Pedro Martinez est prêt à investir dans le projet

Pedro Martinez et Tim Raines ont été ovationnés par les dizaines de milliers de spectateurs réunis au Stade olympique pour le premier de deux matchs préparatoires mettant aux prises les Blue Jays de Toronto et les Red Sox de Boston.
Photo: Paul Chiasson La Presse canadienne Pedro Martinez et Tim Raines ont été ovationnés par les dizaines de milliers de spectateurs réunis au Stade olympique pour le premier de deux matchs préparatoires mettant aux prises les Blue Jays de Toronto et les Red Sox de Boston.

Pedro Martinez croit tellement au retour des Expos à Montréal que le membre du Temple de la renommée est prêt à investir dans le projet.

« J’adorerais cela. Tout ce que je pourrais faire pour aider, je le ferai, a-t-il déclaré. Je sais que le désir de revoir un club de baseball est réel et je suis prêt à faire n’importe quoi. Je ne sais pas combien je pourrais investir, mais j’aimerais bien que Montréal retrouve son équipe. »

Il ne sait pas si d’autres anciens Expos seraient prêts à investir dans ce projet, mais il verrait bien un ancien joueur comme Derek Jeter, qui a exprimé le désir de devenir propriétaire d’une équipe, se joindre à lui.

« Je ne peux parler que pour moi-même, mais je pense que si d’autres anciens avaient l’occasion de se joindre au projet, ils le feraient. Ça prendra un groupe de gens spéciaux pour ramener le baseball à Montréal, mais ça peut être fait.Quant à “D.J.”, je n’ai aucune idée de ce qu’il en pense. Mais ça ferait un excellent propriétaire. Ce serait un grand honneur qu’un gars comme Jeter se joigne à moi et au reste du groupe d’éventuels propriétaires. »

Martinez croit que la clé réside en l’engagement du maire envers la construction d’un stade. « Il doit se commettre pour un stade au centre-ville et il doit trouver les gens pour le bâtir. »

Martinez, qui a été honoré en compagnie de Tim Raines avant la rencontre préparatoire remportée 4-2 par les Red Sox de Boston aux dépens des Blue Jays de Toronto, était ravi de se trouver à Montréal.

« C’est un moment que j’attendais depuis 1997. Quand on m’a remis mon trophée Cy Young — le seul dans l’histoire des Expos —, de ne pas pouvoir célébrer cela avec les partisans, ça m’attristait. Cette fois, après tout ce qui m’est arrivé et mon intronisation au Temple de la renommée, je peux dire que c’est ma façon de remettre aux partisans, pour ce qu’ils ont fait pour moi. Les Expos sont l’équipe qui m’a permis de devenir le lanceur que je suis devenu. »

Il a d’ailleurs livré un vibrant plaidoyer en faveur d’un retour du baseball devant les 52 682 spectateurs qui ont assisté à la rencontre.

« C’est comme si j’étais de retour à la maison, a lancé Martinez, qui a remporté le premier de ses trois trophées Cy Young avec les Expos, en 1997. Je peux vous dire une chose ce soir : Montréal est une ville de baseball. […] S’il-vous-plaît, MLB, revenez à Montréal. »

Il en a rajouté en présence des médias.

« À chaque fois que j’ai l’occasion de dire que Montréal est une ville de baseball, je le fais. L’accueil que j’ai reçu ce soir, c’est le genre d’accueil auquel j’ai été habitué au cours de mes années ici. Puis, on leur a volé leur équipe. Quel intérêt y avait-il pour les partisans de se faire voler leurs meilleurs joueurs à chaque occasion ? Alors je suis très excité de voir ça et souhaitons que tout le monde dans le baseball — et tous ceux qui sont prêts à investir dans le baseball — l’ont vu. Je sais de quoi je parle : Montréal est une ville de baseball. C’est toute une affirmation [tous ces partisans pour des matchs préaratoires]. Ça fait trois ans et les partisans ne cessent de se présenter. Ça veut dire, ici et maintenant, que les gens sont prêts à encourager une équipe. »

Ému, Raines a de son côté remercié les partisans avant d’ajouter qu’il souhaitait lui aussi que le baseball revienne dans la métropole.

