Bill Foley, l’homme qui veut du hockey à Las Vegas

Photo: Archives Le Devoir

Bill Foley n’est pas Jim Balsillie et le propriétaire potentiel d’une future concession de la Ligue nationale de hockey à Las Vegas ne suit pas les traces de l’ex-patron de BlackBerry, maintenant sur la liste noire du circuit Bettman.

Il y a quelques années, Balsillie a tenté d’amener les Predators de Nashville à Hamilton, allant même jusqu’à vendre des abonnements saisonniers, soulevant l’ire de la ligue. Quand il a voulu se porter acquéreur des Coyotes de Phoenix, la LNH a préféré la faillite et s’est adressée aux tribunaux pour le garder hors du processus.

Foley n’a pas une longue histoire avec la LNH, mais ses efforts pour amener le hockey à Las Vegas ont respecté les normes souhaitées par le commissaire, Gary Bettman. Jusqu’ici, l’homme d’affaires a demandé, et obtenu, la permission de procéder à une vente d’abonnements, mais il n’aspire à rien de plus.

«Je suis un ancien militaire, je suis donc habitué d’obéir aux ordres», a déclaré l’homme d’affaires au cours d’un entretien téléphonique le week-end dernier. «Nous avons fait très attention à chaque fois que nous avons eu des discussions avec la direction du circuit, nous assurant de faire les choses de la bonne façon. Nous ne brusquons personne, nous ne faisons pas de demandes excessives.»

Foley, contrairement à certains, est convaincu d’avoir un cheval gagnant entre les mains. «Le Nevada et Las Vegas en particulier ne sont plus ce qu’ils étaient il y a 50, même 40 ans: une ville pour parier et en quelque sorte une halte routière dans le désert, explique-t-il. Plusieurs entreprises dans divers domaines se sont établies à Las Vegas. Ce sont ces entreprises et leurs employés qui constituent notre public cible. Ce sont ces gens que nous voudrions voir aux matchs.»

La vente d’abonnements constitue la première étape pour juger de l’intérêt de ces clients potentiels.

Plusieurs mois devront cependant s’écouler avant que le nom de Las Vegas ne figure au calendrier de la LNH; son amphithéâtre, bâti par AEG et MGM, devra d’abord être complété. Une approbation du Bureau des gouverneurs sera également nécessaire. Deux tiers des gouverneurs doivent approuver un élargissement des cadres du circuit, ce qui n’est pas gagné.

Amphithéâtre

Le site officiel pour la vente d’abonnements devait être mis en ligne ce lundi, même si la vente à proprement parler ne commencera pas avant le début de l’année prochaine. Mais déjà, plus de 1500 personnes ont signalé leur intérêt sans qu’aucune autre forme de publicité que l’annonce de Bettman la semaine dernière n’ait été faite.

«Nous croyons que si nous pouvons démontrer un fort appui de la population locale envers cette équipe, ça nous aidera beaucoup à convaincre la LNH que le hockey est viable à Las Vegas, indique Foley. Notre mission, c’est juste cela. Ça ne va pas plus loin que ça. Nous tentons de rallier la collectivité de Las Vegas à ce projet.»

L’amphithéâtre de Las Vegas, d’une capacité de 20 000 sièges, doit être prêt au printemps 2016. «Il sera le meilleur qui soit pour assister à un match de hockey, car il est pensé en fonction du hockey, pas pour des concerts ou des combats, précise Foley. Il est dessiné pour le hockey.»

Cela n’est pas anodin, surtout si l’on considère que l’une des villes favorites pour joindre éventuellement la LNH, Seattle, n’a toujours pas d’édifice pouvant accueillir une équipe de la ligue. Même le Barclays Arena de Brooklyn, où les Islanders de New York joueront l’an prochain, présente une configuration peu commode pour le hockey avec son écran géant suspendu au-dessus d’une des lignes bleues.

Québec, pour sa part, sera dotée de l’Aréna Québecor à compter de l’automne prochain, mais Bettman a prévenu les partisans des Nordiques: l’amphithéâtre n’attirera pas automatiquement une équipe de la LNH. Las Vegas semble d’ailleurs être devant Québec dans l’ordre de priorité et Foley ne s’en soucie guère.

«Toute notre attention est portée vers Las Vegas, dit-il. Je ne peux pas aider ou qui que ce soit ou m’inquiéter pour qui que ce soit.»