Un amalgame de joueurs qui se complètent - Vétérans et jeunes loups tenaces chez les Panthers de la Caroline

Un vestiaire «grandeur nature» a été installé dans le centre-ville de Houston au grand plaisir de David Willis.
Photo: Agence Reuters Un vestiaire «grandeur nature» a été installé dans le centre-ville de Houston au grand plaisir de David Willis.

Houston — Bien des gens se demandent comment une formation avec si peu de lustre que les Panthers de la Caroline se retrouve au Super Bowl. Au-delà des analyses sportives, la personnalité et la tenacité de quelques-uns de leurs membres y sont pour beaucoup.

Un bon club est souvent un amalgame de joueurs qui se complètent et qui connaissent sur le plan personnel une saison hors de l'ordinaire. Les Panthers, c'est un peu une équipe de survivants et de nouveaux venus brillants.

Rayon surprises, Jake Delhomme se trouve probablement en tête de liste. Le quart des Panthers natif de la Louisiane est une énigme.

Avec une fiche de 266 passes complétées en 449 tentatives (59,2 %), 19 touchés et 16 interceptions, Delhomme compte parmi les quarts légèrement au-dessus de la moyenne de la NFL.

Quand les Panthers ont fait son acquisition lors de la saison morte, il venait de compléter une autre saison de réserviste avec les Saints de La Nouvelle-Orléans, sa sixième.

Sauf que Delhomme a l'avantage d'avoir deux porteurs de ballon formidables avec Stephen Davis (1444 verges) et DeShaun Foster (429), qui a su prendre la relève de Davis quand ce dernier a été blessé. Opportunisme, certes, et parité aussi.

«Tu ne sais jamais de nos jours dans la NFL, dit Delhomme. Chaque équipe a une chance de gagner. J'ai eu ma chance quand je suis venu ici. Je ne pensais pas nécessairement mener le club au Super Bowl, mais quand tu commences à bien jouer, tu ne sais jamais où tu vas t'arrêter.»

Si Delhomme est la vedette inattendue, John Kasay est un peu le survivant. Le botteur de précision des Panthers a raté toute la saison 2000 à la suite d'une opération au genou. Une hernie l'a limité à seulement deux matchs en 2002.

Pour un botteur qui a commencé sa carrière en 1991, cela aurait pu signifier la fin des émissions. Cette saison, il a brillé avec 32 bottés de précision réussis en 38 tentatives, dont quatre pour la victoire.

«Ce qu'il y a de merveilleux dans ce sport, c'est que tu peux être un héros et un zéro d'une saison à l'autre, parfois, d'un match à l'autre, dit Kasay. Je suis enfin en santé et j'ai connu une bonne saison, comme beaucoup de gars dans ce club.»

Les Panthers, c'est aussi la solidité d'une première ligne de défense qui revendique 38 sacs du quart et l'émergence de deux recrues, le receveur Steve Smith (1110 verges de gains) et le demi de coin Ricky Manning fils (trois interceptions contre les Eagles en finale d'Association), qui n'étaient pas attendues au banquet final.

Cela posé, Smith et Manning ont peu de choses en commun. Smith, 24 ans, affiche un calme et une maturité bien supérieures à son âge. Posé dans l'attitude, mais franc dans le discours, le jeune étonne.

Manning, en revanche, a déjà une attitude d'emmerdeur. Hier, il s'est pointé avec près d'une demi-heure de retard au point de presse, s'y présentant en survêtement crême et avec des bijoux d'un goût douteux.

Plus frimeur que ça, tu te nommes Deion Sanders!