Deux «petits» problèmes à régler en F1

La Formule 1 va mieux sur le plan sportif, a confirmé dimanche le Grand Prix de Bahreïn, mais il reste deux problèmes à régler à plus ou moins long terme : le format des qualifications et surtout la gouvernance, évoqués tout le week-end dans les paddocks du circuit de Sakhir.

Même s’il reste 19 Grands Prix à disputer en 2016 et même si Nico Rosberg veut prendre la saison « course par course », on est obligé de se poser la question : cinq victoires d’affilée depuis fin 2015, un moral au beau fixe et une maîtrise totale, l’Allemand de chez Mercedes semble avoir passé un cap au sein de ce qui demeure la meilleure équipe du plateau, avec les meilleures monoplaces.

Ce n’est qu’une impression, mais Lewis Hamilton ne semblait pas bouleversé par ses deux départs ratés à Melbourne et Manama alors qu’il était chaque fois en position de tête au départ. Il n’a que 17 points de retard sur Rosberg, certes, mais il va devoir les rattraper.

Superbe course

Dans la foulée de la 3e place de Sebastien Vettel en Australie, le GP de Bahreïn a été animé par un autre pilote Ferrari, Kimi Räikkönen. Le Finlandais a raté son départ comme Hamilton mais il a ensuite géré parfaitement sa 2e place devant la Flèche d’argent du Britannique, un peu émoussée par un accrochage.

Dans le peloton, Daniel Ricciardo (Red Bull) a encore terminé 4e, montrant que son « package » 2016 (châssis RB12 et moteur Renault) est meilleur que celui de l’an dernier.

La 5e place de Romain Grosjean, après la 6e de Melbourne, dans sa Haas à moteur Ferrari, a ravi les fans de F1, et pas seulement aux États-Unis. Si on ajoute la 6e place de Max Verstappen (Toro Rosso), 18 ans, animateur hors pair, et la 10e de Stoffel Vandoorne (McLaren-Honda), pour ses débuts en F1, cela fait beaucoup de raisons de se réjouir au terme d’une course superbe qui a fait oublier le débat sans fin sur les qualifications.

Depuis le mois de février, c’est le sujet de discussion par excellence dans les paddocks et sur les réseaux sociaux, lancé par le promoteur Bernie Ecclestone : comment modifier le format des qualifications pour ajouter un peu de piquant le samedi et éviter que Mercedes et Ferrari monopolisent les deux premières lignes de la grille de départ

Plusieurs idées ont été évoquées (grille inversée), certaines radicales (le meilleur pilote de chaque écurie participe à la chasse à la position de tête) et d’autres carrément farfelues (tirage au sort partiel le vendredi soir). Bilan provisoire : beaucoup de temps perdu et un message brouillé alors que la saison 2016 est bien partie sur la piste. Prochain épisode jeudi.

Gouvernance

Le débat sur les qualifications illustre une faille dans la gouvernance de la F1 : il faut l’unanimité des 11 écuries, de Bernie Ecclestone et de la Fédération internationale de l’automobile pour modifier le règlement en cours de saison, sauf en matière de sécurité.

Or l’unanimité est impossible à obtenir, même si on y passe des journées entières, car les intérêts sont trop divergents entre les parties concernées. La FIA n’a plus assez de pouvoir pour imposer des changements, regrette son président, Jean Todt. Quant au Groupe stratégique de la F1, qui regroupe six écuries, la FIA et Ecclestone, il est verrouillé par deux constructeurs en position dominante, Mercedes et Ferrari, et ne peut pas disparaître avant 2020.

Le Groupe stratégique est surtout l’instrument qui permet à Ecclestone de rester le maître absolu, à 85 ans, du sport qu’il fait vivre depuis les années 1970, au gré des contrats qu’il signe et des alliances qu’il suggère. Il veut rester le patron, donc la gouvernance attendra.