Coupe du monde: la FIFA arrondit les angles

Plus de 400 millions de dollars versés aux clubs en compensation pour la présence de leurs joueurs aux Coupes du monde de soccer 2018 et 2022, refonte du calendrier en vue d’un Mondial au Qatar en fin d’automne : la Fédération internationale de football association s’efforce d’arrondir les angles alors que son président Joseph Blatter prépare sa réélection en mai.

L’Association des clubs européens réclamait un geste en compensation pour le bouleversement du calendrier international imposé par le passage d’un Mondial en juin et juillet à un tournoi en novembre et décembre en 2022 en raison des températures élevées au milieu de l’année au Qatar. Requête entendue : 209 millions $US seront remis aux clubs pour la Coupe du monde 2018 en Russie comme pour celle de 2022, contre 70 millions $US versés à 400 clubs lors du Mondial 2014 au Brésil.

« Il s’agit de reconnaître que les joueurs viennent des clubs et que ce sont les clubs qui les paient », a souligné vendredi Jérôme Valcke, secrétaire général de la FIFA, pour qui il ne s’agit pourtant « ni d’une compensation ni d’une indemnité pour les clubs. C’est un accord important pour travailler dans un bon partenariat avec les clubs. »

Si la date de la finale du Mondial 2022 est connue, le dimanche 18 décembre, jour de la fête nationale dans cet émirat du Golfe, il reste à définir la durée exacte tournoi. Ce sera en principe 28 jours avec un coup d’envoi théorique le 21 novembre, mais cela dépendra du nombre de stades — huit pour le moment — utilisés. Un groupe de travail étudiera un remodelage du calendrier international. « Il faudra aussi peut-être ajuster la période de libération des joueurs. Fin 2015, nous devrions être près d’un accord sur le calendrier 2019 à 2022 », a expliqué Valcke.

Michel Platini, président de l’Union européenne des associations de football et membre du comité exécutif de la FIFA, a jugé vendredi que « le 18 décembre est bien pour l’UEFA : nous pouvons nous accommoder des changements à la Ligue des Champions. Mais la FIFA doit protéger les dates internationales pour les fédérations nationales ; il y a quatre dates de matchs internationaux qui pourraient être affectées, et ces matchs internationaux sont des éléments vitaux pour les associations nationales », a martelé le patron du foot européen.

Conditions de travail

« Je rentre d’une visite au Qatar et je peux vous dire qu’on a des nouvelles rassurantes, positives » sur les conditions de travail des ouvriers sur les chantiers du Mondial au Qatar, a par ailleurs déclaré le président de la FIFA, Joseph Blatter. « Le Qatar ouvre sa porte. Ils ont reçu le vice-chancelier allemand, Sigmar Gabriel, qui a donné des avis assez positifs dans son rapport officiel. Je suis certain que nous allons de l’avant », a ajouté le numéro 1 de la FIFA.

Souvent dénoncées par des organisations de défense des droits de la personne, les conditions de travail des ouvriers sur les chantiers du Mondial « sont meilleures que sur les autres chantiers au Qatar », a ajouté Valcke, ajoutant à destination de l’émir du Qatar que « ces conditions-là doivent devenir la référence dans tous les autres chantiers du pays ».

Corruption

Si la question du calendrier est tranchée, la FIFA n’en a cependant pas tout à fait fini avec les allégations de corruption autour de l’attribution de la Coupe du monde 2022. Des voix continuent de s’élever pour demander la publication du rapport de Michael Garcia, chargé d’enquêter sur ces suspicions et qui a démissionné en décembre dernier en reprochant à la FIFA d’avoir effectué une présentation « erronée et incomplète » de ses conclusions. L’Allemand Theo Zwanziger, ancien président du groupe de travail sur la réforme des statuts de la FIFA, a expliqué vendredi que « la commission a le pouvoir de le publier, mais uniquement au moment qu’elle estimera opportun. ». Le feuilleton n’est donc pas terminé.

Blatter à la défense du Mondial russe

Sepp Blatter est persuadé que le Mondial 2018 en Russie, contre lequel des appels au boycottage ont été lancés, «contribuera à stabiliser» la région car «le football rassemble les gens», a-t-il déclaré vendredi.

«La Coupe du monde 2018 aura lieu en Russie, c’est certain, ils y travaillent dur, et boycotter une Coupe du monde ou n’importe quelle manifestation sportive n’a jamais été une option valable», a-t-il déclaré au dernier jour de la réunion du comité exécutif de la FIFA à Zurich.

Le Mondial russe «contribuera à stabiliser la situation dans cette partie de l’Europe», a-t-il assuré.

«Si l’on regarde la carte géopolitique actuelle, Afghanistan, Irak, Liban, Syrie, Palestine... dans tous ces pays où il y a eu des conflits, on joue au foot, y compris au foot féminin. En Syrie, l’équipe U17 s’est qualifiée pour la Coupe du monde au Chili. Cela montre bien ce que peut faire le foot, le foot y est respecté car il rassemble les gens, et ce sera la même chose à la Coupe du monde» en Russie, a-t-il ajouté.

Le président de l’Ukraine, Petro Porochenko, en visite en Allemagne en début de semaine, a appelé dans le quotidien Bild à un boycottage de ce Mondial si la Russie ne retirait pas ses troupes de son pays. La Russie nie avoir des troupes en Ukraine, où des forces séparatistes prorusses combattent l’armée de Kiev.