«Ce tournoi a été fantastique», dit Milos Raonic

L’Espagnol Rafael Nadal a survolé sa rencontre avec le Canadien Milos Raonic, dimanche, en finale montréalaise de la Coupe Rogers, au stade Uniprix.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir L’Espagnol Rafael Nadal a survolé sa rencontre avec le Canadien Milos Raonic, dimanche, en finale montréalaise de la Coupe Rogers, au stade Uniprix.

Quand, après sa victoire en demi-finale samedi après-midi, Milos Raonic s’était fait demander qui, de Novak Djokovic ou Rafael Nadal, il souhaitait affronter le lendemain, le meilleur joueur de tennis canadien s’était bien entendu abstenu de nommer qui que ce soit, mais il avait indiqué qu’il verrait d’un bon oeil que leur match de soirée soit long en raison du facteur fatigue. Son voeu a été exaucé puisque le duel entre les deux hommes s’est étiré sur 2 heures et 28 minutes.

 

Mais si Nadal se trouvait en déficit de fraîcheur à l’occasion de la finale de la Coupe Rogers dimanche, cela n’a pas trop paru. Faisant flèche de tout bois, disputant un match impeccable contre un adversaire débordé, l’Espagnol a survolé la rencontre et filé vers une victoire de 6-2 et 6-2, montrant que la marche entre les quatre ou cinq premiers au classement mondial et leurs poursuivants reste très, très haute. Le numéro 4 au monde, qui passera dès cette semaine au troisième échelon, a ainsi mis la main sur son troisième titre aux Internationaux du Canada après ceux de 2005 et 2008 et a remporté son 25e tournoi de la série Masters, ajoutant à la marque qu’il possédait déjà. Si certains entretenaient des doutes à propos de Nadal après sa sortie au premier tour à Wimbledon et à l’occasion du début de la saison sur surface dure, celui-ci les a dissipés de brillante manière tout au long de la semaine.

 

Pour sa part, malgré sa défaite, Raonic, qui a lui-même convenu que son rival lui avait donné « une leçon », deviendra officiellement lundi, à la publication du classement hebdomadaire de l’ATP, le premier Canadien de l’histoire à accéder au top 10 mondial alors qu’il grimpera de la 13e place à la 10e.

 

Fidèle à sa réputation de gros serveur, Raonic a démarré le match en lion en passant deux as consécutifs pour mettre fin au premier jeu et prendre les devants 1-0 à la manche initiale. Mais cela s’est à peu près arrêté là. Brisé au troisième jeu, le Canadien a vu Nadal remporter quatre échanges consécutifs après avoir tiré de l’arrière 15-40 au cinquième. L’affaire était entendue pour cet engagement.

 

Au deuxième set, l’Espagnol a encore une fois brisé le service de son adversaire, cette fois dès le premier jeu. Si Raonic pouvait encore entretenir un espoir, il s’est définitivement évanoui au quatrième jeu alors qu’il a laissé filer trois balles de bris. Nadal s’est ensuite assuré que le reste de la rencontre relève de la formalité.

 

S’il avait dit la veille craindre le puissant service de Raonic, l’Espagnol a expliqué que l’obtention d’un bris tôt dans chacune des manches lui avait permis de conserver son calme. « Mes retours étaient excellents, et j’en ai réussi plusieurs à des moments-clés, a-t-il dit. Et je n’ai été en difficulté au service qu’une seule fois. Mais j’ai aussi été aidé par le fait qu’il a fait plus d’erreurs qu’à l’habitude. Dans l’ensemble, je suis satisfait de la façon dont j’ai joué, non seulement en finale, mais pendant toute la semaine. »

 

Raonic, lui, a mis en opposition sa journée décevante et sa semaine pratiquement inespérée. « J’aurais aimé mieux composer avec la situation, a-t-il dit à propos de la finale. Je pense que je m’en suis trop demandé à moi-même, j’ai essayé de trop en faire, je ne suis pas resté à l’intérieur de mes moyens à compter du début du match, et j’ai pris conscience du problème alors qu’il était trop tard. Les meilleurs joueurs, quand ils prennent l’avance sur vous, ils sont très difficiles à rejoindre. Mais c’est une expérience de laquelle je suis certain que je peux apprendre et que je vais apprendre. »

 

« Mais dans l’ensemble, ce tournoi a été fantastique. Je suis heureux de la manière dont je me suis comporté. Plusieurs étapes de ma carrière ont été franchies cette semaine, et c’est très bien. Il y a beaucoup de choses, beaucoup de pas à faire, beaucoup de professionnalisme à acquérir pour atteindre le niveau où je suis. Je mets beaucoup l’accent là-dessus, et j’en tire une grande fierté. Et accomplir tout cela ici est vraiment spécial pour moi, tout comme c’est une source de motivation pour les prochaines étapes. Ça me donne le goût de pousser encore plus fort pour m’approcher le plus possible de mes objectifs. »

 

Raonic renouera avec l’action dès cette semaine au Masters de Cincinnati.

 

Hommage à Robert Bédard

 

Les organisateurs de la Coupe Rogers ont eu la délicatesse - et l’excellente idée - d’inviter Robert Bédard à effectuer le tirage au sort précédant la finale. Avant le match de dimanche, il était le dernier représentant du pays hôte à avoir atteint la finale des Internationaux du Canada alors qu’il avait remporté le tournoi en 1958.

 

À 81 ans, M. Bédard tient une forme remarquable et il explique qu’il joue toujours au tennis trois ou quatre fois par semaine (« y compris avec mes enfants, et ils me battent »). En point de presse, il a évoqué les différences majeures entre son époque, où les joueurs étaient tous des amateurs, provenaient d’une poignée de pays, se produisaient dans des clubs sportifs devant quelques centaines de spectateurs et ne gagnaient pas d’argent, et la présente. Aucune comparaison possible, a-t-il dit. La pression est tellement plus forte aujourd’hui.

 

Il se réjouit par ailleurs de la progression du tennis canadien ces dernières années, tout en ajoutant que la route demeure longue et qu’il faudra davantage que deux joueurs extrêmement prometteurs (Raonic et Vasek Pospisil) pour que le Canada devienne un acteur prépondérant sur la scène mondiale.

 

La Coupe Rogers masculine 2013 a attiré un total de 200 394 spectateurs. Le record pour un tournoi de la série Masters est de 213 760, établi en 2011 à Montréal.

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