La lutte entre Mercedes et Ferrari reprend de plus belle en Belgique

Le duel entre l’écurie Mercedes-AMG, championne du monde en titre, et la Scuderia Ferrari, en plein renouveau, reprendra dimanche au Grand Prix de Belgique après un mois de trêve estivale pour les acteurs de la Formule 1.

C’est sur le circuit de Spa-Francorchamps que le championnat 2014 a basculé, quand Nico Rosberg a accroché son coéquipier Lewis Hamilton en début de course. Très critiqué ensuite, l’Allemand ne s’en est pas remis et le Britannique s’est vengé. Un an plus tard, léger changement de décor: le retour de Ferrari aux avant-postes est en train de relancer, du moins en apparence, une F1 qui continue à se poser des questions sur son avenir.

Comme chaque détail compte dans un tel combat de titans, la Scuderia n’a pas attendu Monza, début septembre, pour annoncer qu’elle conserverait Kimi Räikkönen aux côtés de Sebastian Vettel en 2016. Le patron de Ferrari, Maurizio Arrivabene, a signé mercredi un communiqué de trois lignes: «Iceman» reste et la presse italienne devra chercher de nouveaux sujets de préoccupation.

Interrogé jeudi en conférence de presse sur sa relation amicale avec Vettel, Räikkönen a déclaré: «Je le connais bien et nous avons de très bonnes relations. On se fait des compliments réciproques et on est très proches dans le travail. On essaie de se battre sur la piste mais on reste amis comme avant. Il y a beaucoup de respect dans cette équipe.»

La prolongation de contrat de Räikkönen tombe plutôt bien car le Finlandais peut quasiment être considéré comme le maître des lieux à Spa: quatre victoires sur le toboggan des Ardennes (2004, 2005, 2007, 2009) contre deux pour Vettel (2011, 2013) et une seule pour Hamilton (2010).

«Nous sommes conscients que les autres équipes travaillent très dur et nous n’arrivons jamais sur un circuit en pensant que nous sommes supérieurs», a dit Hamilton jeudi. Il a aussi reconnu que «Ferrari a l’air en forme» et prévu qu’il allait devoir se «bagarrer» encore ce week-end.

L’impossible possible

Avant de partir en vacances, Vettel a remporté un GP de Hongrie complètement fou, hommage déjanté au regretté Jules Bianchi. Il a ensuite dit qu’il souhaitait «rendre l’impossible possible» et entretenir le suspense jusqu’à la fin de cette saison 2015. Face aux Flèches d’argent de Hamilton et Rosberg, il s’agit d’un sacré défi, mais le quadruple champion du monde possède quelques atouts dans son jeu, notamment un moteur en progrès constant.

Pour les amateurs de statistiques et les partisans de la Scuderia, ce rendez-vous belge aura aussi une signification particulière: il s’agira du 900e Grand Prix disputé par des monoplaces arborant le célèbre cheval cabré depuis 1950. Raison de plus de faire une belle course.

Sur papier, deux écuries semblent capables de perturber le duel Mercedes–Ferrari, ou au moins de viser le podium: Williams, bien aidée par ses moteurs Mercedes, et Red Bull, si ses moteurs Renault tiennent le coup. Daniel Ricciardo a gagné l’an dernier à Spa et Daniil Kvyat vient de monter sur son premier podium de F1 à Budapest. Sur le circuit préféré des pilotes, ils vont pouvoir faire étalage de leur talent.

Comme c’est la rentrée des classes, tout le monde a pris de bonnes résolutions, même les cancres. McLaren-Honda se croit capable de revenir durablement dans le top 10, comme en Hongrie, et l’annonce haut et fort. Il faudra qu’il pleuve souvent lors des neuf manches qui restent, pour faciliter un peu le travail des hommes de Ron Dennis, à commencer par Fernando Alonso, qui n’a jamais gagné à Spa, et Jenson Button.

La météo, c’est justement l’un des facteurs-clés dans les Ardennes belges, car elle complique souvent les stratégies et favorise les pilotes d’expérience. Elle peut aussi jouer en faveur des débutants, mais c’est plus rare. Ce sera l’espoir de tous les fans néerlandais attendus à Spa pour soutenir le prodige de Toro Rosso Max Verstappen, 17 ans, Belge par sa mère. Il a fini 4e en Hongrie dans une course digne des annales de la F1. Ça promet pour la suite.