Coupe Rogers - Raonic et Pospisil remettent ça

Milos Raonic
Photo: François Pesant - Le Devoir Milos Raonic

Ils étaient cinq, ils sont maintenant deux.

 

Après un mardi de rêve où tout ce que les joueurs canadiens touchaient semblait sortir de la corne d’abondance, on est revenu mercredi à une certaine réalité, alors que seuls deux membres du quintette se sont qualifiés pour le troisième tour de la Coupe Rogers de tennis. Et logiquement, il s’agit des deux meilleurs en Milos Raonic et Vasek Pospisil.

 

Raonic, 13e joueur mondial et 11e tête de série à Montréal, avait peiné en lever de rideau à placer ses coups avec régularité et il avait dû disputer trois longs sets avant de prendre la mesure du Français Jérémy Chardy. Mais au tour suivant, l’exécution était au rendez-vous, et c’est en maintenant un bon rythme que l’Ontarien de 22 ans, le plus jeune du top 25 mondial, est parvenu à s’imposer en deux manches identiques de 6-4 face au Russe Mikhail Youzhny, 25e.

 

Sa victoire est en bonne partie imputable au fait que Raonic a réussi les deux seuls bris de service du match, au cinquième jeu de chaque set. « J’ai beaucoup mieux joué que [mardi], a souligné le principal intéressé. Ce qui ne fonctionnait pas a fonctionné. »

 

Après avoir éprouvé quelques ennuis ces derniers temps, Raonic s’est dit heureux de s’être donné, en vainquant Chardy, une autre chance de se raplomber. « Vous devez continuer de travailler. Vous devez espérer que vous vous approchez de ce que vous voulez faire. Je sentais que je m’approchais de cela pendant les entraînements, mais ça ne se produisait pas pendant les matchs. Mais la victoire de mardi m’a permis de relaxer. Et [mercredi], les pièces sont tombées en place. J’ai fait quelques erreurs dans des situations importantes, mais dans l’ensemble, j’ai bien joué. »

 

Raonic tentera maintenant de passer aux quarts de finale en affrontant le gagnant du match entre l’Argentin Juan Martin Del Potro, 6e tête de série, et le Croate Ivan Dodig. Cette rencontre, au programme mercredi soir, était retardée par la pluie au moment d’écrire ces lignes.

 

Plus tôt en journée, Pospisil, 71e au classement ATP et qui a le vent en poupe par les temps qui soufflent, après avoir dû combattre une mononucléose en début d’année, avait amorcé la journée canadienne sur une excellente note, se défaisant du Tchèque Radek Stepanek, 51e, en deux manches de 6-2 et 6-4. À sa troisième présence au tableau principal de la Coupe Rogers, l’athlète de 23 ans de Vancouver a ainsi accédé au troisième tour du tournoi pour la première fois.

 

Au lendemain d’un duel épique avec l’Américain John Isner - 5-7, 7-6, 7-6 en deux heures 31 minutes -, Pospisil a dit apprécier une victoire un peu plus expéditive, lui qui est arrivé en vitesse de Vancouver, où il jouait dimanche encore. Il a d’ailleurs attribué à des « jambes lourdes » le fait qu’il ait entrouvert la porte à Stepanek, de 5-2 à 5-4, à la deuxième manche. « Ce n’était pas aussi mémorable » que la veille, a-t-il raconté, « mais je préfère une victoire comme celle-là. Parce que c’est la première fois que j’atteins le troisième tour d’un Masters, et parce que j’ai besoin de repos. J’ai joué beaucoup de matchs ces derniers temps, et le voyage a été long. »

 

Pospisil aura d’ailleurs besoin d’être frais jeudi, puisqu’il affrontera au prochain tour un autre Tchèque en Tomas Berdych, cinquième tête de série à Montréal et sixième joueur mondial.

 

Jesse Levine, lui, avait une tâche relativement lourde sur les bras, puisqu’en face se retrouvait un dénommé Rafael Nadal. Cent trente-deuxième contre quatrième, la lutte s’annonçait inégale. Et elle le fut.

 

Après avoir montré les dents dès le premier jeu en s’offrant deux balles de bris dont il n’a cependant pas su profiter, Levine a eu tôt fait de constater qu’il avait affaire à trop forte partie, et Nadal, tout en puissance, a filé vers une victoire de 6-2 et 6-0 à sa première sortie depuis qu’il s’était fait montrer la sortie, justement, dès le tour initial à Wimbledon.

 

« Je crois que j’ai eu un bon départ, a commenté le natif d’Ottawa. Quelques égalités dans les premiers jeux. Contre quelqu’un comme [Nadal], si vous commencez bien, vous pouvez tenir le coup. Mais il ne vous laisse jamais prendre le dessus. Et une fois qu’il vous a dans ses griffes, vous êtes en sérieuse difficulté. C’est dur de jouer contre lui. »

 

Pour sa part, l’étoile montante du tennis canadien Felip Peliwo, 19 ans seulement, a vaillamment combattu, mais il s’est finalement incliné au compte de 6-3, 3-6 et 6-3 devant l’Ouzbek Denis Istomin, classé 66e au monde. Il a tout de même pleinement savouré son expérience. « C’est formidable, a-t-il souligné. À l’origine, je devais disputer les qualifications. Simplement faire partie du tableau principal est fantastique. Le fait que j’aie atteint le deuxième tour, presque le troisième, où j’aurais affronté [Novak] Djokovic, c’est ce que je voulais. Avoir vécu tout ça à ma première présence, c’est une sensation indescriptible. Je ne m’attendais pas à ça. »

 

Quant à Frank Dancevic, de Niagara Falls, il a succombé en trois sets au score de 7-6 (5), 3-6 et 6-4 face au Polonais Jerzy Janowicz, 15e tête de série à la Coupe Rogers et 18e joueur au classement ATP.

 

On soulignera par ailleurs la victoire, en début d’après-midi, du deuxième favori Andy Murray par 6-4 et 7-6 (2) face à l’Espagnol Marcel Granollers. Il s’agissait de la première apparition de l’Écossais depuis sa conquête historique du titre au All England Club.

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