Desharnais passe à gauche

Avec le retour au jeu de Lars Eller, David Desharnais se retrouve maintenant à l’aile gauche.
Photo: Ryan Remiorz La Presse canadienne Avec le retour au jeu de Lars Eller, David Desharnais se retrouve maintenant à l’aile gauche.

David Desharnais était loin de penser que Michel Therrien le prendrait au mot quand il a affirmé la semaine dernière qu’il serait prêt à jouer à l’aile, s’il le fallait, au retour de Lars Eller.

Samedi, contre les Sénateurs d’Ottawa, Desharnais patrouillera donc le flanc gauche... aux côtés d’Eller. Pierre-Alexandre Parenteau sera l’ailier droit du trio.

«Je suis un peu mêlé», a lancé vendredi aux journalistes, sur un ton badin, le patineur de Laurier-Station après son premier entraînement à sa nouvelle position.

La décision de l’entraîneur-chef ne fait visiblement pas son bonheur, mais Desharnais est animé de la volonté de faire contre mauvaise fortune bon coeur. «Je suis un joueur de centre naturel, je ne suis pas habitué, a-t-il dit. D’un autre côté, beaucoup de choses peuvent se produire. Des fois, ce sont juste des expérimentations. Ça peut aussi me donner une carte additionnelle dans son jeu.»

On lui a demandé si on avait pris le temps de lui expliquer la décision. «Oui, on m’a dit: “tu joues à l’aile”», a-t-il répondu.

Therrien, de son côté, a donné une explication plus élaborée de la teneur de la discussion qu’ils ont eue ensemble. «J’ai eu une bonne conversation avec David, a relaté le pilote. Je lui ai exposé ma philosophie et ma vision. À toutes les fois qu’on prend une décision, la communication est vraiment importante. Comme quand on a pris la décision dernièrement de séparer David et Max. C’était important que je leur explique à chacun.»

Therrien a en outre souligné les mérites de la polyvalence à Desharnais. «Pour une équipe et pour le joueur, c’est extraordinaire, a-t-il mentionné. Ça peut permettre de prolonger la carrière de certains joueurs. Il y a plusieurs aspects positifs. C’est comme ça que je le vois. Nous devons prendre des décisions à courte et à longue échéances. Nous allons tenter cette expérience-là.»

Le physique de l’emploi

L’objectif consiste clairement à grossir l’équipe à la position de centre. En ce sens, Desharnais ne semble pas figurer dans les plans d’avenir de l’équipe. Le jeune Alex Galchenyuk et Eller représentent les deux centres d’avenir.

Therrien a fait remarquer que les rivaux du Canadien jeudi, les Ducks d’Anaheim, premiers au classement de la Ligue nationale de hockey, comptent sur deux joueurs de centre au physique imposant en Ryan Getzlaf et Ryan Kesler.

«On estime qu’Alex Galchenyuk est prêt, a avancé l’entraîneur. Il possède le physique de l’emploi sans être très grand. S’il peut garder le rythme, il est sur la bonne voie.»

Therrien a aussi dit aimer beaucoup Eller au centre en raison de sa taille et de son jeu tant en défense qu’à l’attaque.

«C’est un luxe que d’avoir des centres capables de jouer à l’aile. On va tenter l’expérience avec David samedi. S’il peut faire l’ajustement, ce sera positif pour nous et pour lui», a-t-il déclaré.

Eller n’a jamais fait de cachette qu’il préfère jouer au centre plutôt qu’à l’aile. Vendredi, il n’a pas voulu ajouter de l’huile sur le feu, sachant pertinemment que la décision de l’entraîneur déplaisait à son coéquipier. «Je vais m’abstenir de dire si je suis heureux ou pas. J’ai toujours dit que c’est au centre que je veux jouer, que c’est à cette position que je suis le plus efficace. Je suis prêt à revenir et affamé.»

Questionné quant à savoir si l’ouverture qu’il avait affichée s’était retournée contre lui, Desharnais a simplement dit: «On va voir... Je ne suis pas un ailier, mais ça peut juste m’apporter un outil de plus dans mon coffre.»

Disant accepter mieux la décision parce qu’il joue bien depuis quelque temps, il a noté que le plus grand ajustement pour lui sera son jeu en zone défensive, la couverture d’adversaires et les sorties de territoire. «Ça reste du hockey. En zone offensive, que tu sois un joueur de centre ou un ailier, ça ne change pas grand-chose. Je dois apporter ce que je peux. Ce n’est pas une si grosse affaire que ça. On verra ce que ça va donner», a-t-il conclu.