Jordan Spieth sous les feux de la rampe à l’Omnium britannique

Jordan Spieth
Photo: Jon Super Associated Press Jordan Spieth

Personne ne pouvait échapper à la tempête Jordan Spieth lundi matin, même s’il n’était pas encore arrivé à St Andrews, où il poursuivra dans quelques jours sa quête du Grand Chelem de golf.

Derrière l’aire d’entraînement du mythique club écossais, un réseau de télévision britannique a parlé avec tous les joueurs qui ont accepté de s’arrêter. Après quelques questions d’usage sur la météo — le temps était frais et nuageux — et l’Old Course — en parfaite condition —, le reporter allait droit au but.

Quelles sont les chances de Spieth?

 

«Les probabilités ne sont pas en sa faveur», a répondu le Danois Soren Kjeldsen, à qui l’histoire tend à donner raison.

Spieth est le quatrième joueur depuis 1960, année au cours de laquelle Arnold Palmer a soumis l’idée du Grand Chelem moderne, à remporter les deux premiers tournois majeurs de la saison, le Tournoi des Maîtres et l’Omnium des États-Unis. Les trois autres ont été stoppés à l’Omnium britannique: Palmer (1960) et Jack Nicklaus (1972) ont terminé à un coup du vainqueur, tandis que Tiger Woods a été balayé par le vent et la pluie en troisième ronde à Muirfield en 2002, remettant une carte de 81.

L’Américain de 21 ans n’a fait qu’ajouter à cet engouement en gagnant la Classique John Deere ce week-end, sa quatrième victoire de la saison.

Après avoir emprunté un vol nolisé de l’Illinois avec d’autres joueurs ayant participé au tournoi, Spieth est arrivé en Écosse autour de 10 h 30. Quelques heures plus tard, il s’est rendu à St Andrews pour une petite réception.

Spieth et son gérant ont alors dû traverser un groupe d’une centaine de partisans qui ont fait le pied de grue près de l’entrée du salon des joueurs pour obtenir son autographe. Il a signé tout ce qu’on lui a présenté, au grand plaisir des gens sur place.

Nick Faldo s’est ensuite approché pour lui souhaiter la bienvenue avant que quelques partisans le félicitent pour sa saison. Pas tout à fait la Tigermanie ou la Rorymanie.

Il gagne, c’est tout

Mais Spieth est encore jeune.

 

Son jeu court, particulièrement ses coups roulés, font l’envie de tous sur le circuit en ce moment. Mais il n’a pas la puissance d’un Rory McIlroy, pas plus qu’il n’a encore réussi des coups magiques dont tout le monde parle encore des années plus tard.

Il ne fait que rapporter des cartes à bas pointage. Et gagner.

«Il vous bat avec du meilleur golf, indique l’Australien Geoff Ogilvy. Pas parce qu’il frappe plus fort ou plus loin. Tiger intimidait ses adversaires en réussissant toujours quelque chose d’incroyable. Jordan vous bat parce qu’il est tout simplement meilleur.»

On a demandé à Ogilvy s’il éprouverait des sentiments différents en disputant une ronde finale en compagnie de Spieth en comparaison d’avec Woods ou McIlroy.

«Ce serait différent, mais ce ne devrait pas l’être, a-t-il poursuivi. Avec Rory, c’est plus intimidant car vous savez qu’il va frapper la balle 30 verges plus loin que vous toute la journée et qu’il semble meilleur que vous. Jordan n’a pas l’air meilleur que vous. Mais ce qu’il a accompli dernièrement prouve qu’il est meilleur que tout le monde — enfin, peut-être tout le monde sauf Rory.»

McIlroy absent

 

Cela est maintenant à la portée de Spieth. Avec sa récente victoire, il est encore plus près de son objectif, soit devenir no 1 au monde, lui qui occupe actuellement le 2e rang au classement de la PGA. Il doit gagner l’Omnium britannique s’il veut accéder au plus haut échelon dès cette semaine; McIlroy ne participera pas au tournoi en raison d’une blessure à la cheville gauche.

«Ce qu’il accompli est phénoménal, a déclaré Faldo. Et il est confiant. Il voit le bon coup à faire et il ne cesse de le réussir. Quand vous arrivez à accomplir cela, il y a un effet d’entraînement. C’est ce qu’il fait.»

Après sa victoire à l’Omnium des États-Unis, plusieurs se sont demandé si Spieth se rendrait en Écosse plus tôt, mais il n’y a même pas pensé une seconde. Il souhaitait participer au tournoi où il a signé sa première victoire et le décalage horaire était le cadet de ses soucis. Il n’était pas intéressé à changer sa routine pour la possibilité de disputer une ronde d’entraînement supplémentaire ou deux sur le plus vieux parcours du monde.

Le vénérable Royal Ancient Golf Club of St Andrews a jumelé Spieth à Dustin Johnson et Hideki Matsuyama pour les deux premières rondes. Johnson a raté un roulé de 12 pieds pour un aigle pour la victoire au dernier trou de l’Omnium des États-Unis le mois dernier. Il a plutôt eu besoin de trois coups roulés pour une normale, et Spieth est reparti de Chambers Bay à mi-chemin du Grand Chelem.

Quand Johnson a été questionné au sujet des chances de Spieth de remporter le Grand Chelem, sa réponse a démontré qu’il n’était pas du tout impressionné par le Texan. «Je vais prendre part aux deux prochains tournois, on verra donc.»

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