Le mois complètement fou d’Antoine Vermette

La région de Québec, précisément la municipalité de Saint-Agapit, dans Lotbinière, accueillera de la visite rare le 25 juillet prochain : la coupe Stanley dans toute sa splendeur.

Cette journée-là, les amateurs de hockey pourront célébrer la conquête du précieux trophée par le héros de l’endroit, Antoine Vermette. Le joueur de centre a réalisé le 15 juin son rêve de soulever la coupe à bout de bras, dans l’uniforme des Blackhawks de Chicago.

Vermette a hâte de souffler un peu et de partager son bonheur avec les gens de son patelin à l’occasion de sa journée avec la coupe, lui qui vient de vivre un mois frénétique sur le plan personnel avec sa participation à la finale de la Ligue nationale de hockey, le triomphe des Blackhawks, les festivités, la naissance de sa deuxième fille et son retour avec les Coyotes de l’Arizona.

« C’est fou raide, ça n’arrête pas », soupire-t-il au bout du fil, quelques heures après avoir paraphé mercredi une entente de deux saisons pour 7,5 millions $US avec les Coyotes. « C’est tellement intense que tu en viens à te perdre là-dedans. J’essaie par moments de refaire le fil des événements pour me l’incruster dans la tête parce qu’il y a des bouts flous. Ç’a été toute une expérience ! »

Course contre la montre

 

Vermette a grandement apprécié d’être entouré de ses proches pendant tout ce temps. Au cours de la dernière semaine de la finale, il a été engagé dans une véritable course contre la montre au moment où son épouse était sur le point de donner naissance. Il dit qu’il aurait eu un cas de conscience si la série avait atteint la limite parce que la date prévue d’accouchement était la même que celle d’une rencontre no 7 qui aurait eu lieu à Tampa.

Même si sa conjointe lui avait donné le feu vert pour aller jusqu’au bout de son rêve professionnel, Vermette dit qu’il aurait difficilement composé avec la situation. Mais la nature a bien fait les choses, et bébé Emilia a patienté jusqu’au lendemain du défilé avant de se pointer le bout du nez.

« Tout est arrivé au bon moment et je n’ai heureusement pas eu à prendre une décision », se félicite-t-il.

 

Un défilé mémorable

Le défilé des champions à Chicago restera longtemps gravé dans sa mémoire. « Des coéquipiers m’avaient parlé de la frénésie de la « parade » et de l’engouement des partisans, raconte-t-il. C’était malade, vraiment impressionnant. C’est une expérience que je vais chérir pendant toute ma vie. De voir cette mer de monde, avec toute l’énergie qui se dégageait, tout ce bruit, c’était quelque chose d’incroyable. »

Trois jours auparavant, sur la patinoire du United Center, Vermette avait été le troisième joueur de l’équipe à recevoir la coupe Stanley après le capitaine Jonathan Toews et le vétéran défenseur Kimmo Timonen, qui en était à son chant du cygne dans la LNH.

« Ç’a été une belle marque de respect de la part des gars. J’étais en retrait et je n’ai pas tout de suite réalisé ce qui se passait. Ce sont des coéquipiers qui m’ont poussé pour que j’aille chercher la coupe, relate-t-il. Ç’a été spécial. J’avais souvent visualisé le moment, et je me voyais soulever la coupe devant ma famille et mes amis présents. Le premier réflexe que j’ai eu a été de me diriger vers la section qu’ils occupaient dans les gradins. »

Le patineur âgé de 32 ans peut s’enorgueillir de l’apport appréciable qu’il a eu dans la conquête du championnat par les Blackhawks, avec trois buts gagnants dont deux en finale. Cela malgré le fait qu’il n’était pas dans les bonnes grâces de son entraîneur-chef, Joel Quenneville.

« C’était différent comme relation [avec l’entraîneur], se borne-t-il à dire. Je ne pouvais pas être heureux et c’est normal. Mais j’ai décidé que je tirerais le meilleur de la situation en adoptant une attitude positive et de bonnes habitudes de travail. Je me suis dis que je montrerais ma détermination et toute ma force de caractère, et que j’essaierais de faire ma marque. Au final, mes efforts ont été récompensés et ça me fait un velours additionnel de savoir que j’ai contribué à la victoire. »

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