Françoise Abanda amorcera les hostilités

Françoise Abanda en sera à sa deuxième participation à un affrontement de la Fed Cup cette année.
Photo: Jacques Boissinot La Presse canadienne Françoise Abanda en sera à sa deuxième participation à un affrontement de la Fed Cup cette année.

Le capitaine de l’équipe canadienne en Fed Cup de tennis a décidé de faire preuve d’audace en vue de la rencontre de barrage mettant aux prises sa formation et celle de la Roumanie ce week-end à Montréal: Sylvain Bruneau a choisi la Montréalaise Françoise Abanda, âgée de 18 ans seulement, pour seconder Eugenie Bouchard en simple à l’occasion de cet affrontement dont l’enjeu est une place dans le Groupe mondial en 2016.

C’est dire toute la confiance que Bruneau voue à celle qui compte à peine une centaine de matchs d’expérience chez les professionnelles et un palmarès de 60-41 en simple.

«Le choix a été difficile car j’ai confiance en les trois joueuses», a d’abord reconnu Bruneau en faisant allusion aux deux autres membres de l’équipe, les Ontariennes Sharon Fichman et Gabriela Dabrowski. «Dans le cas de Françoise, elle a bien joué par le passé lorsqu’elle était à Montréal. Le soutien de la foule et l’ambiance, on dirait que cela l’incite à offrir son meilleur tennis.»

«J’ai confiance en elle. Elle a un énorme potentiel. Et elle n’a que 18 ans. Je me dis qu’à un moment donné, elle va faire un truc surprenant.»

Et Bruneau espère de tout coeur qu’il en sera témoin dès ce week-end. Abanda aura la mission de donner le ton à son équipe puisque c’est elle qui disputera le premier simple samedi en lever de rideau de la confrontation disputée à l’aréna Maurice-Richard de Montréal.

Le tirage au sort lui a opposé Irina-Camelia Begu, une joueuse à qui elle concède 227 rangs au classement WTA (33e position comparativement à la 260e).

Grand potentiel

En tout cas, la principale intéressée, qui a vécu son baptême du feu avec l’équipe canadienne en Fed Cup au mois de février dernier à Québec, ne semble nullement intimidée par le défi à relever. «Je suis excitée de cette occasion de jouer à la maison devant ma famille, mes amis et la foule», a confié Abanda sur un ton posé. «Je suis contente d’avoir cette occasion et j’espère faire de mon mieux.»

À la Coupe Rogers l’été dernier, Abanda avait eu l’occasion de démontrer son grand potentiel. Elle avait offert une belle opposition à la Slovaque Dominika Cibulkova, alors 12e joueuse mondiale, dans un match qui avait requis trois manches.

À sa première expérience en Fed Cup, elle s’est inclinée en deux manches (6-2, 6-4) face à la Tchèque Karolina Pliskova, actuellement 12e raquette mondiale. Sa performance avait néanmoins satisfait son capitaine.

«Il ne faut pas oublier qu’elle a affronté une joueuse très, très bien classée. Je crois qu’elle peut faire encore mieux. D’ailleurs, elle a même un peu progressé depuis février dernier», a analysé Bruneau.

Pour son premier match, Abanda pourra bénéficier des conseils de sa coéquipière Bouchard, qui a affronté Begu au quatrième tour des Internationaux d’Australie en janvier dernier et l’a vaincue par la marque de 6-1, 5-7 et 6-2.

«C’est une fille qui n’arrête jamais de se battre sur le terrain», a répondu la joueuse de Westmount lorsqu’elle a été invitée à analyser le style de Begu. «Tous ses coups sont solides, elle n’a pas de grosses faiblesses.»

 

Attentes en hausse

Bouchard, qui a grandement contribué aux succès de l’équipe ces deux dernières années, renoue pour sa part avec la Fed Cup. Elle avait élu en février de faire l’impasse sur le premier match de l’histoire des Canadiennes dans le Groupe mondial face à la République tchèque.

Et elle est bien consciente que sa présence rehausse les attentes. «Je vais tout donner ce week-end, a-t-elle dit. Mais dans ce type de compétition, nous avons également besoin d’un effort de toute l’équipe. Et je sais que nous allons tout donner ensemble.»

La 7e joueuse mondiale sera opposée à Alexandra Dulgheru, 69e au classement WTA, lors du deuxième simple de la journée samedi. Le lendemain, on aura droit aux simples inversés. Fichman et Dabrowski disputeront de leur côté le double dimanche contre Andreea Mitu et Raluca Olaru.

La délégation roumaine est privée de sa meilleure joueuse. Simona Halep, no 3 mondiale, a préféré ne pas faire le voyage à Montréal question de ne pas modifier son horaire alors que s’amorce la portion de saison sur terre battue en Europe. «Malgré l’absence de Halep, l’équipe roumaine demeure très, très dangereuse», a toutefois prévenu Bruneau.

Sans Bouchard, le Canada a subi une défaite sans appel de 4-0 face à la République tchèque en février. Une victoire ce week-end lui permettrait de conserver sa place parmi les huit meilleures nations au monde l’année prochaine.

Quant à la Roumanie, elle espère monter en grade et accéder au Groupe mondial pour la première fois de son histoire. Il y a deux mois, les Roumaines ont eu raison de l’Espagne 3-2 pour obtenir la chance de participer à cette rencontre face au Canada.