L’arbitrage évolue aussi au féminin

Les femmes comptent désormais sur le même personnel d'officiels que les hommes, un autre signe des progrès réalisés par le hockey féminin.
Photo: Claudio Bresciani La Presse canadienne Les femmes comptent désormais sur le même personnel d'officiels que les hommes, un autre signe des progrès réalisés par le hockey féminin.

La période de prolongation de la finale du tournoi olympique de hockey féminin en 2014 a été ponctuée de rebondissements et supervisée par un seul arbitre.

Trois pénalités — l’une pour avoir fait trébucher Hayley Wickenheiser sur une échappée qui a incité les joueuses sur le banc à réclamer haut et fort un lancer de punition — et le but victorieux de Marie-Philip Poulin à l’occasion d’un quatre contre trois ont donné lieu à une fin de match dramatique. L’expérimentée Britannique Joy Tottman était la seule arbitre en poste pour cette rencontre.

Sept ans après que la formule a été implanté au hockey international chez les hommes, les femmes misent sur deux arbitres et deux juges de lignes pour la première fois au Championnat du monde de cette année. Les hommes bénéficient de la présence d’un deuxième officiel en Championnat du monde depuis 2008 et lors des deux dernières présentations des Jeux olympiques.

«Nous avons discuté du sujet pendant longtemps», a déclaré Melody Davidson, directrice du volet féminin à Hockey Canada. «Nous disposons désormais de plus de profondeur chez nos arbitres et nous sommes maintenant prêtes.»

Davidson siège à la commission des femmes au sein de la Fédération internationale de hockey sur glace.

Le secrétaire du comité d’arbitrage de la FIHG, Konstantin Komissarov, avait déclaré à La Presse Ccnadienne en 2009 qu’il n’y avait aucune raison d’ajouter un deuxième arbitre au hockey féminin. Il avait pointé quelques-uns des scores largement inégaux pour faire la démonstration que la présence d’un deuxième arbitre n’était pas nécessaire.

Progrès

Que les femmes comptent désormais sur le même personnel d’officiels que les hommes représente un autre signe des progrès réalisés par le hockey féminin.

Mais la FIHG est simplement en train de rattraper la Ligue canadienne de hockey féminin, qui fait appel à un quatuor d’officiels depuis 2010, et la première division du hockey féminin dans la NCAA, qui recourt à deux arbitres depuis la saison 2008-2009.

Les universités canadiennes ont toujours un seul arbitre au hockey féminin.

La différence entre l’Amérique du Nord et les matchs internationaux, toutefois, réside dans le fait que la Ligue canadienne de hockey féminin et la NCAA intègrent hommes et femmes parmi les officiels pour leurs matchs. La FIHG, elle, est déterminée à faire appel à des équipes composées exclusivement de femmes.

«Je pense que ce sera toujours des femmes, a déclaré Davidson. Nous avons désormais de la profondeur et nous avons beaucoup de femmes arbitres et juges de lignes ayant une bonne expérience des Jeux olympiques de Sotchi, des Jeux olympiques de Vancouver, même certaines de Turin.»

«La vitesse de jeu dont nous avons été témoins à Sotchi est en hausse, et ça s’améliore à chaque année. Un bon nombre de patinoires où nous jouons ne disposent pas des reprises vidéo ou des caméras supplémentaires que les hommes ont. L’importance de profiter d’un deuxième arbitre a un impact décisif.»

Discussions étendues

La Montréalaise Gabrielle Ariano-Lortie figure parmi les 10 arbitres internationales présentes à l’actuel Championnat du monde, qui réunit huit pays.

L’arbitre de 31 ans a officié à la Coupe des Quatre nations à Kamloops, en Colombie-Britannique, en novembre, qui a servi de test pour les équipes de quatre officielles.

La FIHG a tenu un camp en Finlande l’été dernier pour former les femmes et trois arbitres européennes ont été envoyées à Montréal pour officier quelques matchs de la LCHF l’hiver dernier.

«Nous n’avons pas beaucoup de matchs à la maison pour gagner en expérience, a reconnu Ariano-Lortie. Il y a beaucoup d’arbitres européennes. C’est un défi de travailler avec des officielles qui n’ont pas beaucoup d’expérience et nous ne travaillons pas beaucoup avec elles.»

«C’est un travail différent, mais ça vous aide à regarder vraiment ce qui se passe devant le filet et là où le jeu se passe. Nous ne sommes pas obligées de suivre toujours la rondelle et si vous manquez un but, vous savez qu’il y a une autre personne pour vous aider.»

Avec la présence d’une deuxième arbitre, les discussions entre officielles sur la patinoire se sont parfois éternisées à Malmö. Mais les joueuses étaient prêtes pour cela au Championnat du monde.

«Le jeu est trop rapide pour une seule arbitre, a constaté la joueuse canadienne Caroline Ouellette. Nous voulons que les matchs se gagnent à cinq contre cinq. Malheureusement, je pense qu’au hockey féminin, il y a encore quelques plongeons exagérés. Ces tactiques doivent être pénalisées et il faut les éliminer de notre sport», et la présence de deux arbitres ne peut qu’y contribuer.