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Claude Julien refuse de pavoiser après un an avec le Canadien

Encensé de toutes parts à la tête d'une équipe qui a amassé 16 points à ses 10 derniers matchs, Claude Julien refuse de pavoiser au moment où on souligne le premier anniversaire de son engagement avec le Canadien, survenu le 17 janvier dernier.

«C'est difficile d'évaluer mon travail parce que je n'ai pas encore une saison complète», a-t-il dit hier.

Pour lui en effet, la saison dernière a d'abord constitué une période d'adaptation à ses joueurs et à la Ligue nationale. De leur côté, a-t-il noté, les joueurs ont dû s'adapter à lui.

«Cette adaptation a vraiment aidé. Dès le camp d'entraînement cette fois, je connaissais les joueurs et les équipes de la Ligue nationale, et j'ai pu vraiment faire ce que je voulais à partir du premier jour. Je suis vraiment plus à l'aise, avec l'aide d'André Savard, qui m'a donné ma première chance.»

Le secret du succès

S'il n'a pas voulu dresser de bilan, Julien a accepté de dire ce qu'il a le plus apprécié.

«C'est surtout le fait que l'équipe a acheté le système qu'on a vendu. J'ai aussi aimé l'éthique de travail et que les joueurs se soutiennent. J'ai toujours dit que je voulais qu'on soit perçu pour une équipe difficile à affronter, a-t-il répété comme un leitmotiv. Le mot se passe à travers la ligue et on veut que ça devienne encore plus difficile.»

Pour Julien, le secret du succès pour un entraîneur est de conserver ce qu'il a appelé «la ligne fine entre le respect des joueurs et l'autorité».

«Si tu peux garder cette ligne, a-t-il ajouté, tu peux survivre. Les joueurs veulent être repectés mais, en même temps, l'entraîneur doit être une figure autoritaire. C'est une ligne fine très délicate.»

Jeunes et vétérans

Julien a connu du succès en faisant vraiment confiance aux jeunes, ce qu'on n'avait pas vu depuis longtemps à Montréal. À la décharge des entraîneurs qui l'ont précédé, ils avaient peut-être moins de talent à leur disposition.

«L'organisation a décidé qu'on devait donner la chance à des jeunes, a encore expliqué Julien. Je suis un entraîneur qui travaille pour une organisation et si celle-ci veut faire confiance à de jeunes joueurs, je vais travailler dans la même direction. En même temps, je connaissais bien les jeunes qui sont arrivés et on peut même inclure Mike Ribeiro, qui n'avait pas joué régulièrement. Je les connaissais assez bien pour avoir une certaine confiance en eux.»

S'il a fait confiance aux jeunes, Julien n'a pas craint d'envoyer Yanic Perreault, Stéphane Quintal, et même Ribeiro, dans les gradins.

«Ce n'est jamais facile. On a un respect pour ces vétérans-là et le nombre d'années qu'ils ont passées dans la Ligue nationale. Mais comme je l'ai dit aussi, la priorité pour l'organisation cette année est de faire ce qu'il y a de mieux pour améliorer l'équipe. Il y a parfois des décisions difficiles à prendre, mais j'ai quand même toujours pris le temps de discuter avec les joueurs et d'être le plus clair possible.

«Mais comme disait Scotty Bowman, peu importe ce qu'on dit à un joueur, s'il ne joue pas, on n'a jamais raison. Mais on montre du respect au joueur en lui donnant une explication.»

Sa relation avec Gainey

Julien a complété son point de presse en étant interrogé sur son directeur général Bob Gainey.

«Dès notre première rencontre, le jour même de son engagement, je me suis senti bien à l'aise avec lui, a-t-il raconté. C'est sa personnalité qui permet ça. Il est très calme. Il va suggérer des idées mais il veut absolument que je sois à l'aise et que je sois moi-même. C'est ça qui est important.

«J'avais aussi une bonne relation avec André [Savard], que je connaissais depuis longtemps. Là où j'ai été chanceux, c'est que lorsque les changements ont été effectués, j'ai pu développer une bonne relation également avec Bob.»