La FIFA nie la rumeur d’un retour de Blatter

Sepp Blatter
Photo: Valeriano Di Domenico Agence France-Presse Sepp Blatter

Lausanne — La Fédération internationale de football association nie toute légitimité à l’ancien conseiller de Sepp Blatter qui a répété lundi que le président démissionnaire de la l’organisme envisageait de rester à la présidence de l’organisme gérant le soccer mondial.

Klaus Stoehlker, conseiller de M. Blatter durant la dernière campagne électorale à la FIFA, a indiqué que celui-ci pourrait revenir sur sa décision de quitter son poste si aucun «candidat convaincant» n’émergeait.

En réponse, la FIFA a aussitôt mis les choses au point en précisant que «le mandat de Klaus Stoehlker que lui a confié le président de la FIFA a pris fin le 31 mai 2015».

Et la FIFA de renvoyer au discours de démission de Blatter du 2 juin, dans lequel il rappelait que d’ici le congrès extraordinaire qui lui choisira un successeur et qui devrait se réunir entre décembre et février prochain, il se consacrerait, «libre de toute contrainte», aux réformes nécessaires.

Tempête judiciaire

Quatre jours après sa réélection pour un cinquième mandat, Blatter avait annoncé qu’il allait abadnonner son poste et qu’un congrès extraordinaire électif allait être convoqué, alors que la FIFA, sur fond de soupçons de corruption, traverse une tempête judiciaire sans précédent.

«Puisque je ne serai pas candidat et que je suis donc désormais libre des contraintes qu’impose inévitablement une élection, je serai en mesure de me concentrer sur la mise en oeuvre des ambitieuses et profondes réformes qui transcenderont nos premiers efforts en la matière», avait-il déclaré.

Dimanche, réagissant déjà à cette rumeur (qui circule depuis que des fédérations nationales d’Afrique et d’Asie eurent manifesté leur appui à Blatter), le président du comité d’audit de la FIFA, Domenico Scala, avait rappelé que «le changement de président» était «indispensable».

Jeudi, en réponse à une résolution du Parlement européen demandant à Blatter de quitter immédiatement ses fonctions, une porte-parole de la FIFA avait expliqué que le Suisse resterait en poste jusqu’au congrès électif afin de «s’assurer que lors de ce congrès, des réformes impératives soient adoptées et qu’un nouveau président soit élu».

De source proche de la FIFA, la question était lundi de savoir à qui profitaient ces déclarations de M. Stoehlker, dans un contexte où les candidats potentiels à la succession de Blatter s’interrogent ou commencent à se déclarer, à l’instar du Brésilien Zico, après le prince jordanien Ali.

Photo: Fabrice Coffrini Agence France-Presse

Le procureur suisse parlera mercredi


Berne — Le procureur fédéral suisse chargé du dossier parlera pour la première fois mercredi de son enquête criminelle sur l’attribution par la FIFA des Coupes du monde de 2018 et 2022.

Le bureau du procureur général Michael Lauber a fait savoir qu’il fera une déclaration sur l’affaire lors d’une conférence de presse à Berne.

Lauber a demandé une perquisition des quartiers généraux de la FIFA afin de saisir des preuves le 27 mai.

Le même jour, les autorités suisses ont fait incursion dans un hôtel de Zurich et procédé à l’arrestation de sept hauts responsables de la FIFA dans le cadre d’une enquête fédérale américaine distincte sur un scandale de corruption.

L’enquête de la Suisse vise de possibles infractions criminelles et de blanchiment d’argent relativement à des campagnes de candidatures remportées respectivement par la Russie et le Qatar.

Le bureau de Lauber appuie ses démarches sur un rapport d’enquête de l’ancien procureur à l’éthique de la FIFA, Michael Garcia.