Le retour du baseball à Montréal, un projet «viable» à 1 milliard

Selon l’ancien joueur des Expos et président de Projet Baseball Montréal, Warren Cromartie, il faudra trouver des « champions » qui seront prêts à mettre la main à la pâte pour ramener une équipe à Montréal.
Photo: Michaël Monnier - Le Devoir Selon l’ancien joueur des Expos et président de Projet Baseball Montréal, Warren Cromartie, il faudra trouver des « champions » qui seront prêts à mettre la main à la pâte pour ramener une équipe à Montréal.

Si le baseball majeur doit un jour revenir dans la ville qu’il a sèchement quittée en 2004, ainsi que le souhaitent 69 % des Québécois selon un sondage, il le fera idéalement dans un stade à ciel ouvert situé au centre-ville de Montréal ou tout près et dont la construction serait financée dans une proportion des deux tiers par le public. L’équipe qui s’y établirait serait une franchise délocalisée et non d’expansion, de préférence de la Ligue américaine afin de profiter d’une rivalité géographique avec les Blue Jays de Toronto, les Yankees de New York et les Red Sox de Boston.

 

Dans la présentation d’une étude de faisabilité où l’on a à peu près tout fait sauf mentionner le nom des Rays de Tampa Bay, le groupe Projet Baseball Montréal, mené par l’ancien joueur des Expos Warren Cromartie, et la Chambre de commerce du Montréal métropolitain ont affirmé jeudi que l’idée d’un retour des ligues majeures dans la métropole tient la route au plan économique et que tant les amateurs que la communauté d’affaires et l’État, qui récupérerait son investissement en ponctions fiscales au bout de huit ans, y trouveraient leur compte.

 

Dans l’ensemble, le projet, sur lequel a planché la firme Ernst Young, est évalué à 1 milliard $ et des poussières — stade et achat d’une concession —, et compte tenu des droits de diffusion, du partage des revenus en vigueur dans les ligues majeures et de la vente de produits dérivés, il est « viable », a assuré le président de la CCMM, Michel Leblanc. Cela dit, a ajouté Cromartie, il faudra trouver des « champions » qui seront prêts à mettre la main à la pâte, et notamment « un frappeur de puissance » aux goussets profonds.

 

S’il y a encore (très) loin de la coupe aux lèvres, la publication d’une étude qui se révèle positive constitue une première étape franchie avec succès, a estimé Cromartie. Les prochaines consisteront à rencontrer des investisseurs potentiels, à trouver un site pour le nouveau stade et enfin à partir à la recherche d’un club qui serait disposé à transférer ses pénates.

 

Les protagonistes ne donnent pas de noms quant aux contributeurs possibles, mais il va de soi qu’une « synergie naturelle » pourrait amener un diffuseur à manifester de l’intérêt.

 

Trois emplacements sont par ailleurs suggérés pour le stade : un terrain adjacent à l’autoroute Bonaventure, près de la rue University ; le secteur du bassin Wellington ; et le site actuel de l’Hôpital de Montréal pour enfants, dont le déménagement au nouveau Centre universitaire de santé McGill est prévu pour 2015. L’aménagement de l’amphithéâtre entraînerait des débours de l’ordre de 500 millions $, dont 335 millions seraient assumés par le « gouvernement ». On privilégie un financement dit hybride, comme on l’a fait à Minneapolis, Seattle, San Diego et Milwaukee. Le stade de 36 000 places et 60 loges, qui ne serait construit qu’une fois que Montréal aurait obtenu l’assurance absolue de l’obtention d’une franchise, accueillerait entre 27 600 et 31 600 spectateurs par match en moyenne, avec un prix moyen de 30 $ le billet.

 

Pour ce qui est de l’équipe, on consacrerait 525 millions $ provenant du secteur privé à son acquisition, et sa masse salariale avoisinerait les 75 millions $ par année, ce qui la situerait dans le dernier tiers des formations des ligues majeures mais lui permettrait d’être compétitive, comme le sont les A’s d’Oakland ou les Rays de Tampa Bay. Ces mêmes Rays qu’on n’a donc pas nommés mais qui apparaissent comme le candidat parfait : une formation jeune et dynamique qui n’arrive cependant pas à attirer les foules. En juin dernier, le propriétaire du club, Stuart Sternberg, s’était dit d’avis que Montréal décrocherait une franchise au cours des 20 prochaines années et mercredi, le super agent de joueurs Scott Boras en a remis.

 

Le maire de Montréal Denis Coderre, lui, a évoqué les Rays et leurs problèmes, et il encourage la démarche, mais il n’a pas voulu s’avancer sur la question du financement public. « Je suis un pro-baseball et je suis en faveur du retour des Expos, ce qui fait que je vais regarder le dossier avec beaucoup d’intérêt. Le maire de Montréal va s’en mêler », a-t-il promis.

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