Coupe Rogers: Raonic perd la bataille des services

Jo-Wilfried Tsonga
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Jo-Wilfried Tsonga

Il ne reste plus qu’un Canadien au tableau du simple masculin de la Coupe Rogers, et ce n’est pas Milos Raonic.

Dans un duel attendu sur le court central du stade Uniprix, mais qui en aura laissé plusieurs sur leur appétit, Raonic a baissé pavillon en deux manches, 7-6 (1), 7-6 (1) face au Croate Ivo Karlovic lors d’un match de deuxième tour, mardi soir.

Comme prévu, les deux joueurs ont multiplié les as, surtout Karlovic qui en a amassé 22, dont le 10 000e de sa carrière. Le Croate a réalisé son exploit lors du septième jeu de la deuxième manche, à l’aide d’une bombe de 214 km/h.

Karlovic est devenu seulement le deuxième joueur à réaliser pareil tour de force, après Goran Ivanisevic, un autre Croate dont la carrière s’est échelonnée de 1988 à 2004. Ivanisevic en a accumulé 10 183, mais il a joué quelque 400 matchs de plus que son compatriote.

Karlovic a été intraitable au service. En plus de tous ces as, il n’a fait face à aucune balle de bris et affiché un taux de réussite de 75 pour cent sur ses premières balles. De son côté, Raonic n’a pas eu la même efficacité. Il a été limité à 12 as, a commis six doubles fautes et a fait face à 10 balles de bris qu’il a réussi à sauver grâce à quelques-uns de ses meilleurs coups de la soirée.

Raonic était évidemment déçu de s’incliner devant le public canadien, et il a assuré que la blessure au pied droit qui l’a ennuyé au cours des quatre derniers mois n’a pas été en cause mardi soir.

« Il a en général mieux joué que moi, et on a vu la différence dans les bris d’égalité. J’aurais aimé pouvoir faire mieux aujourd’hui, et me donner une chance de m’améliorer. Mais les choses sont ce qu’elles sont. Une semaine difficile ne signifie pas que la suivante le sera. Il s’agit de renverser la vapeur. »

Plus qu'un Canadien

C’est donc dire que Vasek Pospisil est le seul Canadien toujours en lice, après sa victoire par un score de 6-4, 6-3 contre le Taïwanais Yen-Hsun Lu en fin d’après-midi mardi.

Au prochain tour, il reverra l’Américain John Isner, qui a eu besoin de trois manches pour se défaire de l’Allemand Benjamin Becker, 6-4, 6-7 (6), 6-3, grâce à une récolte de 23 as. Il s’agira du premier match de la session de soirée, sur le court central, mercredi.

Les deux joueurs se reverront puisqu’ils se sont affrontés à Washington la semaine dernière. Isner l’avait emporté 6-4, 7-6 (6). Il s’agira du cinquième duel entre Isner et Pospisil, chaque joueur ayant signé deux victoires. Et il s’agira d’un deuxième rendez-vous à Montréal, où Pospisil a battu l’Américain de 6 pieds 10 pouces en trois manches, en 2013.

« Je l’ai affronté suffisamment souvent pour avoir une bonne idée de ce à quoi m’attendre, a fait remarquer Pospisil. J’imagine qu’il peut dire la même chose. C’est donc un duel qui peut aller d’un côté comme de l’autre. Je vais tenter de me servir de l’appui de la foule autant que possible, et servir avec efficacité. C’est la clé, bien sûr. »

Isner a atteint les finales des deux derniers tournois auxquels il a participé, et Pospisil pense qu’il pourrait s’agir d’un avantage.

« Il a joué beaucoup de tennis et quelques matchs de trois sets. Il ne peut être totalement frais et dispos. Mais d’un autre côté, je suis sûr qu’il sera confiant, car il a gagné beaucoup de matchs », a observé le Canadien.

La victoire de Pospisil a fait suite aux défaites de Filip Peliwo et de Philip Bester lundi, et de celle de Frank Dancevic, qui s’est incliné en fin d’après-midi mardi, 6-2, 6-4 devant l’Espagnol Pablo Andujar, 48e joueur mondial.

Dancevic, 251e au classement, a été erratique au service, commettant cinq doubles fautes comparativement à deux as. Il a également été victime de trois bris de service et a raté ses deux occasions de briser celui d’Andujar.

Djokovic passe au 3e tour

Le Serbe Novak Djokovic est tellement bon et tellement populaire que même le soleil n’a pas voulu manquer sa première prestation sur le court central du stade Uniprix, mardi soir.

Après la pluie, qui a provoqué un retard de 90 minutes dans le début des hostilités avant de faire place à des nuages menaçants et un vent parfois capricieux, la royauté du tennis masculin s’est présentée sous un ciel calme et ensoleillé, et a mérité son billet pour le troisième tour de la Coupe Rogers.

Sans livrer la plus grande performance de sa carrière, Djokovic a gagné les points importants en route vers une victoire en deux manches contre le Brésilien Thomaz Bellucci, 6-3, 7-6 (5).

Djokovic a mis fin au duel à sa troisième balle de match, lorsque Bellucci a expédié un revers au-delà de la ligne de fond.

Après sa victoire, il a salué la foule en écrivant « Bonsoir Montréal » sur la lentille de la caméra, en français. Et il a aussi répondu dans la langue de Molière aux questions de l’analyste Hélène Pelletier, de RDS, affirmant qu’il lui faisait plaisir de revenir dans une ville et dans un tournoi qu’il considère « très spéciaux ».

Lui qui en était à un premier match sur surface dure depuis le mois de mars, Djokovic s’est dit satisfait de sa prestation.

« À cause de la pluie, j’ai trouvé les conditions lourdes et lentes, et ça favorisait beaucoup Bellucci. Mais il faut lui donner le crédit pour avoir joué avec aplomb. Il n’a jamais abandonné, il a retourné beaucoup de balles et il a bien servi », a d’abord analysé Djokovic.

Djokovic reprendra le collier jeudi alors qu’il affrontera le vainqueur du match opposant l’Américain Jack Sock et le Bulgare Grigor Dimitrov.

Le dernier match de la soirée, entre le Britannique Andy Murray, troisième joueur mondial et deuxième tête de série, et l’Espagnol Tommy Robredo a été suspendu à cause de la pluie. Le score était alors de 4-4 et de 40-30, avec Murray au service.