Magali Harvey, la passion du rugby

Magali Harvey jouait au soccer et au basketball comme bien des jeunes filles de 16 ans le font à l’école secondaire. Puis, un beau jour, quelqu’un a apporté un ballon de rugby. Ce hasard pourrait maintenant la mener jusqu’aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro en 2016.

« Personne ne savait jouer, et personne ne savait l’enseigner, se souvient en riant l’athlète de 24 ans originaire de Québec. C’était complètement nouveau. Les premières fois, comme personne n’avait de technique ni ne savait comment jouer, c’était vraiment terrible comme jeu… J’ai fini par apprendre à jouer et à vraiment aimer ça. Je cours vite, je trouvais donc ça vraiment intéressant de courir autour des autres joueuses sans me faire plaquer. »

« Je ne prenais toutefois pas ça encore très au sérieux, mais à l’âge de 18 ans, j’ai reçu une invitation pour participer au camp de sélection de l’équipe canadienne des moins de 20 ans, et on m’a retenue, poursuit-elle. On s’était alors rendues en Angleterre pour la Coupe des Nations, où ça ne s’est pas bien passé du tout pour notre équipe. Mais de mon côté, j’ai vraiment « trippé » ! J’ai adoré voyager et jouer contre d’autres équipes et je me suis dit que j’aimerais vraiment continuer de faire partie [de l’équipe nationale]. M’apprêtant à choisir une université, j’ai donc porté une attention particulière à celles qui offraient un programme de rugby. »

Elle a finalement choisi d’aller à St. Francis Xavier, en Nouvelle-Écosse, qui possédait alors la meilleure équipe au pays, avec laquelle elle a d’ailleurs remporté le Championnat national universitaire en 2010-2011. Harvey a par la suite poursuivi son chemin au sein du programme national jusqu’à sa sélection en vue du Mondial 2014.

Le grand jeu

C’est au cours de cette Coupe du monde de rugby à XV, où le Canada s’est incliné en finale devant l’Angleterre, que Harvey a donné un fier coup de main à la visibilité de son sport. Fouillez dans votre mémoire et vous vous souviendrez de cette séquence que vous avez vue et revue de cette joueuse franchissant 87 mètres en devançant toutes les Françaises sur le terrain pour aller marquer un essai important en demi-finales.

Ce jeu a été mis en nomination pour l’essai de l’année par l’Association des joueurs internationaux de rugby, seul jeu réalisé par une femme parmi les cinq retenus. Harvey a ensuite été nommée joueuse de l’année au rugby féminin, la première Canadienne à recevoir cet honneur.

Malgré tout, l’ailière — celle qui joue aux extrémités de la ligne et qui est l’une des plus rapides de la formation — n’ose pas avancer que sa place au sein de l’équipe canadienne de rugby à VII lui est assurée si le pays parvient à se qualifier pour les Jeux de 2016, où le sport fera son entrée olympique.

« J’ose croire que j’ai de bonnes chances si je continue d’offrir de bonnes performances tout en m’améliorant », dit humblement celle qui fait partie de plus en plus régulièrement du top 12 (l’équipe pour un tournoi) de l’entraîneur John Tait. « Ce serait naïf d’assumer que parce que j’ai été élue joueuse de l’année l’an dernier, ma place est assurée. Je pense qu’on est seulement aussi bonne que notre dernière performance. Donc, même en ayant reçu cet honneur, je vais devoir continuer de prouver que j’appartiens à cette équipe. »

Selon Harvey, le Canada a de très bonnes chances de se qualifier pour le tournoi olympique, auquel 12 nations participeront. L’équipe disputera cinq séries (tournois) en 2015 et si elle termine parmi les quatre premières nations à l’issue de ce calendrier, elle obtiendra son billet pour Rio. Sinon, elle devra passer par les Jeux panaméricains de 2015 à Toronto.

VII plutôt que XV

Le rugby à VII a été préféré au rugby à XV par le Comité international olympique principalement en raison de la durée des matchs et de l’action que la version « abrégée » offre. Au lieu de jouer deux demies de 40 minutes chacune, les matchs de rugby à VII sont divisés en deux périodes de sept minutes.

« Une Coupe du monde de rugby à VII peut se jouer sur deux jours. À XV, ça dure trois semaines, explique Harvey. Comme cette version se joue sur un terrain de même dimension, c’est beaucoup plus excitant et il y a beaucoup d’occasions de marquer. Au rugby à XV, il y a moins d’espace et les longues courses sont plus rares. À VII, c’est beaucoup plus fréquent que tu sois capable de déjouer ton adversaire et aller marquer. »