Gagnants et perdants au parc Jean-Drapeau

Le temps pluvieux n’a pas empêché les partisans de l’Allemagne de célébrer la victoire de leur équipe au parc Jean-Drapeau, dimanche après-midi, où des écrans géants diffusaient la finale de la Coupe du monde.
Photo: Michaël Monnier Le Devoir Le temps pluvieux n’a pas empêché les partisans de l’Allemagne de célébrer la victoire de leur équipe au parc Jean-Drapeau, dimanche après-midi, où des écrans géants diffusaient la finale de la Coupe du monde.

Les yeux rivés sur deux écrans géants au parc Jean-Drapeau, après 113 minutes de jeu, les partisans de l’Allemagne ont vu Mario Götze marquer le but gagnant de la finale de la Coupe du monde 2014. À l’opposé, ceux de l’Argentine ont quitté les lieux déçus, leur drapeau sur le dos.

 

Poteaux, tirs qui ratent la cible, passes molles… Les joueurs semblaient incapables de marquer un premier but. Un autre élément entrait en jeu : deux des meilleurs gardiens de but de la ligue étaient sur le terrain. Le gardien de but argentin, Sergio Romero, et l’Allemand Manuel Neuer ont tous les deux une moyenne d’arrêts de plus de 80 %. Le but de Mario Götze, marqué à l’aide d’un contrôle de la poitrine et d’une reprise de volée du gauche, a réveillé la foule.

 

Les partisans allemands ne s’attendaient pas à ce que ce joueur de 22 ans, remplaçant dans son club du Bayern Munich et remplaçant en sélection allemande, fasse de l’équipe allemande la championne du monde. « On pensait que Thomas Müller ou Miroslav Klose marqueraient dès la première partie du match », a indiqué Rachid Tawil, tout de même fier de son équipe.

 

L’Allemagne, qui en est à sa quatrième Coupe du monde, devient la première équipe européenne à remporter une Coupe du monde en Amérique du Sud. Elle renoue avec cet honneur après 24 ans. L’Argentine, quant à elle, tentait de retrouver ce titre après 28 ans de défaites.

 

Le rendez-vous manqué de Messi

 

Un nom en particulier était écrit sur les chandails des partisans argentins : Messi. Plusieurs voyaient en Lionel Messi, capitaine de l’équipe argentine, l’espoir de remporter la Coupe du monde. Dès que le joueur vedette touchait le ballon, le niveau d’excitation montait d’un cran au parc Jean-Drapeau.

 

Mais les partisans se doutaient que le capitaine argentin ne jouerait pas son meilleur match. « C’était certain que Messi n’allait pas réussir à montrer tout son talent, parce qu’il était ciblé par l’autre équipe. Il y avait toujours quatre ou cinq joueurs allemands autour de lui »,concède Juan Carlos, partisan de l’Argentine.

 

Certains croient même que la présence d’un joueur vedette a nui à l’Argentine. « L’Allemagne, c’est un collectif. Il y a plusieurs bons joueurs, mais il n’y a pas de Messi à qui l’équipe se fie pour gagner. Et c’est cette façon de jouer en équipe qui rend l’équipe allemande si forte », a lancé Olivier Bernatchez, en brandissant son drapeau allemand.

 

Pour sa performance globale, Lionel Messi a été nommé meilleur joueur du tournoi.

 

Tensions sociales à venir

 

Les partisans interrogés s’entendaient pour dire que la Coupe du monde 2014 a été une réussite. Toutefois, leur opinion était partagée quant à la tenue de cet événement dans un pays où une partie de la population s’y opposait. « Le climat social était beaucoup trop tendu », estime Alexandra Latendresse, partisane de l’Allemagne. « Ça a coûté très cher. Le pays pouvait-il se le permettre ? Je ne sais pas », croit quant à lui Nas Khademi, pro-Argentine. Pour d’autres, elle a aidé le Brésil à se faire connaître et il était donc avantageux qu’elle s’y déroule.