Coupe Rogers - Rien n’arrête les Canadiens

L’improbable quête de Vasek Pospisil se poursuit.
Photo: Annik MH de Carufel Le Devoir L’improbable quête de Vasek Pospisil se poursuit.

De surprise en surprise, l’improbable quête de Vasek Pospisil se poursuit, et si celle de Milos Raonic se révèle plus prévisible, elle n’a rien à lui envier.

 

Les deux Canadiens toujours en lice au troisième tour de la Coupe Rogers avaient en ce jeudi d’amples pointures à chausser, faisant chacun face à un membre du top 10 mondial, mais devant des foules acquises à leur cause, ni l’un ni l’autre ne s’est montré impressionné et ils ont filé vers les quarts de finale à moins de trois heures d’intervalle. En fin d’après-midi, Pospisil, 71e au classement ATP, s’est offert le no 6 Tomas Berdych au compte de 7-5, 2-6 et 7-6 (5), puis Raonic, 13e, a défait en début de soirée le no 7 Juan Martin Del Potro par 7-5 et 6-4. C’est la première fois depuis 1989 que deux représentants du pays hôte atteignent les quarts aux Internationaux de tennis du Canada.

 

Le Tchèque Berdych est celui qui a le mieux commenté la performance de Pospisil et les succès du joueur de 23 ans qui ne se démentent pas depuis quelque temps : « Il connaît une période faste. Il joue vraiment bien. J’ai su qu’il avait gagné un tournoi Challenger la semaine dernière, et il a gagné trois matchs ici. Il est en feu. »

 

Après avoir éliminé en John Isner le 20e joueur mondial plus tôt cette semaine, puis sorti Berdych, le Britanno-Colombien affrontera vendredi le Russe Nikolay Davydenko, classé 47e. Et il le fera avec sa plus récente victoire comme atout dans sa préparation. « De toute évidence, c’est énorme pour moi en matière de confiance, a-t-il déclaré. Je sens que je peux maintenant rivaliser avec n’importe qui. Hé, je viens de battre le no 6. C’est énorme. C’était le meilleur match de ma carrière, sans l’ombre d’un doute, et la fin en a été extrêmement émouvante. »

 

Pour sa part, Raonic, bien qu’ennuyé par une blessure musculaire au cou, a de nouveau profité de sa surface préférée, le dur, pour l’emporter contre un adversaire qui, a-t-il estimé, n’était pas au sommet de sa forme non plus. Lui qui a connu des hauts et des bas ces derniers temps a dit qu’on apercevait maintenant « les résultats d’un travail acharné et les pièces qui tombent en place ». Il se mesurera au prochain tour au Letton Ernests Gulbis, 38e.

 

Murray interrompu

 

Candidement, les documents officiels de la Coupe Rogers prévenaient que ce même Gulbis est « capable de performances très relevées quand ça lui chante ». Gulbis, qui a dit il n’y a pas longtemps que les meilleurs joueurs donnaient des entrevues mornes, avait devant lui Andy Murray, qui a reconnu être plutôt ennuyant de sa personne. Cela si l’on écarte, bien entendu, ses exploits des 12 derniers mois consistant en une médaille d’or olympique, un titre au US Open, un autre à Wimbledon et la série de 13 victoires consécutives qu’il tentait de prolonger sur le court central du stade Uniprix.

 

Et on peut dire une chose sans trop craindre d’errer : ça lui chantait, Gulbis. Pour vrai. Un match à peu près sans tache, avec des bris de service aux moments clés, un compte final de 6-4 et 6-3, la séquence du numéro 2 de la planète s’interrompt et puis voilà. Première victoire pour Gulbis en six affrontements entre les deux hommes.

 

« Je n’étais pas calme. J’étais intense à l’intérieur, a-t-il raconté. Mais je ne voulais pas le montrer à Andy parce que, pour avoir quelquefois affronté de grands joueurs dans ma carrière, je sais que si vous laissez paraître une quelconque faiblesse, ils vont s’en servir à vos dépens. » Le contraire est sans doute arrivé.

 

On ne tient guère de statistiques à ce sujet, mais Jerzy Janowicz est pas mal sans aucun doute le roi de l’amorti, cette balle lourdement brossée qui passe avec une lenteur désespérante juste au-dessus du filet et vient mourir sur le court, et l’adversaire a beau effectuer le grand écart, peine perdue, l’inertie triomphe. En ce jeudi, le Polonais a dû faire le coup à Rafael Nadal cinquante fois plutôt qu’une, et ç’a fonctionné le plus clair du temps, sinon toutes les fois.

 

Mais on connaît un peu le Majorquin, ç’en prend plus que ça pour lui faire perdre sa contenance. Tout comme il peut encaisser un bris de service au 11e et revenir aussitôt forcer le bris d’égalité comme il l’a fait au premier set, puis surmonter un déficit de 2-5 dans ce même bris pour se sauver avec la manche. Ou se ramasser à 0-3 dans l’engagement suivant et reprendre le dessus, clore définitivement la discussion avec un as et passer aux quarts de finale avec un gain de 7-6 (6) et 6-4. Janowicz, présentement 18e au classement ATP, est un futur membre du top 10 mondial, peut-être même du top 5, a assuré Nadal, mais pour l’instant, n’a-t-il pas ajouté, c’est lui qui a la priorité.

 

« Je suis très heureux parce qu’il est un adversaire redoutable », a commenté Nadal, dont il s’agit du premier tournoi depuis sa surprenante élimination au premier tour à Wimbledon. « C’est une victoire importante, mais je dois quand même améliorer quelques aspects de mon jeu. » Il affrontera vendredi l’Australien Marinko Matosevic, classé 74e et issu des qualifications à Montréal.

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