Spieth à une ronde d’entrer dans l’histoire

L’américain Jordan Spieth
Photo: Adrian Dennis Agence France-Presse L’américain Jordan Spieth

Saint Andrews — L’Américain Jordan Spieth, vainqueur du Masters et de l’US Open, va attaquer le dernier tour de l’Open britannique, lundi, avec un double objectif : gagner un troisième titre majeur d’affilée et entrer dans l’histoire du golf.

« Je suis en roue libre en ce moment. Je vais jouer pour gagner et pour une place, non pas la troisième, mais la première », a affirmé avec assurance le Texan de 21 ans après avoir rendu un excellent 66 dimanche sur le Old Course enfin inondé de soleil après le déluge de vendredi et les vents violents de samedi.

Un coup de retard

 

Avec un total de 205, il n’a juste qu’un coup de retard sur le trio de tête composé de l’Irlandais Paul Dunne, du Sud-Africain Louis Oosthuizen et de l’Australien Jason Day.

« Alors, je vais produire mon jeu habituel avec patience, pour rester dans l’ambiance. Si tout ne se mettait en place au début, je vais quand même continuer à dérouler mon jeu et essayer de prendre la tête. Je vais devoir me montrer agressif », a ajouté le jeune Américain, qui comptait cinq coups de retard sur le leader après le deuxième tour, fortement perturbé par le mauvais temps.

En cas de victoire, Spieth rejoindra son compatriote Ben Hogan, seul golfeur à avoir réussi un tel exploit en 1953. Il sera aussi le premier à pouvoir prétendre réaliser le Grand Chelem calendaire avant la dernière étape au Championnat PGA.

Ce serait alors une performance exceptionnelle que ni Jack Nicklaus (18 titres majeurs), ni Tiger Woods (14 majeurs), auquel il est comparé, n’avaient réussie du temps de leur splendeur.

« Je ne veux pas terminer troisième, je veux gagner. Et donc, je vais garder mon approche et tenter de rester au plus fort de la lutte, si tout ne va pas bien au début. Et si tout va bien, je vais maintenir cette cadence pour essayer de prendre les devants. Ce sera difficile. »

Plus jeune professionnel sur le terrain, Spieth a paru calme malgré le moment historique qui l’attend au détour.

Son objectif, au début de la compétition, était de traiter l’Omnium britannique comme n’importe quel autre tournoi qu’il tente de gagner. Même pendant le long délai, samedi, il dit que ses pensées ne sont pas allées vers la possibilité de boucler le Grand Chelem. Mais il ne pourra y échapper, maintenant, et Spieth ne considère pas qu’il s’agisse d’un problème.

« Si j’ai une chance dans le dernier droit, si elle se présente, je vais l’accueillir de façon positive. Pour moi, ce n’est pas une situation négative. En fait, c’est presqu’un avantage. Pourquoi est-ce que ça entraînerait plus de pression négative ? »

Un amateur en tête

 

Paul Dunne, un amateur de 22 ans, risque d’être un peu tendre au moment de putter pour la victoire. « C’est surréaliste : je suis leader de « The Open » ! Mais je sais aussi que j’ai réalisé ces trois scores. J’espère pouvoir rééditer ma performance demain », a commenté l’Irlandais.

Louis Oosthuizen, 32 ans, est à surveiller de plus près, d’autant qu’il possède la culture de la victoire comme lors de son seul succès en Grand Chelem en 2010, à l’Open britannique justement.

Pour la deuxième fois seulement depuis sa création en 1860, le « British » se terminera lundi à cause des mauvaises conditions climatiques vendredi et samedi.

Poursuivants

 

Outre Spieth, quatrième après une solide ronde de 66, la meute de poursuivants inclut le vétéran Padraig Harrington (65), seul au cinquième rang à un coup du prodigieux Texan. Elle réunit aussi Sergio Garcia (68), Justin Rose (68), Retief Goosen (69), Adam Scott (70) et Zach Johnson (70), tous postés à trois coups de la tête parmi un groupe de neuf joueurs.

Alors que Garcia espère encore ajouter son nom, un jour, à la prestigieuse liste de gagnants de tournois majeurs, les quatre autres ont tous réussi le tour de force au moins une fois en carrière.

Des 80 golfeurs ayant pris le départ dimanche, seulement 11 ont joué au-dessus de la normale, dont Dustin Johnson, le meneur après le deuxième parcours, et l’Écossais Paul Lawrie.

Johnson a connu, en fait, l’une des pires rondes de la journée, se contentant d’un score de 75 qui lui confère un total de 209, cinq coups derrière les trois meneurs. Alors que ses rivaux additionnaient les oiselets, Johnson n’en a obtenu qu’un seul, au 15e trou, et il a terminé son parcours avec trois bogueys consécutifs.

« Je vais devoir connaître une ronde hors de l’ordinaire pour espérer gagner, a admis Johnson. En ayant un bon départ, qui sait ce qui peut arriver. Tout est possible. »

« Je n’ai pas le sentiment d’avoir si mal joué, a-t-il plus tard mentionné. Je ne suis tout simplement pas parvenu à caler mes roulés. J’avais l’impression d’effectuer de bons roulés, mais ils ne tombaient pas dans la coupe. Il n’y a pas grand-chose à faire face à cela. »

Double boogey coûteux

 

Quant à Lawrie, il a été victime d’un coûteux double boguey au 17e trou, et il accuse un retard de six coups sur le sommet.

Seul Canadien toujours en lice, Graham DeLaet a réussi cinq oiselets, en route vers une troisième ronde de 68, et un total de 212.

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