Les États-Unis demandent à la Suisse l’extradition des sept prévenus

Les États-Unis ont soumis à la Suisse une demande formelle d’extradition des sept hauts dirigeants de la Fédération internationale de football association arrêtés à Zurich en mai dernier dans le cadre d’une l’enquête pour corruption qui a secoué l’organisme qui supervise le soccer à l’échelle planétaire.

L’Office fédéral de justice suisse a indiqué que les requêtes lui sont parvenues le 1er juillet, ce qui respecte le délai de 40 jours accordé pour faire une telle demande. Les sept hommes visés, qui pourraient écoper de peines allant jusqu’à 20 ans d’emprisonnement, se sont tous opposés à leur extradition. Ils ont été arrêtés le 27 mai dans un luxueux hôtel de Zurich et sont détenus séparément depuis.

Leur arrestation a fait suite à une enquête fédérale américaine pour corruption visant l’obtention des droits de télédiffusion de tournois majeurs en Amérique du Nord et du Sud, une affaire estimée jusqu’ici à plus de 150 millions $US et qui couvre une période de 24 ans. Ces sept hommes font partie d’un groupe de 14 inculpés par le département américain de la Justice.

« Ces crimes auraient été ourdis et commis aux États-Unis et les versements auraient transité par des banques américaines », a indiqué le ministère suisse de la Justice par communiqué.

Décision d’ici quelques semaines

Les sept accusés seront entendus par la police de Zurich et disposeront ensuite de 14 jours pour contester leur extradition. Après ce délai, l’Office fédéral de la justice décidera « d’ici quelques semaines » s’ils doivent être extradés. Cette décision peut par la suite être contestée jusqu’en Cour suprême en Suisse.

Parmi les sept hommes arrêtés le 27 mai dernier figurent le vice-président de la FIFA et président de la CONCACAF, Jeffrey Webb (îles Caïmans) ; l’ancien vice-président de la FIFA Eugenio Figueredo (Uruguay) ; le président de la Fédération costaricaine de football, Eduardo Li, arrêté deux jours avant qu’il ne rejoigne officiellement le comité exécutif de la FIFA ; ainsi que l’ex-président de la Fédération brésilienne Jose Maria Marin, qui a dirigé le comité organisateur de la Coupe du monde 2014 et est membre du comité de la FIFA en charge de l’organisation du tournoi olympique des Jeux de Rio de Janeiro en 2016.

Les autres sont le président de la Fédération vénézuélienne de football, Rafael Esquivel ; Julio Rocha, employé de la FIFA et officier du développement du Nicaragua ; ainsi que Costas Takkas, un Britannique qui travaille pour Webb.

Sept autres hommes sont aussi inculpés. Parmi eux, l’ex-vice-président de la FIFA en disgrâce Jack Warner, de Trinité-et-Tobago, et le Paraguayen Nicolas Leoz, longtemps président du CONMEBOL (Amérique du Sud) et ex-membre du comité exécutif de la FIFA.

Quatre autres ont déjà inscrit un plaidoyer de culpabilité en lien avec cette affaire, dont l’Américain Chuck Blazer, qui a aussi été membre du comité exécutif de la FIFA, et deux fils de Warner.

L’acte d’accusation révèle que Blazer a avoué avoir fait partie d’une machination orchestrée de concert avec Warner pour soutirer 10 millions $US en pots-de-vin afin d’appuyer la candidature de l’Afrique du Sud en vue de la Coupe du monde 2010. Un troisième membre votant de l’Amérique du Sud était impliqué, a indiqué Blazer.

La FIFA a admis que son secrétaire général, le Français Jérôme Valcke, a aidé à transférer la somme de ses comptes à la demande de l’Afrique du Sud. La FIFA et Valcke ont dit croire que l’argent avait servi à développer des infrastructures de soccer pour la diaspora africaine des Caraïbes et que le transfert avait été approuvé par l’Argentin Julio Grondona, ex-président du comité des finances de la FIFA, décédé l’an dernier.

Blatter visé

 

Les autorités américaines ont par ailleurs confirmé que le président de la FIFA, Sepp Blatter, est l’une des cibles de l’enquête, qui devrait mener à d’autres inculpations.

Le président a déclaré le 2 juin dernier qu’il quitterait ses fonctions dans les prochains mois alors que la pression créée par l’enquête américaine et une autre menée par les autorités suisses au sujet de blanchiment d’argent en lien avec les octrois des Coupes du monde de 2018 et 2022 à la Russie et au Qatar s’accentuait.

Blatter nie tout méfait et il ne peut être extradé de sa Suisse natale sans son consentement. Il risque malgré tout d’être arrêté dans plusieurs pays : c’est pourquoi il ne s’est pas rendu en Nouvelle-Zélande pour la finale de la Coupe du monde des moins de 20 ans disputée le 20 juin, et il ne sera pas à Vancouver pour la finale de la Coupe du monde féminine ce dimanche.

L’homme de 79 ans a été réélu pour un cinquième mandat le 29 mai, puis il a annoncé son intention de quitter son poste quatre jours plus tard.

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