Radwanska remporte la mise

La jeunesse aura eu raison de l’expérience dimanche lors de la finale du volet féminin de la Coupe Rogers à Montréal. Agnieszka Radwanska, troisième tête de série, a remporté son premier tournoi cette année.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir La jeunesse aura eu raison de l’expérience dimanche lors de la finale du volet féminin de la Coupe Rogers à Montréal. Agnieszka Radwanska, troisième tête de série, a remporté son premier tournoi cette année.

Au bout du compte, la jeunesse aura eu raison de l’expérience. À 25 ans, Agnieszka Radwanska n’est pas exactement une verte recrue, mais devant une adversaire presque une décennie plus âgée qu’elle en Venus Williams, elle a eu le dessus sans trop de mal au compte de 6-4 et 6-2 en finale de la Coupe Rogers version féminine dimanche au stade Uniprix.

 

La Polonaise Radwanska, 3e tête de série à Montréal, a ainsi remporté son premier tournoi en 2014 et obtenu le 14e titre de sa carrière sur le circuit WTA, de même que la coquette somme de 440 000 $US pour ses efforts. L’Américaine Williams, a pour sa part conclu par une défaite une semaine fort faste qui l’a notamment vue vaincre sa soeur cadette Serena en demi-finale et qui devrait la propulser, elle qui occupait le 26e rang à son arrivée, dans le top 20 mondial.

 

Pour Radwanska, qui a attribué son succès à un bon ajustement et à une montée en force à mesure que le tournoi avançait, « c’est l’un des plus gros titres de ma carrière. Regardez le tableau : pratiquement toutes les meilleures joueuses au monde y sont. C’est une victoire très, très spéciale ». Qu’elle a d’ailleurs acquise comme elle le fait souvent : en jouant de finesse, sans trop faire de bruit.

 

Radwanska s’est offert le premier bris de service du match dès le troisième jeu et elle a remis ça au cinquième alors que Williams ne marquait aucun point et faisait dans le coup erratique. À 4-1, la Polonaise a sauvé cinq balles de bris, mais Williams est revenue dans le match en gagnant le jeu, notamment à l’aide d’un coup droit magistral alors qu’elle revenait sur un lob qui lui était passé par-dessus la tête.

 

C’était 4-3 quand Radwanska a de nouveau dû sauver deux balles de bris et revenir de l’arrière pour arracher le point. Deux jeux plus tard, elle enlevait la première manche.

 

Au deuxième set, la 5e joueuse mondiale a immédiatement récolté le bris, et si elle en a concédé un à son tour, elle en a signé deux autres pour filer vers la victoire alors que son adversaire semblait manquer un peu de carburant. « Je n’ai pas pu autant donner que je l’aurais espéré », a d’ailleurs déclaré Williams à l’issue de la rencontre.

 

« J’étais fatiguée, a poursuivi l’Américaine qui, à 34 ans, était la joueuse la plus âgée au tableau principal de la Coupe Rogers, mais cela n’était pas imputable à la maladie qui l’afflige. J’ai joué tellement de matchs cette semaine, j’ai dû passer 2000 heures sur le court. Mais c’est le côté positif : quand vous manquez d’énergie parce que vous connaissez du succès. Je n’ai pas eu ce problème depuis longtemps. »

 

En tout cas, celle qui en était à sa première visite à Montréal — ça n’avait juste pas adonné, a-t-elle assuré — n’a pas tari d’excellents mots pour qualifier son séjour. « Les partisans ont été extraordinaires avec moi. Je ne m’attendais pas à un tel appui. On aurait cru que j’étais Québécoise. Cette ville est ma préférée. Je l’adore. Rome a toujours été ma ville favorite, mais je me promenais ici et je me disais “Oh mon Dieu, cette ville concurrence vraiment Rome”. J’aime Toronto, mais j’aimerais vraiment que le tournoi féminin ait lieu à Montréal chaque année. »

 

Et elle a assuré qu’elle serait là pour jouer à Québec, à la Coupe Banque Nationale, en septembre.

 

Williams n’a pas évoqué que l’enthousiasme, mais aussi le nombre. Tous ceux qui sont venus la voir simplement s’entraîner, a-t-elle dit, on n’a jamais ce genre de foules même dans les tournois du Grand Chelem. La Coupe Rogers 2014 a d’ailleurs accueilli un total de 181 996 spectateurs, un record interplanétaire pour un tournoi féminin d’une semaine.

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