L’équipe de l’année est la formation masculine de hockey du Canada à Sotchi

Juste avant de mettre fin à sa dernière conférence de presse aux Jeux olympiques de Sotchi, l’entraîneur-chef de l’équipe masculine canadienne de hockey, Mike Babcock, y est allé d’une dernière déclaration révélatrice sur le parcours de sa formation vers l’or.

« Est-ce que quelqu’un se souvient de celui qui a remporté le championnat des marqueurs ? Est-ce que ça intéresse quelqu’un ?, a demandé Babcock. Est-ce que quelqu’un sait qui a gagné la médaille d’or ? »

En y allant d’un parcours parfait lors du tournoi olympique en février dernier, la troupe de Babcock a répondu, et même surpassé les attentes créées par la victoire canadienne aux Jeux olympiques de Vancouver en 2010.

« L’équipe de 2010 qui a gagné, elle était très, très spéciale et elle faisait face à une pression différente, a récemment raconté Babcock en entrevue. Celle-ci [en 2014] était comme une machine. Elle allait gagner, point final. »

Lors du tour préliminaire, Équipe Canada a écrasé la Norvège et l’Autriche avant de battre la Finlande en prolongation. Elle a ensuite surmonté un effort phénoménal du gardien Kristers Gudlevskis pour battre la Lettonie en quart de finale et a offert des performances sans faute contre les États-Unis et la Suède afin de remporter l’or pour une troisième fois en quatre Jeux olympiques.

Ce fut amplement suffisant pour mériter le titre d’équipe de l’année 2014 selon La Presse canadienne, choisi par les directeurs des sports des journaux et stations de radio et télévision. L’équipe canadienne olympique de hockey masculin a dominé le scrutin avec 36 votes, loin devant le duo de bobsleigh féminin composé de Kaillie Humphries et Heather Moyes (10 votes) et l’équipe canadienne de hockey féminin (neuf votes).

Cette équipe ne manquait pas de talent. À l’attaque, il y avait Sidney Crosby, Jonathan Toews, Ryan Getzlaf, Corey Perry et suffisamment de profondeur pour ne pas ralentir malgré la perte de John Tavares, blessé à un genou. À la ligne bleue, Shea Weber et Drew Doughty ont dominé les marqueurs canadiens avec six points chacun.

Équipe Canada a affiché un avantage de 17-3 au chapitre des buts, mais la victoire la plus incisive a peut-être été celle de 1-0 face aux États-Unis lors des demi-finales.

« Je ne pense pas que les pointages des matchs représentent l’allure des rencontres, a noté le directeur général de l’équipe, Steve Yzerman. Je pense que notre équipe a mieux joué que les pointages ne l’indiquent.Défensivement, elle était très, très bonne. Offensivement, elle généré des tonnes de chances, elle a simplement été incapables de marquer plus de buts. »

Ce groupe a été particulièrement efficace dans son contrôle de la rondelle, un aspect intimement lié à la philosophie de Babcock, selon laquelle l’autre équipe ne peut pas marquer si elle n’a pas la rondelle.

Et quand les adversaires du Canada ont eu possession du disque, ils se sont butés à Carey Price. En cinq parties, Price a compilé une moyenne de buts alloués de 0,59 et un taux d’efficacité de ,972. « Il nous a donné confiance chaque fois qu’il était devant le filet, a mentionné Babcock. […] Je crois qu’il a été spectaculaire. »

À Vancouver, Équipe Canada avait dû surmonter un début de tournoi difficile et faire fi de la pression de jouer devant ses partisans. Crosby avait finalement marqué en prolongation en finale et ce but sera gravé à jamais dans la mémoire des Canadiens.

Une défensive offensive

La meilleure défensive à Sotchi a été une offensive qui a contrôlé la rondelle en zone adverse et épuisé ses adversaires. Yzerman a rendu hommage à Babcock pour avoir créé un style qui correspondait au jeu international que le Canada se devait de pratiquer.

« Je crois que le mot “méthodique” est le bon, mais pas jusqu’à un point où ça empêche les joueurs de s’exprimer, a déclaré Yzerman. Nous affrontions les meilleurs joueurs au monde dans des matchs sans lendemain. Nous ne pouvions pas jouer à fond de train sans réfléchir. Nous voulions éliminer le facteur chance. »

Babcock s’est dit particulièrement fier de l’évolution de l’équipe au cours des deux semaines du tournoi. L’amélioration a été notable et le résultat a été la victoire d’une équipe canadienne de hockey masculin en Russie environ 42 ans après la Série du siècle de 1972.

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