​Super Bowl: les publicités seraient plus populaires que le match lui-même

Une image de la publicité de Dodge Ram diffusée au Super Bowl l'an dernier. Le phénomène des publicités du Super Bowl menace depuis longtemps la partie en elle-même en termes d'ampleur du spectacle et de signification sur le plan de la culture populaire.
Photo: Image tirée de Youtube Une image de la publicité de Dodge Ram diffusée au Super Bowl l'an dernier. Le phénomène des publicités du Super Bowl menace depuis longtemps la partie en elle-même en termes d'ampleur du spectacle et de signification sur le plan de la culture populaire.
Toronto — Les millions de Canadiens s'installant pour écouter le Super Bowl, dimanche soir, sont davantage intéressés par les publicités télévisées que par le match de football lui-même, suggère un nouveau sondage.

Un récent coup de sonde Harris/Decima laisse croire que si un tiers des Canadiens prévoit d'écouter le match, 46 % d'entre eux envisagent de regarder les publicités qui seront diffusées durant la partie.

Cela ne signifie cependant pas que les amateurs de pauses publicitaires s'installeront devant leurs télévisions pour les regarder. De fait, 45 % de ces télévores désireux de se goinfrer de publicités se tourneront plutôt vers Internet pendant l'affrontement entre les Broncos de Denver et les Seahawks de Seattle.

Parmi même ceux qui ne prévoient pas suivre la joute, le tiers prévoit jeter éventuellement un oeil aux publicités.

Ampleur du spectacle

Les résultats du sondage ne sont guère surprenants aux yeux des experts en marketing, qui affirment que le phénomène des publicités du Super Bowl menace depuis longtemps la partie en elle-même en termes d'ampleur du spectacle et de signification sur le plan de la culture populaire.

Les entreprises espérant diffuser des publicités de 30 secondes à un audimat captif devaient débourser 42 000 $ US en 1967, selon une analyse de l'Associated Press. Cela est bien peu par rapport au prix de 4 millions $ US exigé de nos jours.

Ces coûts ne représentent même pas les frais de développement créatif que certaines compagnies sont prêtes à débourser dans le cadre d'une campagne pour le Super Bowl.

Les entreprises soutiennent cependant que l'audimat lui-même fait en sorte que les débours sont justifiés, estime Dino Demopoulos, vice-président d'une compagnie publicitaire Tribal Worldwide. De fait, le Super Bowl 2014 devrait attirer jusqu'à 108 millions de téléspectateurs, et ce seulement aux États-Unis.

Selon M. Demopoulos, toutefois, les technologies modernes ont grandement augmenté la taille du public, faisant du jeu publicitaire du Super Bowl un dossier encore plus important que la partie qui se déroule sur le terrain.

D'ailleurs, les publicités du Super Bowl ne sont plus des coups uniques. Les grandes compagnies ont déjà «testé» leurs publicités sur les médias sociaux. Toutes ces publicités pourront par la suite être visionnées sur les sites de partage de vidéos après le coup de sifflet final.

La scène du marketing pour le Super Bowl est un peu moins active au Canada, où des experts affirment que l'intérêt du public et les dépenses corporatives sont considérablement plus faibles qu'au sud de la frontière.

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1 commentaire
  • Lucien Cimon - Inscrit 2 février 2014 11 h 44

    Voix discordante

    Nous vivons dans un monde post-orwellien.
    La collusion entre les média et les entreprises de marketing ont fait de cet événement sportif somme toute assez ennuyeux l'exemple par excellence des capacités qu'ils ont de conditionner les foules. Ils réussissent à faire saliver en même temps, sur un même plat, plus d'un milliard de personnes de presque tous les pays. Du moins, c'est ce qu'ils prétendent...
    Et parce qu'ils le prétendent avec insistance et de façon répétitive, par le biais de médias relativement crédibles, ils réussissent à ajouter des millions d'autres «salivateurs» au troupeau cataleptique.
    C'est comme ça qu'on uniformise, pour le bénifice des entreprises commerciales les plus puissantes, les cultures et les formes de divertissements d'un grand nombre de pays.
    Lucien Cimon