Le nouveau président du CIO n'a pas la langue dans sa poche

L’avocat d’affaires allemand Thomas Bach en est à ses premiers Jeux à titre de président du Comité international olympique.
Photo: Associated Press Jung Yeon-je L’avocat d’affaires allemand Thomas Bach en est à ses premiers Jeux à titre de président du Comité international olympique.

Sotchi — Rappel des droits des homosexuels aux autorités russes d’un côté, flèches décochées aux dirigeants étrangers qui boudent Sotchi de l’autre, Thomas Bach a réussi à redonner de la voix au Comité international olympique pour les premiers Jeux sous sa présidence.

 

L’avocat d’affaires allemand, qui a succédé en septembre au Belge Jacques Rogge, n’a pas mis longtemps pour rompre avec le style diplomatique de son prédécesseur.

 

À quelques heures de la cérémonie d’ouverture vendredi, le patron du CIO a reproché implicitement aux dirigeants de certains pays de chercher à se servir des Jeux pour « faire des déclarations politiques sur le dos des sportifs à travers le fait de venir ou non ».

 

Comme il l’avait fait quelques jours plus tôt, quand il avait pointé combien ces dirigeants savaient pertinemment ce qu’ils faisaient « en ciblant les Jeux pour faire un geste ostentatoire qui présumément ne coûte rien mais donne lieu aux unes internationales ».

 

Le CIO se garde bien d’inviter les grands de ce monde aux Jeux olympiques. Ce sont eux qui ont pris l’habitude de s’inviter aux Jeux, depuis que ceux-ci se sont imposés comme le grand rendez-vous sportif planétaire. Plusieurs chefs d’État occidentaux, à commencer par le président américain Barack Obama, ont fait savoir qu’il n’était pas question de se rendre en Russie durant la quinzaine olympique. Même le président allemand Joachim Gauck a fait valoir que ce n’était pas dans la tradition de son pays, dont est pourtant issu le nouveau patron du CIO. « C’est à chaque dirigeant politique de décider par lui-même comment il veut soutenir les sportifs de son pays », a fait valoir Bach.

 

Si pour lui, les Jeux olympiques ne doivent pas servir de tribune politique, ils peuvent cependant « envoyer le message au monde et aux dirigeants qu’une société pacifique et sans discrimination peut fonctionner ». Y compris la Russie de Vladimir Poutine, avec sa loi interdisant la « propagande » homosexuelle devant mineurs.

 

Thomas Bach, qui n’a cessé de répéter ces dernières semaines avoir eu l’assurance du président russe que tout le monde serait le bienvenu aux Jeux, a réussi un bon coup en invitant le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon à l’assemblée générale du CIO à Sotchi. Ce dernier a profité de cette tribune pour appeler tout le monde à « élever [sa] voix contre les attaques visant les lesbiennes, les gais, les bisexuels, les transgenres ou les intersexes » et à « s’opposer aux arrestations, emprisonnements et restrictions discriminatoires ».


Par Stéphanie Pertuiset

1 commentaire
  • Josette Allard - Inscrite 8 février 2014 06 h 04

    Bien timide

    Cette voix. Elle aurait dû se faire entendre haut et fort avant les jeux et faire comprendre au Tsar Poutine que l'absence de démocratie et la répression des minorités étaient intolérables. Trop peu, trop tard.