« Mon plus beau souvenir demeure ma participation au match des étoiles de 1982, présenté ici, en compagnie de Steve Rodgers, Andre Dawson, Gary Carter et Al Oliver. Ensuite, c’est ma première présence dans les Majeures et à mon retour, en 2001, alors que les gens m’ont accordé une ovation debout tout au long de ma présence au bâton. »
 

Un hommage

Les deux hommes ont été honorés en compagnie d’Ellis Valentine, Marquis Grissom et Vladimir Guerrero. Après la présentation d’une brève vidéo relatant leurs exploits, les deux hommes ont effectué un lancer protocolaire.

Martinez a disputé quatre de ses 18 saisons dans le Baseball majeur avec les Expos, de 1994 à 1997, compilant une fiche de 55-33, avec une moyenne de points mérités de 3,06, 20 matchs complets, huit jeux blancs ainsi que 843 retraits sur des prises en 797 manches et un tiers.

Entre 1997 et 2000, il a remporté trois Cy Young et terminé une fois deuxième au scrutin. Au cours de sa carrière de 18 saisons, il a compilé une fiche de 219-100 et une m.p.m. de 2,19 — tout ça en dépit du fait qu’il a évolué pendant l’ère des stéroïdes. Il a été admis au Temple de la renommée du baseball en juillet dernier.

Raines a quant à lui joué 13 de ses 23 saisons à Montréal. Il a complété sa carrière avec une moyenne de, 294/, 385/, 425 à l’aide de 2605 coups sûrs, dont 430 doubles, 113 triples et 170 circuits. Ses 808 buts volés lui confèrent le cinquième rang de tous les temps.

Le voltigeur de gauche en sera en 2017 à sa dernière année d’éligibilité pour une place à Cooperstown. En janvier dernier, il a vu son nom inscrit sur 69,8 % des bulletins, à quelques votes seulement des 75 % nécessaires pour y être admis.

Un plan d’action pour le baseball à Montréal

La Ville de Montréal a dévoilé vendredi le plan d’action 2015-2025 de sa politique baseball, qui comprendra notamment un investissement de 32,1 millions $ au cours des trois prochaines années. Le maire, Denis Coderre, en a fait l’annonce en marge du premier match préparatoire entre les Red Sox de Boston et les Blue Jays de Toronto vendredi au Stade olympique, ainsi que de la présentation du programme «Un été parfait» de Baseball Canada, qui vise à promouvoir la pratique du sport partout au pays.

Le plan d’action comprend trois volets : une aide au développement de la pratique du baseball, l’amélioration des infrastructures ainsi que la construction de deux terrains répondant aux normes internationales afin d’attirer dans la métropole des événements d’envergure, notamment le Championnat mondial des moins de 18 ans.

De ces 32,1 millions, 7 millions ont déjà été investis en 2015 pour la mise à jour de plusieurs terrains de baseball et 11 millions seront consacrés cette année. Les quelque 15 millions restants serviront à identifier deux pôles régionaux où seront construits les deux terrains de calibre international.

Le maire estime qu’après avoir investi beaucoup d’argent dans d’autres sports au cours des dernières années, le baseball avait un peu été laissé pour compte. C’est pourquoi il a mis en place cette politique. « Je pense que c’est un outil de développement qui manquait à Montréal, a-t-il dit. Tous les sports sont importants. On a mis des dizaines de millions dans les terrains de soccer, dans les arénas, dans les terrains de tennis. On va même construire un terrain de rugby. Ce n’est pas rien : on investit 32,1 millions. »

Cette politique servira par ailleurs également au projet à long terme de ramener le baseball majeur à Montréal. Coderre estime que développer l’intérêt pour le baseball « du bas vers le haut » ne pourra qu’aider Montréal quand une expansion ou une relocalisation aura lieu. « Ça fait partie de la stratégie, a souligné le maire. Il faut entretenir la flamme et démontrer notre amour du baseball. Le baseball, c’est beaucoup plus que le retour des Expos. Il s’agit aussi de démontrer que cet outil de développement formidable forme notre jeunesse, amène des passions et développe des joueurs qui peuvent arriver à devenir des joueurs professionnels. »