Voile - Le tour du monde en 80 jours

Brest - Le navigateur français Francis Joyon a bouclé sur son trimaran IDEC le premier tour du monde à la voile sans escale et en solitaire en moins de 80 jours, franchissant la ligne d'arrivée devant la rade de Brest hier matin à 7h54.

En terminant sa circumnavigation en 72 jours, 22 heures, 54 minutes et 22 secondes, le skipper de 47 ans a battu de 20 jours le record établi par Michel Desjoyeaux en monocoque pendant la dernière course Vendée Globe (édition 2000-2001). Et il a pulvérisé de plus de 50 jours le précédent record en multicoque établi en 1988-1989 par Olivier de Kersauzon sur le même bateau, alors baptisé Un autre regard.

Parti le 22 novembre sur une ligne de départ tracée entre l'île d'Ouessant (Finistère) et le Cap Lizard (Angleterre), Francis Joyon a parcouru en moyenne chaque jour 372 milles à 15,5 noeuds de vitesse. Pour tenir seul ce rythme pendant 72 jours sur un bateau de 27m de long, le navigateur était équipé de deux pilotes automatiques avec toutes les pièces de rechange, pour s'octroyer quatre heures de sommeil par jour.

Joyon a expliqué au cours d'une conférence de presse à Brest qu'il s'est tout de même accordé du plaisir à la barre, en surfant sur les grandes vagues des mers du Sud à 30 noeuds. Même si, avoue-t-il, «barrer pendant dix heures, c'était parfois trop, car il fallait privilégier le choix des trajectoires».

Parmi les moments forts de son tour du monde, il a cité le Cap Horn, qu'il franchissait pour la première fois. «Je laissais toutes les inquiétudes du grand Sud derrière moi.»

Il a confié que la solitude lui a parfois pesé: «C'est difficile, long et on est vraiment seul». Il communiquait quelques minutes par jour avec les membres de sa famille et un quart d'heure tous les deux jours avec son sponsor et la presse.

Le bateau est revenu pratiquement dans le même état de fraîcheur qu'à son départ. Francis Joyon a dû grimper au sommet de son mât d'une trentaine de mètres pour réparer la tétière, une pièce qui l'empêchait de déployer la totalité de sa grand voile. Il a également subi une petite avarie dans la remontée de l'Atlantique vers la ligne d'arrivée, le percement de son flotteur babord (gauche) qui a ralenti sa vitesse.