Les tests antidopage à la baisse en Russie

Puisqu’il n’y a plus d’agence antidopage pour récolter les échantillons et aucun laboratoire pour les analyser, le nombre de tests antidopage réalisés en Russie a chuté jusqu’ici cette année.

L’Agence antidopage de Russie a été suspendue vers la fin de 2015 après qu’une enquête indépendante l’eut accusée d’avoir dissimulé des tests qui s’étaient révélés positifs à des substances interdites. La même enquête, dirigée par une commission indépendante de l’Agence mondiale antidopage sous l’égide du Montréalais Dick Pound, a entraîné la suspension de la Russie de la Fédération internationale d’athlétisme — et par le fait même son hypothétique exclusion des Jeux olympiques de Rio de Janeiro en août prochain.

En vertu de la suspension de son agence nationale, appelée RUSADA, une fenêtre de trois mois s’est créée au cours de laquelle presque aucun test n’a été réalisé. Cette réalité a changé lorsque l’Agence antidopage britannique a été assignée à la collecte des échantillons à compter du 20 février, a précisé la directrice générale par intérim de la RUSADA, Anna Antseliovich, à l’Associated Press.

Certains tests ont tout de même été effectués en Russie pendant cette période, sous la supervision de l’AMA et de fédérations sportives internationales, a mentionmé Antseliovich, mais « il y en a évidemment eu moins ». Elle s’attend d’ailleurs à ce que cette tendance se maintienne par rapport à 2015.

Plusieurs athlètes russes ont échoué à des tests antidopages au meldonium, une drogue qui a été ajoutée à la liste des substances interdites le 1er janvier. Dans la plupart des cas, comme dans celui de la joueuse de tennis Maria Sharapova, il semble toutefois que ces échantillons ont été récoltés lors d’événements tenus à l’extérieur de la Russie.

« Nous n’avons pas les données, parce que le plan de dépistage est conçu par l’UKAD, mais l’accent sera mis sur le dépistage ciblé, a expliqué Antseliovich en entrevue mercredi. Ce n’est pas une question de quantité de tests réalisés, mais bien de qualité. Donc, oui, il y en aura moins, mais nous pouvons espérer en augmenter l’efficacité. »

Les responsables du dépistage se concentreront sur les athlètes des équipes olympique et paralympique russes, tandis que les athlètes de second tiers qui participent par exemple à des compétitions régionales devraient être relativement épargnés.

À la défense de Sharapova

Jeudi, le ministre des Affaires étrangères de la Russie, Sergueï Lavrov, s’est par ailleurs porté à la défense de Sharapova en déclarant que le meldonium n’aurait jamais dû être interdit.

Faisant écho aux commentaires émis par l’inventeur du médicament, Lavrov a confié qu’il s’agit d’« une décision très étrange, selon l’opinion des experts », d’inscrire le meldonium sur la liste des substances prohibées.

« Ces derniers jours, personne n’a empêché les spécialistes d’émettre des commentaires, dont l’inventeur du médicament, a souligné Lavrov sur les ondes du réseau de télévision russe Ren TV. Ils ont expliqué clairement et de manière très professionnelle que ce n’est pas du dopage, mais une méthode normale pour soutenir le corps et ses capacités vitales. »

Le meldonium, un médicament destiné à améliorer le flux sanguin, fut historiquement utilisé par les soldats de l’Union soviétique pour augmenter leur ténacité.