Quand l’ordinateur se prend pour un arbitre

Se trouvant à environ 90 pieds du marbre, Eric Byrnes surveille l’écran d’ordinateur qui lui indique exactement l’annonce à faire à la foule éparse qui assiste à un match d’une ligue de baseball indépendante en Californie.

« Prrrise, coin extérieur… »

« Balle. »

« Troisième prise, retiré ! »

Pour la deuxième soirée d’affilée mercredi, l’ordinateur Supermicro installé dans une camionnette tout près et supervisé par l’ancien voltigeur des ligues majeures a indiqué les balles et les prises à la place d’un arbitre humain dans ce qu’on croit être une première dans le baseball professionnel.

Les Admirals de Vallejo, l’équipe visiteuse, et les Pacifics de San Rafael étaient emballés de se prêter au jeu de la technologie novatrice Pitchf/x, élaborée par l’entreprise Sportvision qui a ses pénates à Fremont, en Californie.

La zone des prises est divisée en neuf petits carrés et une lumière jaune s’allume quand le tir du lanceur en touche un. Byrnes relaie ensuite l’information aux joueurs et au public.

Trois caméras enregistrent la vélocité, la trajectoire et l’emplacement du tir du lanceur afin de déterminer combien celui-ci est proche de la cible donnée par le receveur.

Byrnes est un partisan de longue date de la zone des prises automatisée parce qu’il estime que cela favorise la transparence tout en modifiant à peine le jeu. « À mon avis, cela enlève toutes les injustices », dit-il, ajoutant qu’il aurait affiché une moyenne au bâton supérieure à, 258 dans le baseball majeur si on avait utilisé la technologie.

Wayne Acerogiles, l’arbitre au marbre mercredi, verrait d’un bon oeil qu’on refile les « décisions » de l’ordinateur à l’officiel à l’aide d’un transmetteur afin qu’il continue de les annoncer.

« Ça me semble être une très bonne technologie. On pourrait l’essayer, mentionne le receveur des Pacifics Ricky Gingras. Il faudrait voir combien les gens aiment ça et la développer. C’est pas mal cool. »

« Le rythme était difficile, et c’était délicat pour les frappeurs », a toutefois fait valoir un autre arbitre, Eric Thompson, au sujet de l’expérimentation. « Nous avons du plaisir à être sur le terrain. Si on nous remplace par des robots, nous ne serons plus sur le terrain et nous n’aurons plus de plaisir. C’est amusant d’argumenter dans le feu de l’action. »

Le quatuor d’arbitres a tout de même trouvé l’expérience enrichissante, et ils sont allés serrer la main de Byrnes à la fin du match en lui offrant leur soutien pour la suite des choses.