Blatter, Platini et Valke suspendus pour 90 jours

La FIFA a annoncé l’expulsion provisoire pour 90 jours de son président, Sepp Blatter, du président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini, et du secrétaire général de la FIFA, Jérôme Valcke.

Ces décisions ont été prises dans la foulée d’une enquête criminelle entreprise en Suisse à propos de présumées malversations au sein de la FIFA. Elles mettent pratiquement un terme aux espoirs de Platini de succéder à Blatter en tant que président de la FIFA lors de l’élection d’urgence qui aura lieu en février.

Le vice-président de la FIFA, Chung Mong-joon, est quant à lui chassé pour une période de six ans.

Ces suspensions pourraient être prolongées de 45 jours, si nécessaire.

Issa Hayatou, le président de la Confédération africaine de soccer, qui a été réprimandé en 2011 par le Comité international olympique dans un scandale de corruption, sera président par intérim.

Le Camerounais, qui souffre d’une grave maladie aux reins qui nécessite une séance de dialyse quotidienne, se trouve présentement à Yaoundé et devrait se rendre immédiatement à Zurich.

Le président par intérim de l’UEFA, Angel Maria Villar, sera le président de la fédération espagnole de football, qui pourrait également être sanctionné par le comité d’éthique de la FIFA à la suite de l’enquête sur l’octroi des Coupes du monde de 2018 et 2022.

La suspension de Blatter vient ainsi interrompre subitement la carrière de celui qui oeuvre à la FIFA depuis 40 ans, dont 17 à la présidence.

Le mois dernier, les autorités suisses se sont présentées au bureau de Blatter au quartier général de la FIFA et l’ont interrogé. L’enquête criminelle porte essentiellement sur le versement de 2 millions qu’aurait fait Blatter à Platini, qui a été interrogé en tant que témoin.

Blatter a aussi été interrogé par les enquêteurs suisses sur les contrats de télédiffusion qui auraient été octroyés à l’ex vice-président de la FIFA Jack Warner en 2005 — et dont la valeur aurait été sous-estimée.

L’avocat de Blatter, Richard Cullen, a déclaré que le comité d’éthique avait échoué dans sa tentative de suivre la procédure et qu’il avait pris sa décision en se fiant sur « un imbroglio ».

« Le procureur général en Suiss a ouvert une enquête mais n’a déposé aucune accusation contre le président », a dit Cullen par voie de communiqué. En fait, les procureurs seront obligés par la loi d’abandonner le dossier si leur enquête, qui n’a été déclenchée qu’il y a deux semaines, ne trouve pas de preuves suffisantes pour déposer des accusations.

« Le président Blatter a hâte d’avoir l’opportunité de démontrer qu’il n’a pas commis de méfait, d’acte criminel ou tout autre geste qui contreviendrait à la loi. »

Pour sa part, Platini a réagi par voie de communiqué quelques heures après l’annonce de sa suspension, déclarant qu’il « contestera la décision de la manière appropriée au moment opportun ».

Platini a ajouté que « je veux que chacun connaisse mon état d’esprit : plus qu’un sentiment d’injustice ou un désir de vengeance, je suis motivé par un profond sentiment de contestation farouche. Je suis plus déterminé que jamais à me défendre devant les instances judiciaires compétentes ».

La suspension imposée à Platini risque d’infliger à cette légende du soccer français des dommages irréparables à ses intentions de briguer à la succession de Blatter, en février prochain.

Chung, un ex-vice-président de la FIFA, a été reconnu coupable d’avoir enfreint la loi dans le dossier de la candidature ratée de la Corée du Sud pour l’obtention de la Coupe du monde de 2022. Valcke avait déjà quitté ses fonctions le mois dernier après avoir fait l’objet d’allégations relatives à la vente de billets sur le marché noir pour les matchs de la Coupe du monde de 2014.

L’UEFA appuie Platini

En fin de journée jeudi, le comité exécutif a exprimé sa « pleine confiance » en Platini, en dépit de sa suspension pour 90 jours. Défiant ainsi la FIFA, l’UEFA a déclaré qu’elle n’enclencherait pas le processus pour nommer son vice-président Villar à titre de président de l’organisation.

L’UEFA a déclaré qu’elle a pris cette décision parce que « le comité exécutif de l’UEFA est au fait que le président de l’UEFA prendra immédiatement toutes les mesures nécessaires pour interjeter appel de la décision du comité d’éthique de la FIFA pour blanchir sa réputation ».

La déclaration de l’UEFA a souligné que le comité exécutif « avait exprimé sa totale confiance » en Platini et qu’il se réunirait de nouveau jeudi prochain à Nyon. Les 54 associations membres de l’UEFA se rencontreront au quartier général de l’UEFA la même journée.