin en octobre dernier et avoir commis un impair dans sa préparation pour affronter James De La Rosa en mars, Lemieux (34-3, 31 K.-O.) reprend la route d’un championnat du monde chez les 160 livres en affrontant samedi Glen Tapia (23-2, 15 K.-O.), en demi-finale du gala Saul Alvarez–Amir Khan présenté au T-Mobile Arena de Las Vegas.

«C’est un combat important pour moi, a indiqué Lemieux lors d’un entretien téléphonique avec La Presse canadienne. Non seulement pour la suite de ma carrière, mais Las Vegas, c’est un nouveau bassin de partisans à conquérir pour moi. Et après une défaite, on veut toujours rebondir.»

Il aurait pu ajouter qu’il souhaite tourner définitivement la page sur l’épisode De La Rosa, alors qu’il a été incapable de respecter le poids imposé de 163 livres pour le combat.

«On peut le regarder comme ça. Mais de mon côté, je pense plutôt qu’il ne voulait pas se battre ce soir-là», a-t-il dit de De La Rosa, qui sera aussi de cette soirée, face à Jason Quigley. «De mon côté, c’est vrai, je n’ai pas fait le poids. Mais on s’est pris en mains. On a fait ce qu’on avait à faire pour ne plus que ça se produise et ça n’arrivera plus.»

Tapia par défaut?

Même si Lemieux a perdu son dernier combat — comme tous ceux qui se sont frottés à Golovkin jusqu’ici —, on ne se bouscule pas aux portes d’Eye of the Tiger Management pour l’affronter. L’ancien champion du monde n’a rien perdu de sa réputation et aucun boxeur en ascension ne veut courir le risque de croiser le fer avec lui.

Aucun, sauf Tapia. L’Américain de 26 ans vient lui aussi de trébucher, une défaite surprise par arrêt de l’arbitre au 4e round devant le Français Michel Soro chez les 154 livres. Faisant le saut chez les poids moyens, Tapia a décidé de se faire immédiatement un nom en acceptant le défi que lui a proposé la chaîne de télévision HBO, qui présentera le gala.

«À ses quatre derniers combats, ç’a été difficile pour lui de faire le poids», note l’entraîneur de Lemieux, Marc Ramsay, au sujet de Tapia. «Comme nous, il s’est accroché les pieds à son dernier combat, David représente donc une belle vitrine pour lui. D’ailleurs, il était un peu lent chez les 154, je pense que ce sera mieux pour lui sur cet aspect à 160 livres.»

Ramsay ne croit pas que Tapia perdra en puissance en montant de division.

«Il est fort physiquement, je ne pense doncpas qu’il ait un problème de puissance, explique l’entraîneur. On le voit d’ailleurs, c’est un gars trapu. Par contre, il se compromet parfois en attaque, ce qui ouvre des failles dans sa défense. Contre David Lemieux, quand tu prends des chances, tu te mets en danger. Ce sera à nous d’en profiter. En tout cas, c’est un boxeur qui donne un excellent spectacle. Les gens devraient apprécier.»

Plusieurs défis

Sans constituer un désavantage, grimper de division de poids apporte son lot de défis. «Je l’ai vécu avec Jean Pascal, qui est passé des 168 aux 175, et ça prend quelques combats à s’ajuster, rappelle Ramsay. Il y a beaucoup de choses à calibrer: l’énergie, la force des gars, l’alimentation, etc. Mais je pense que boxer à 160 livres le servira mieux.»

Après une défaite face à Marco Antonio Rubio en combat éliminatoire et une autre, surprise, contre Joachim Alcine en 2011, Lemieux a dû livrer huit combats et patienter trois ans avant de redevenir aspirant à un titre, celui de l’International Boxing Federation. Il a remporté ce titre face à Hassan N’Dam avant de le céder à Golovkin dès son combat suivant.

La route devrait être beaucoup moins longue cette fois-ci, même s’il est davantage craint.

«Nous, on pense juste à Tapia. Mais je ne crois pas que ce sera difficile de trouver des adversaires à 160 livres: il reste encore de très, très bons boxeurs», conclut Ramsay.