L'élite ne se sent pas appuyée par l'association canadienne - Le ski acrobatique est en crise

Abandonnés financièrement par l'association censée leur fournir les moyens de rivaliser sur la scène internationale, les têtes d'affiche de l'équipe canadienne de ski acrobatique sont en rogne.

Les Pierre-Alexandre Rousseau, Jennifer Heil, Stéphanie St-Pierre et compagnie s'interrogent haut et fort sur la manière dont l'Association canadienne de ski acrobatique (ACSA) dépense son argent. Car, cette saison, les athlètes de haut niveau ne touchent presque plus un sou de la part de l'ACSA.

«L'association ne fait absolument rien pour nous monétairement, a confirmé le bosseur Rousseau, de Drummondville, qui est la figure de proue de l'équipe canadienne. Nous avons des noms de commanditaires sur nos manteaux mais l'argent, on ne sait pas où il va.»

«Nous savons que notre association a de l'argent mais elle semble avoir de la misère à bien le gérer», a pour sa part constaté St-Pierre, la jeune médaillée de bronze aux championnats du monde originaire de Victoriaville.

Depuis six mois, les athlètes tentent sans succès d'obtenir le budget de l'ACSA, un organisme public. Ils se butent à des portes closes.

Hier, lors de la conférence de presse en vue du Mondial de ski acrobatique qui aura lieu à Tremblant en fin de semaine, la présidente et chef de la direction de l'organisme, Pat Smith, brillait par son absence.

La directrice des communications de l'ACSA a tenté tant bien que mal de répondre aux questions insistantes des journalistes désireux de savoir à combien s'élevait le budget de l'organisme et pourquoi les athlètes ne touchaient presque rien cette année. «Les priorités de notre association, établies de concert avec les athlètes, sont les entraîneurs, les camps d'entraînement et les coûts des compétitions», a affirmé Mary Fraser, qui dit ignorer le montant du budget.

Les athlètes, pendant ce temps, ont l'impression d'être abandonnés à leur sort. Ils estiment que personne n'est là pour défendre leurs intérêts au sein de l'association.

«Il y a cinq ou six ans, je touchais plus d'argent de l'association qu'actuellement et, pourtant, je n'étais pas aussi bon. Mes camps d'entraînement étaient payés, ma saison de Coupe du monde était payée et je pouvais miser sur mes commandites pour payer le reste», a ajouté Rousseau, qui a eu toute les misères du monde à boucler son budget d'environ 45 000 $ pour la présente saison.

Les athlètes dénoncent aussi les promesses non tenues de l'ACSA.