Quatre commanditaires majeurs de la FIFA demandent la démission de Sepp Blatter

Les commanditaires majeurs de la FIFA Coca-Cola, McDonald’s, Budweiser et maintenant Visa ont demandé la démission immédiate de Sepp Blatter de son poste de président de l’organisation qui chapeaute le soccer sur la planète.

L’intervention de ces entreprises survient une semaine après que le président de la FIFA soit devenu l’objet d’une enquête criminelle déclenchée par les autorités suisses.

Elles demandent « au président de la FIFA Joseph Blatter de démissionner immédiatement de sorte qu’un processus de réforme crédible et durable puisse enfin être lancé ».

Blatter « refuse respectueusement » de se plier aux demandes des commanditaires, a indiqué l’avocat du président, Richard Cullen, par voie de communiqué.

« [Il] croit fermement que s’il quitte ses fonctions maintenant ce ne sera pas dans le meilleur intérêt de la FIFA, ni dans celui du processus de réforme, et en conséquence il refuse de démissionner », a dit Cullen.

Coca-Cola, qui place de la publicité dans chacun des stades de la Coupe du monde depuis 1950, a ajouté « que chaque jour qui passe, l’image et la réputation de la FIFA continuent de se ternir. La FIFA a besoin d’une réforme efficace et urgente, qui ne pourra être accomplie qu’en adoptant une approche véritablement indépendante ».

Cet appel a trouvé écho chez McDonald’s, qui agit à titre de commanditaire des Coupes du monde depuis 1994.

« Les événements survenus au cours des dernières semaines ont continué de ternir la réputation de la FIFA et la confiance du public dans son leadership, a commenté la chaîne de restauration rapide par voie de communiqué. Nous estimons que c’est dans le meilleur intérêt de la discipline que le président de la FIFA Sepp Blatter démissionne immédiatement afin que le processus de réforme puisse commencer en ayant la crédibilité nécessaire. »

Un autre coup dur est venu de Visa, qui a une entente avec la FIFA jusqu’en 2022 pour les Coupes du monde.

« Nous croyons qu’aucune réforme significative ne puisse se mettre en branle avec le leadership actuel à la FIFA, a expliqué Visa. Et en raison des événements de la dernière semaine, il est clair qu’il est dans le meilleur intérêt de la FIFA et de la discipline que Sepp Blatter démissionne immédiatement. »

Un quatrième communiqué a suivi du brasseur Anheuser-Busch InBev, dont la marque Budweiser a tapissé les stades de la Coupe du monde depuis 1986 et dont l’entente actuelle arrive à échéance en 2022.

« Il serait approprié pour M. Blatter de démissionner, car nous considérons sa présence comme étant un obstacle au processus de réforme », pouvait-on lire dans le document de la multinationale.

Les femmes à la FIFA

Dans un communiqué émis un peu plus tôt vendredi, Blatter a demandé aux dirigeants des diverses organisations qui chapeautent le soccer à travers la planète d’embaucher plus de femmes dans des postes clés, sans toutefois aborder l’enjeu de sa présidence.

Blatter a dit aux dirigeants de la FIFA plus tôt cette semaine qu’il était déterminé à demeurer au pouvoir jusqu’à l’élection présidentielle de février, en dépit du fait qu’il soit sous enquête dans le scandale de corruption qui secoue son organisation.

Blatter s’est adressé aux médias par l’entremise de ses avocats, plutôt que d’utiliser les canaux de communication traditionnels de la FIFA, afin d’émettre ce commentaire lundi dernier.

C’était une journée comme les autres pour le président âgé de 79 ans vendredi, puisqu’il a repris sa chronique dans le magazine de la maison où il a discuté d’un programme pour les femmes dévoilé par la FIFA à Zurich cette semaine.

« Le football est encore dominé par les hommes, a souligné Blatter dans FIFA Weekly. Il est de notre devoir de changer ça. Les femmes doivent avoir l’impression qu’elles ont les mêmes chances que les hommes de réussir dans le football. »

« La FIFA, les confédérations et nos autres associations membres doivent rompre ce cycle qui permet aux hommes d’avoir beaucoup plus facilement accès au pouvoir. Ce n’est pas seulement un devoir moral. »

Blatter a ajouté que « des preuves irréfutables démontrent que les organisations qui sont représentées de façon équitable par les deux sexes prennent de meilleures décisions et génèrent de meilleurs résultats ». Il n’y a présentement aucune prétendante dans la course à la succession de Blatter pour l’élection du 26 février prochain.


 
2 commentaires
  • Yvon Bureau - Abonné 3 octobre 2015 09 h 42

    L'argent,

    c'est le pouvoir.

    • François Dugal - Inscrit 3 octobre 2015 14 h 39

      Proverbe américain : Money Talks