L’hommage rendu à Saku Koivu

Saku Koivu célébrant un but dans l’uniforme du Canadien en 2005.
Photo: Andy Marlin Agence France-Presse/Getty Images Saku Koivu célébrant un but dans l’uniforme du Canadien en 2005.

Les joueurs du Canadien de Montréal qui aspirent au capitanat de l’équipe peuvent s’inspirer des qualités d’un ancien qui a occupé le poste pendant 10 ans et que l’organisation honorera avant son match de jeudi au Centre Bell.

Saku Koivu n’a eu son mot à dire dans aucune des 24 conquêtes de la Coupe Stanley de l’histoire du CH, et le numéro 11 qu’il a dignement porté pendant 14 ans (13 saisons) ne sera sans doute jamais retiré. Mais l’attachement que le « valeureux guerrier » a su créer avec les partisans de l’équipe au cours d’une décennie où le Tricolore s’est enlisé au classement fait qu’il occupera toujours une place importante dans leur coeur.

Évidemment, la courageuse lutte que Koivu a menée contre le cancer au début de la saison 2001-2002, et particulièrement son retour triomphal le 9 avril 2002, ont contribué à cultiver sa légende.

Sur la glace, le Finlandais a également laissé sa marque avec une contribution de 641 points en 792 rencontres dans l’uniforme bleu blanc rouge, ce qui lui confère le 10e rang des marqueurs de l’équipe. Il a été à son mieux en séries éliminatoires avec une récolte de 48 points en 54 matchs.

« Il a été un grand capitaine », a déclaré mercredi l’entraîneur-chef du Canadien, Michel Therrien, qui a dirigé Koivu au cours de son premier passage avec l’équipe au début des années 2000. « Un grand capitaine par sa détermination, par son approche professionnelle, par ses habitudes de travail et par ses actions. C’est ce que tu veux avoir de ton capitaine. Tout ce qu’une organisation souhaite avoir de son capitaine, il l’avait, lui. Il communiquait bien avec ses coéquipiers et les entraîneurs. C’était un excellent capitaine. Ç’a été un charme de diriger un gars de la trempe de Saku Koivu. »

Therrien a souligné qu’il a connu une carrière extraordinaire, « avec 18 saisons et plus de 1100 matchs joués », et que l’hommage que le Canadien lui rendra jeudi est amplement mérité.

On a la délicatesse de le faire à l’occasion du passage des Ducks d’Anaheim, avec lesquels Koivu a passé ses cinq dernières saisons dans la Ligue nationale avant d’annoncer sa retraite l’été dernier.

Retour marquant

La soirée du retour de Koivu, le 9 avril 2002, restera à jamais gravée dans la mémoire collective des Québécois et principalement de ceux qui ont vécu l’événement de l’intérieur, comme Therrien et le défenseur Andrei Markov, les deux seuls membres encore dans l’équipe.

« Ç’a été un événement marquant pour tout le monde, a avancé Therrien. Ce que je me rappelle le plus, c’est la longue ovation qu’il a reçue. C’était très émouvant. Même moi, j’avais de la misère à retenir mes larmes derrière le banc. J’ai dû retourner brièvement au vestiaire. »

Therrien a dit que Koivu a fourni cette saison-là une leçon de courage extraordinaire, qu’« il a fait de nous tous de meilleures personnes et du Canadien une meilleure équipe. Il nous a enseigné ce que signifie le mot « courage ». Il a été une source de motivation et d’inspiration. Ça faisait trois saisons que l’équipe ratait les séries. »

Dans une entrevue qu’il a accordée à La Presse, Koivu a dit que Therrien avait été l’entraîneur du Canadien qu’il avait le plus apprécié. Therrien a répondu être « très flatté » du compliment.

Pacioretty se souvient

Outre Markov, Tomas Plekanec, Carey Price et Max Pacioretty sont ceux qui ont joué avec Koivu chez le CH. Le défenseur Bryan Allen a été son coéquipier pendant deux saisons chez les Ducks.

« Il m’a énormément aidé à mes débuts et je serai très heureux de lui souligner mon appréciation jeudi, a noté Pacioretty. Il est tellement spécial pour la ville de Montréal, pour tout ce qu’il a fait pour l’équipe et ce qu’il a donné aux amateurs. »

Pacioretty n’a côtoyé Koivu que pendant la saison 2008-2009 quand il a disputé 34 matchs à sa première campagne dans la LNH. « Ç’a été pour moi un premier contact avec une véritable légende et j’ai saisi tout ce qu’il représentait pour la ville. Je me rappelle combien il était fort et un bon leader », a-t-il mentionné.

L’Américain âgé de 26 ans se rappelle surtout du soutien que Koivu lui a apporté comme recrue. « Je n’étais qu’un joueur réserviste qui faisait la navette entre l’équipe-école et le Canadien. Mais il veillait beaucoup sur moi et il faisait en sorte que je me sente comme un membre à part entière de l’équipe. J’essaie de faire comme lui avec les jeunes qui sont rappelés. Je ne suis pas Saku Koivu, mais j’espère être un peu comme lui un jour. C’est ce que je retiens le plus de lui, la façon dont il aidait les jeunes. »

Un privilège

Koivu, âgé de 40 ans, n’arborait pas le C du capitaine chez les Ducks, mais Allen témoigne qu’il a continué d’exercer énormément de leadership.

« Saku est une personne particulière, un joueur particulier, a commenté le défenseur. Il est vite devenu un ami et nos familles sont devenues proches. Il est l’un de ces joueurs : si vous avez le privilège de jouer avec lui, vous êtes chanceux. Un joueur qui exerce une influence positive sur tous ses coéquipiers, les jeunes comme les vétérans. C’est un rassembleur qui impose le respect. Il prêche par l’exemple par son attitude et la façon dont il se comporte avec tout le monde. »