JO 2022: la lutte à deux s’amorce

Après le désistement de plusieurs postulants européeens de poids comme Oslo ou Stockholm, les candidatures de Pékin, présentée comme la favorite, et Almaty, au Kazakhstan, qui ont remis mardi leur dossier au Comité international olympique, restent les seules pour l’organisation des Jeux olympiques d’hiver de 2022.

Même si les jeux ne sont jamais faits d’avance, Pékin, riche de son expérience des Jeux d’été de 2008, semble avoir une petite longueur d’avance.

Forte d’une vingtaine de personnes contre cinq seulement pour Almaty, et un responsable des relations avec le CIO, Zhiwei Pan, déjà présent dans le comité de candidature victorieux pour les JO 2008, la délégation chinoise semblait plutôt à son aise mardi au siège cossu de la famille olympique à Lausanne.

Désignée par le sort pour déposer son dossier la première, la délégation pékinoise, conduite par Liu Peng, président du Comité national olympique chinois, et Wang Anshun, maire de Pékin et président du Comité de candidature de Pékin 2022, a remis son dossier à Christophe Dubi, directeur des sports du CIO, avant une réunion d’une trentaine de minutes.

Chaque dossier de candidature, un pavé de trois volumes et 14 chapitres, répond aux questions posées par le CIO et détaille notamment les installations, l’hébergement, le financement, les transports et la sécurité.

«Ce jour revêt une signification spéciale», a déclaré à la presse Wang, «très touché» que le CIO, dont le drapeau était en berne, ait rendu hommage à Zhenliang He, membre chinois du CIO décédé le 4 janvier à 85 ans.

 

Agenda 2020

 

«Nous avons remis un dossier de candidature qui répond aux recommandations du CIO et à celles du président [Thomas] Bach incluses dans l’Agenda 2020», a ajouté Wang. Les deux villes candidates avaient en fait déjà bouclé leur dossier quand le président du CIO a fait adopter début décembre à Monaco sa philosophie globale visant à réduire les coûts des Jeux.

Car c’est bien en grande partie le coût pharaonique des derniers Jeux d’hiver à Sotchi qui a poussé les villes de Stockholm, Cracovie, Lviv et Oslo à finalement renoncer.

Avec un souci de durabilité, l’utilisation d’installations existantes et la réduction des coûts liés à l’organisation des JO, «l’esprit de l’Agenda 2020 se retrouve dans les deux dossiers de candidature», a estimé Jacqueline Barrett, responsable des relations du CIO avec les villes candidates.

«Nous allons suivre les recommandations de l’Agenda 2020», a assuré Liu, pour qui la candidature chinoise effectuera «un travail encore meilleur en suivant ces recommandations».

Même tonalité du côté de Zauresh Amanzholova, mairesse adjointe d’Almaty: «bon nombre des recommandations de l’Agenda 2020 ont été prises en compte dans le cadre de l’élaboration de notre projet».

Ainsi Pékin met-elle en avant les sites des JO 2008 et promet une ligne de train à grande vitesse de 200 kilomètres jusqu’à la ville-préfecture de Zhangjiakou, à proximité de stations de ski qui accueilleraient une partie des épreuves.

La candidature de la ville kazakhe s’appuie, elle, sur des infrastructures rénovées en 2011 pour les Jeux asiatiques d’hiver, telles la station de ski de Shymbulak, construite en 1950, et le Palais des sports Baluan Sholak, édrigé en 1967.

Les deux candidatures présentent cependant des points faibles: Almaty n’a pas d’expérience dans l’organisation d’un événement international de l’ampleur des Jeux olympqiues, et Pékin montre une pollution endémique et des réseaux de transports engorgés.

Les JO 2022 seront les troisièmes Jeux olympiques d’affilée organisés en Asie après les Jeux d’hiver de Pyeongchang, en Corée du Sud, en 2018 et les JO d’été de Tokyo en 2020.

Le CIO désignera la ville hôtesse le 31 juillet prochain à Kuala Lumpur lors de sa 128e session. Avant cela, la commission d’évaluation du CIO se rendra à Almaty du 14 au 18 février, puis à Pékin du 24 au 28 mars. Les deux villes candidates présenteront ensuite dans le détail leur projet lors du briefing des membres du CIO en juin à Lausanne, avant une nouvelle présentation à la veille du vote à Kuala Lumpur.

À voir en vidéo