La Russie pourrait admettre une forme de culpabilité

La Fédération russe d’athlétisme envisage de reconnaître en partie ses torts face aux accusations de la commission de l’Agence mondiale antidopage (AMA) dans le but d’éviter d’être bannie de compétitions.

Le président de la fédération, Vadim Zelichenok, a indiqué à l’Associated Press, jeudi, que la Russie est à préparer la réponse qu’elle fournira à l’AMA. Le conseil d’administration de l’IAAF (Fédération internationale d’athlétisme) doit décider vendredi du sort de l’équipe d’athlétisme, menacée d’exclusion aux Jeux de Rio, l’an prochain.

C’est en tout cas la recommandation incluse dans le rapport rendu public lundi, qui a divulgué au grand jour la vaste affaire de système étatisé de dopage impliquant ses athlètes et ses dirigeants.

Le rapport indiquait que Zelichenok avait « refusé de collaborer » avec les enquêteurs.

Même si l’équipe d’athlétisme était bannie, le ministre des Sports, Vitaly Mutko, a fait savoir à l’Associated Press jeudi que le pays n’a pas l’intention de boycotter les prochains Jeux olympiques.

« Jamais, a déclaré Mutko dans un entretien téléphonique. La Russie s’oppose au boycottage. La Russie s’oppose à l’ingérence politique dans le sport, a-t-il continué. Comprenez que la Russie est un fiable partenaire du mouvement international olympique. »

Trois jours après la publication du rapport, Mutko a également fait valoir qu’on ne devrait pas punir l’équipe d’athlétisme au complet parce que ce serait injuste pour les athlètes propres.

« Ce serait cruel pour les athlètes sans reproche. Ça irait à l’encontre de la philosophie même du code d’éthique de l’AMA. La commission elle-même écrit dans son rapport qu’elle veut protéger l’intégrité des athlètes propres. »

Pendant la guerre froide, les États-Unis et ses alliés ont boycotté les Jeux olympiques de Moscou, en 1980, afin de protester contre l’Union soviétique. Quatre années plus tard, les Soviétiques ont rendu la pareille aux Américains, en ne se présentant pas aux Jeux de Los Angeles.

Le gouvernement de la Russie, qui veut mener sa propre enquête, a déboulonné le rapport de l’AMA, déplorant son manque de preuves tangibles.

Mutko a noté qu’il était basé à outrance sur des confidences de sources confidentielles et il a condamné l’inclusion de matériel obtenu à partir d’enregistrements clandestins réalisés par des dénonciateurs, « ce qui viole les droits des accusés ».

Pendant ce temps, à Sotchi, ville hôte des Jeux d’hiver de 2014, des athlètes russes continuent de s’entraîner sous le soleil, jeudi. Plusieurs demeurent optimistes de pouvoir prendre part aux Jeux de Rio, tout en s’interrogeant à savoir pourquoi on n’avait pas étendu l’enquête à d’autres pays.

« C’est [le dopage] répandu partout dans le monde. Pourquoi ces mesures uniquement pour la Russie ? Je ne comprends pas », a commenté Maxim Sidorov, un lanceur de poids qui a pris part aux Jeux de 2012. Il n’y a pas que nous, s’il s’avère, qui font usage de substances illégales. D’autres pays le font. Pourquoi ne sont-ils pas disqualifiés ? »

Par ailleurs, la banque d’état russe VTB a indiqué qu’elle ne renouvellera pas l’entente financière de partenariat avec l’IAAF, qui arrive à échéance cette année. Mais elle a nié que la raison soit liée à l’actuel scandale.

« Nous estimons que nous avons atteint tous nos objectifs. Nous n’envisageons pas d’aller plus loin, a déclaré le président de VTB, Vasily Titov, à l’agence de nouvelles RIA Novosti. La décision n’a absolument rien à voir avec le scandale de dopage. »

 

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