Bach revient sur les lieux de sa médaille d’or

Le président du Comité international olympique, l’Allemand Thomas Bach, a vécu de vives émotions lors de sa visite au Centre de l’éducation physique et des sports de l’Université de Montréal, qui lui a remis jeudi un doctorat honorifique.

Bach a reçu cet honneur en marge de la cérémonie d’ouverture de la Maison olympique canadienne, à laquelle il a assisté en soirée.

C’est au CEPSUM que Bach et ses coéquipiers de la formation de l’Allemagne de l’Ouest ont remporté la médaille d’or au fleuret lors des Jeux olympiques de Montréal, en 1976, devant l’Italie et la France.

Afin de l’aider à remémorer ce moment, le Comité olympique canadien avait recréé le décor de la compétition de 1976. Le président du CIO a passé de longues minutes à marcher sur le site en compagnie de quelques dignitaires.

Tout y était : une piste d’escrime —y compris deux escrimeurs canadiens qui ont échangé quelques touches—, une hôtesse vêtue de l’uniforme officiel des Jeux de Montréal, le podium original et les drapeaux des trois pays médaillés.

Bach a pris le temps d’échanger avec tout ce monde avant de recevoir son diplôme de « son » université.

« Je ne suis pas le genre à me rappeler de compétitions livrées il y a 35 ans, mais je me rappelle exactement de tous les coins et recoins de ce site, a-t-il mentionné. Je pourrais vous montrer exactement où était installée la piste pour la finale ; l’endroit exact où a été effectuée la touche qui nous a qualifiés en demi-finales ; le vestiaire que nous avons quitté, tendus, avant la grande finale ; l’endroit où nous étions assis entre nos matchs de cette finale : tous ces souvenirs me sont venus en mémoire instantanément. »

« Je suis très reconnaissant envers l’Université de Montréal, pas seulement pour ce doctorat honorifique, mais également pour m’avoir permis de revivre ces bons moments. »

Mais ce retour dans le passé a aussi été difficile pour Bach.

 

« Ç’a été un grand moment de joie pour moi, mais aussi d’une grande tristesse, car je me suis rappelé Harald Hein, un bon ami à moi, mon coéquipier qui a effectué la touche gagnante de cette compétition, qui est décédé d’un cancer du cerveau il y a quelques années », a-t-il dit au moment d’accepter son diplôme, la voix chargée d’émotion.

Pourquoi pas Toronto ?

Bach a également émis l’opinion que des Jeux panaméricains réussis à Toronto pourraient servir de tremplin à une candidature olympique. « Oui, absolument. Nous l’avons vu à Montréal il y a longtemps : les Jeux olympiques peuvent contribuer à l’essor d’un pays, au développement de la ville et du sport. Je ne peux qu’encourager le Comité olympique canadien et la ville de Toronto à étudier cette équation très attentivement. Il est certain que des Jeux panaméricains couverts de succès peuvent aider. »

« C’est fantastique d’avoir les Panaméricains au pays, ils peuvent être un excellent tremplin pour l’organisation des Jeux olympiques », a renchéri Marcel Aubut, président du COC, qui n’a sûrement pas manqué de noter l’enthousiasme de Bach sur cette question.

Le président du CIO a d’ailleurs rappelé que l’Agenda 2020 qu’il a présenté constitue une réforme philosophique des candidatures olympiques.

« On veut encourager l’aventure. On veut que les Jeux apportent un héritage qui puisse profiter à la ville pour une longue période, a-t-il indiqué. On veut que les villes hôtesses soient en mesure d’apprécier comment l’obtention des Jeux peut contribuer à leur développement durable, pas qu’elles se demandent quoi faire avec leurs nombreuses infrastructures à la fin de ceux-ci. On veut que les Jeux s’adaptent à la ville et non l’inverse. »

Bach a aussi rappelé que l’ouverture de la Maison olympique canadienne, avec ses anneaux illuminés en permanence, s’inscrit dans sa nouvelle politique d’accessibilité du mouvement olympique.

« Il ne s’agit pas d’ouvrir une fenêtre sur le monde, mais les portes aussi, a-t-il poursuivi. Il faut essayer de se rapprocher des gens, et cette Maison olympique canadienne est un exemple extraordinaire de l’accessibilité que l’on veut donner aux gens. Les gens pourront s’y rendre pour partager l’expérience olympique et vivre l’héritage des Jeux olympiques de Montréal. Il ne faut pas que les Jeux se terminent avec les cérémonies de clôture, mais qu’ils laissent un héritage durable à une ville, une région. C’est ce que symbolisent de façon unique les anneaux olympiques illuminés. »

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