Une délégation de réfugiés participera aux Jeux de Rio

Le président du CIO, Thomas Bach, photographié avec de jeunes réfugiés à l’occasion d’une visite dans un camp à Athènes
Photo: Aris Messinis Agence France-Presse Le président du CIO, Thomas Bach, photographié avec de jeunes réfugiés à l’occasion d’une visite dans un camp à Athènes

Athènes — Une équipe de réfugiés participera aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en août prochain et elle défilera derrière le drapeau olympique lors de la cérémonie d’ouverture, a annoncé jeudi le président du Comité international olympique, Thomas Bach, à l’occasion d’une visite dans un camp de migrants à Athènes.

Cette délégation comprendra «des athlètes de haut niveau» qui seront identifiés par le CIO et elle pourrait compter «de cinq à 10 personnes», a précisé M. Bach. Celles-ci paraderont en tant que délégation, en avant-dernière place du défilé avant l’équipe du Brésil.

Il s’agit d’«envoyer un message d’espoir et de confiance aux réfugiés et d’attirer l’attention du monde sur le sort et le problème des 60 millions de réfugiés dans le monde», a expliqué Bach lors d’une conférence de presse.

En conséquence, «la cérémonie d’ouverture sera très symbolique, en particulier pour la Grèce», berceau de l’olympisme. Concluant une visite dans le centre d’accueil d’Éléonas, où sont actuellement hébergés quelque 500 demandeurs d’asile et migrants, il a salué «le travail remarquable» de prise en charge des arrivants effectué par le pays, devenu la porte d’entrée en Europe de l’exode en cours.

Relais de la flamme

Bach a aussi annoncé que le relais en Grèce de la flamme olympique, qui doit être allumée en avril à Olympie, dans le Péloponnèse, passera par le camp d’Éléonas, situé dans un quartier industriel d’Athènes, et qu’un réfugié y participera.

«Nous sommes ici pour montrer notre soutien à ce que fait la Grèce et notre solidarité avec les réfugiés qui souffrent tant», a déclaré Bach, qui s’est entretenu avec plusieurs habitants du camp, notamment un Iranien, Farhad Takallo, qui s’est présenté comme champion de tir et dont le patron du CIO a pris les coordonnées.

Mais s’il a fait part de son espoir de pouvoir s’entraîner en Grèce et s’est déclaré prêt à y demeurer si des occasions lui sont offertes, Takallo a aussi demandé de l’aide à la délégation du CIO pour continuer sa route en Europe, alors que la route des Balkans est fermée depuis novembre aux ressortissants d’autres pays que la Syrie, l’Irak et l’Afghanistan.

«Je veux aller en Allemagne ou ailleurs, pouvez-vous m’aider à passer les frontières de la Macédoine?», a-t-il demandé par le biais d’une interprète à Pere Miro, directeur général adjoint des relations avec le mouvement olympique au CIO. «Nous ne pouvons aider que pour ce qui relève du sport», lui a répondu ce dernier.

Le CIO a déjà indiqué en décembre avoir identifié trois athlètes qui ont fui leur pays dans le cadre de la crise des réfugiés et pourraient prétendre à une qualification pour les Jeux de Rio.

Il s’agit d’«une nageuse syrienne qui s’entraîne en Allemagne, un judoka de République démocratique du Congo réfugié au Brésil et une Iranienne pratiquant le taekwondo qui s’entraîne en Belgique», a-t-on alors précisé.